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Récit de la réhabilitation du quartier du Grand-Parc à Hérouville Saint Clair

Paul DALMAS ALFONSI

12 / 1993

1958 : face à la croissance urbaine et aux difficultés économiques locales, les pouvoirs publics adoptent ici l’une des premières ordonnances de ZUP (Zone à urbaniser en priorité). Dans un esprit expérimental, on intervient sur 300 ha du site d’Hérouville (1600 habitants, à 5 km du centre de Caen): un centre à vocation tertiaire autour duquel s’articuleront 7 quartiers à l’architecture audacieuse. Achevé en 70, le Grand-Parc - proche du centre actuel et très visible - propose des logements spacieux et de qualité à une population socialement diversifiée. 15 ans plus tard, dévalorisée au fur et à mesure de la paupérisation des locataires, l’image de marque est mauvaise.

Les acteurs institutionnels décisifs de la future réhabilitation rencontrent des difficultés distinctes :

. sociales : expression d’une impossibilité municipale à traiter les problèmes économiques de la population (chômage, précarisation, échec scolaire, etc.), ainsi que la délinquance qui se développe sur fond d’insuccès des actions entreprises;

. de gestion HLM pour l’OPAC ("mal-vivre"; impayés; manque d’entretien; dégradation du bâti).

Un déficit de communication est ancien. Les organisations d’habitants ont disparu. Pour des élus privés d’interlocuteurs, la réhabilitation offre une occasion de rétablir l’échange avec les résidents. On connaît mal leur vie réelle, leur "misère cachée". Les travailleurs sociaux les décrivent comme "attentistes", "habitués aux politiques d’assistanat". La concertation (elle multiplie les réunions à compter de mars 93)révèle autant de représentations que d’acteurs (chacun a sa propre définition de la demande supposée des habitants). Le débat reste ouvert sur le caractère "formel" ou "plutôt encourageant" des 10% de participation effective des habitants. Certaines associations opposantes estiment que "la municipalité ne leur a pas donné les moyens d’exister en tant que contre-pouvoirs". Selon l’adjoint au logement d’alors : "il fallait que les associations interviennent le moins possible comme écran à la concertation". Les travaux intérieurs "de confort" ouverts aux desiderata des habitants sont aussi interprétés de façon contrastée : "très bien reçus" selon l’OPAC et les habitants pro-réhabilitation, "achat de clientèle" pour les critiques et certains travailleurs sociaux.

Dès les premiers résultats (1987), on constate que c’est "l’extérieur" qui préoccupe surtout les instances municipales et l’OPAC : le "bien visible", propre à revaloriser l’image d’un site que les demandeurs de logement boycottent. Même les habitants satisfaits considèrent "qu’on s’attendait à mieux" dans les logements. Exemple de controverse : les interventions sur l’extérieur (adjonction de balcons, isolation des façades, etc.)semblent plutôt concerner les bâtiments visibles depuis les quartiers voisins et, surtout, le centre urbain...

L’héritage associatif est à porter au crédit du volet social. La procédure HVS (Habitat et vie sociale)a eu de l’ampleur : mutuelle associative des habitants ("Coup de pouce santé"); Apades : lieu de rencontre entre habitants et travailleurs sociaux, etc. Il s’avère cependant que la rénovation a davantage marqué les habitants pour ce qui concerne leurs espaces privés. Les interventions sur l’extérieur sont peu "appropriées". Au total ? une intervention souvent isolée des réalités sociales. Beaucoup y relèvent des disproportions entre l’augmentation des loyers, un résultat sur le bâti pas toujours probant, beaucoup de temps et d’énergie dépensés.

Mots-clés

logement, logement social, réhabilitation de l’habitat, communication, paupérisation, concertation


, France, Basse-Normandie

Notes

Cette fiche a été réalisée dans le cadre de l’évaluation de la politique de réhabilitation du logement social, animée par la Direction de l’Habitat et de la Construction du Ministère de l’Equipement, du Logement et des Transports, Arche de la Défense, Paroi Sud, 92055 Paris-La Défense Cedex 04

Source

Littérature grise

DIRECTION DEPARTEMENTALE DE L'EQUIPEMENT DE CAEN (DDE 14); ASSOCIATION REGIONALE HLM DE BASSE NORMANDIE (France)

CEDIDELP (Centre de Documentation Internationale pour le Développement les Libertés et la Paix) - 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris, FRANCE - Tel 33 (0) 1 40 09 15 81 - France - www.ritimo.org/cedidelp - cedidelp (@) ritimo.org

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