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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Le Système des écoles associées, mis en oeuvre par l’Unesco, promeut une culture de paix et de compréhension entre les peuples

Odile ALBERT

04 / 1999

Dès le début de ses activités, l’Unesco a voulu promouvoir une culture de paix et de compréhension internationale à travers l’éducation scolaire, afin de préparer les enfants et les jeunes à relever les défis auxquels l’humanité est confrontée. C’est ainsi qu’est né, en 1953, le Système des écoles associées, le SEA. La première rencontre du SEA a rassemblé 33 écoles réparties dans 15 pays. Depuis le réseau n’a cessé de se développer regroupant aujourd’hui 5 380 écoles réparties dans 156 pays. Ces écoles se situent donc dans des pays extêmement variés quant à leur niveau de développement et à leurs traditions culturelles.

Les écoles sont libres d’adhérer à ce réseau à condition que leur pays ait signé la convention du SEA avec l’Unesco et qu’elles s’engagent à promouvoir à travers les disciplines enseignées les quatre thèmes majeurs du SEA, à savoir :

- problèmes mondiaux et rôle des Nations unies ;

- droits de l’Homme ;

- apprentissage interculturel ;

- protection de l’environnement.

Ces écoles "pilotes" sont bien entendu insérées dans le système scolaire du pays. Elles devraient avoir un effet multiplicateur en essaimant leur contenu pédagogique à l’enseignement général du pays. Dans des pays à fortes turbulences politiques, ces écoles peuvent avoir un rôle modérateur et permettre de créer des écoles "hors Etat".

Le SEA propose plusieurs types d’activités : rencontres, ateliers de travail, matériel pédagogique ainsi que des projets spécifiques. Il encourage les contacts entre écoles, entre élèves, entre enseignants, quelque soit leur cycle d’enseignement et il propose des travaux communs sur un sujet donné. C’est lors des rencontres, des réunions de travail ou des consultations faites dans les différents pays que se proposent et se préparent les différents thèmes qui vont être mis en oeuvre au sein du SEA.

C’est ainsi que s’est élaboré un projet autour de la mer Baltique destiné aux enfants des neuf pays riverains afin de les sensibiliser à la dégradation rapide de cette mer. De nombreuses activités (concours de dessin, voyages de classe, visites de musée, exposés...)ont été organisées dans les écoles pour que les enfants et les jeunes prennent conscience que la mer Baltique est un patrimoine commun dont chacun est responsable. Chaque pays, chaque personne doit en assurer sa sauvegarde. Les élèves ont ainsi pu se rendre compte des enjeux de la protection de l’environnement, dialoguer avec d’autres jeunes de pays limitrophes et réaliser l’interdépendance des phénomènes au niveau d’une région. Le but de ce projet était de provoquer un changement de comportement parmi les jeunes de ces différents pays. Tous les cours ont été l’occasion de parler de cette question, même le cours de mathématiques qui a servi à calculer la qualité de l’air en fonction des surfaces de lichen sur les rivages !

Un autre projet concerne l’histoire de la traite des Noirs entre le 16ème et le 19ème siècle. Constatant la méconnaissance quasi générale de cet événement historique qui a, aujourd’hui, de grandes conséquences dans la géopolitique des continents africain, américain et européen, il a semblé opportun de briser le silence qui s’est fait sur ce sujet dans l’enseignement du programme d’histoire de la plupart des pays concernés. L’objectif n’est pas de culpabiliser sur cet événement tragique mais il faut que les jeunes puissent tirer des enseignements de ce passé afin de mieux comprendre le présent. Au-delà de la dimension morale de cette tragédie, il faut être en mesure d’étudier l’apport des cultures africaines à la naissance du monde occidental. Et à partir de cette expérience, il est possible de prendre conscience de la nécessité de libérer le monde de toutes les formes nouvelles d’esclavage, d’injustice, de discrimination.

Ce projet se déroule dans 22 pays qui ont été concernés par cette histoire et il doit durer plusieurs années. Il permet des rapprochements et des réflexions entre établissements scolaires et entre pays. Sur le plan pédagogique, une aide est apportée par la réalisation de deux manuels : un manuel général d’hisoire à l’usage des élèves et un recueil de récits et de témoignages. Des questionnaires d’évaluation des acquis et de leurs impacts sur la vision du monde doivent être remplis par les élèves. Une autre évaluation sera faite dans les années à venir.

Un troisième grand chantier a été mis en oeuvre depuis 1994 conjointement par le SEA et le Centre du patrimoine mondial. Il concerne la valorisation et la sauvegarde du patrimoine de l’humanité. Les monuments inscrits dans ce patrimoine sont des témoins des capacités de l’homme tant sur le plan esthétique que de son savoir-faire. Ils représentent la grandeur de certaines cultures à une époque donnée. Ils ont laissé des empreintes respectées de tous indépendamment des valeurs culturelles, religieuses, ethniques qu’ils représentent. Mais ce patrimoine est fragile et menacé de dégradations, voire de destructions compromettant cet héritage culturel pour les générations à venir. Protéger ces richesses relève d’une responsabilité collective. Cela s’apprend et doit s’enseigner. Pour mener à bien ce projet, un très beau kit pédagogique "Le patrimoine mondial aux mains des jeunes" a été réalisé à l’intention des enseignants. Actuellement, il existe en français et en anglais. Ce kit contient du matériel dictatique. En outre, il aborde la protection du patrimoine de l’humanité et ses interférences avec le développement du tourisme, la protection de l’environnement et la culture de la paix.

Ces quelques exemples, parmi d’autres, reflètent bien les orientations du SEA et sa volonté de faire prendre conscience aux jeunes, de façon très pragmatique, à la fois de l’universalité des valeurs et de l’importance des cultures particulières.

Mots-clés

enseignement, UNESCO, transfert de connaissances, éducation interculturelle, éducation à la paix, éducation à l’environnement


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dossier

Se former à l’interculturel

Notes

Contact : Mme Niedermayer-Tahri, Système des écoles associée, Unesco, 7 place de Fontenoy, 75352, Paris 07 SP. France. Tél : 01 45 68 11 14. Fax : 01 45 68 56 39. E-mail : s.niedermayer@unesco.org

Entretien avec Mme NIEDERMAN-TAHRI

Source

Articles et dossiers

Le Système des écoles associées, UNESCO in. La compréhension internationale, 1994-95 (France), 65-66

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