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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Carrefours du Monde à Bruxelles, un espace et une pédagogie interactive au service de la compréhension interculturelle

Odile ALBERT

06 / 1999

C’est au coeur de Bruxelles, dans une caserne désaffectée, qu’Oxfam-Solidarité a créé un espace, Carrefours du Monde, destiné à accueillir des groupes de jeunes, de plus de 16 ans, et d’adultes pour les aider à prendre conscience de la réalité de la vie des populations du Sud et des initiatives qu’elles prennent pour sortir de l’exclusion dans laquelle elles sont maintenues. Pour Oxfam, le travail de sensibilisation de l’opinion publique au problème du développement relève de l’une de ses priorités. Changer le processus de notre société du Nord est aussi important que d’aider des partenaires dans les pays du Sud.

Les objectifs de Carrefours du Monde sont multiples :

- Faire connaître le vécu quotidien des populations marginalisées ou exclues dans d’autres pays ;

- Pouvoir découvrir d’autres valeurs et d’autres cultures non pas comme du folklore mais comme d’autres choix de vie ;

- Pouvoir mieux concrétiser ce que "coopération", "projet de développement" et "partenariat" veulent dire ;

- Découvrir l’influence de l’économie mondiale sur le quotidien des populations du monde et en analyser les conséquences ;

- Rechercher des solutions à travers des actions concrètes, individuelles ou collectives et des mécanismes de solidarité qui ne relèvent pas de l’utopie.

Carrefours du Monde a aménagé trois ateliers, chacun représentant un pays : Afrique du Sud, Palestine, Bolivie. Un décor tridimensionnel, grâce à une fidèle reconstitution grandeur nature de certains "coins" de ces pays, permet de créer l’illusion d’un transfert vers une autre région. Bien sûr, ces décors n’ont pas la prétention de restituer l’intégralité du pays mais ils doivent aider les visiteurs à se mettre en situation et à mieux concrétiser les réalités des populations vivant dans ces environnements, ce que les images ne peuvent pas rendre : promiscuité d’un bidonville d’Afrique du Sud, austérité du camp de réfugiés palestiniens...

Préparation de la visite

A l’inscription, chaque groupe choisit son atelier. Un travail préparatoire est vivement conseillé afin d’atteindre les objectifs de qualité. A Carrefours du Monde, les visiteurs ne viennent pas seulement voir, ils seront eux-mêmes acteurs de leur apprentissage. Un minimum de connaissance les aidera à mieux participer à la visite. Une activité préparatoire est donc prévue pour chaque atelier. Le principe est de trouver un mot-de-passe qui donnera l’accès à l’atelier à partir d’un jeu, d’une énigme à résoudre à l’aide notamment d’une brochure-pilote relative au pays visité et remise à l’inscription. Un questionnaire intitulé "es-tu mondialisé(e)?" est également prévu pour ces travaux préparatoires.

Déroulement de la visite

Le parcours de l’atelier dure environ une demi-journée. La visite s’appuie sur une pédagogie interactive : les visiteurs ne doivent pas être des récepteurs passifs d’informations et il faut qu’ils arrivent à remettre en question les idées reçues et à les remplacer par de nouvelles connaissances et réflexions. L’équipe d’Oxfam-Solidarité a formé des accompagnateurs compétents dans la dynamique de groupe et aussi pédagogues. Ils connaissent bien les thèmes abordés ainsi que les pays concernés. Certains d’entre eux sont originaires d’un des pays visités. Ils apportent ainsi un témoignage sur les différentes cultures dont ils sont issus. Ils ne sont pas là pour "colorer" la visite mais pour traduire des notions économiques ou politiques parfois complexes en exemples plus concrets. Leur présence est essentielle car elle permet non pas de parler du Sud mais avec le Sud.

Au cours de la visite, différentes activités sont proposées : montage audio-visuel, auto-découverte, expérimentation et débats. Les discussions et les jeux de rôle occupent une part importante du temps de visite. Les discussions touchent des sujets assez variés, comme le droit au retour pour les réfugiés palestiniens ou la survie des petits paysans dans le contexte actuel de la mondialisation. Le jeu de rôle consiste à régler un problème, voire une situation conflictuelle qui touche la population. Par exemple, le développement de l’emploi dans le bidonville de Capetown en Afrique du Sud ou les négociations avec la municipalité du village bolivien, El Pato, à propos d’une taxe pour les vendeurs du marché. Les rôles et les profils des personnages sont répartis entre les visiteurs : un inspecteur municipal, un commerçant, un syndiqué... Puis s’enclenche une dynamique où chacun tente de défendre ses intérêts. Souvent, le jeu est lent à démarrer car il n’est pas facile de se mettre dans la peau d’un autre, surtout si celui-ci vit ailleurs dans une réalité qu’on ne connaît pas. Mais il faut trouver une solution pour résoudre le problème posé. La discussion avance, les arguments sortent, des solutions sont proposées. Et chacun peut découvrir la complexité des situations. A la suite de ce jeu de rôle, afin qu’il ne reste pas qu’un jeu, le comportement des participants et les arguments qu’ils ont avancés sont analysés. C’est l’occasion de montrer les aspects culturels qui interviennent dans les décisions prises face à un problème.

Suivi de la visite

Le but de tous ces scénarios de visite est de donner envie de se bouger pour un monde plus juste et d’arriver à ce que chaque visiteur se pose la question de son rôle en tant que citoyen. C’est pourquoi un suivi est proposé à ces visites. Les groupes peuvent poursuivre leur réflexion en se mettant en contact avec des associations bruxelloises qui travaillent dans le secteur du développement et de la solidarité internationale. Fort du travail effectué aux Carrefours du Monde, ils peuvent mieux comprendre les activités de ces associations et les buts qu’elles poursuivent et éventuellement s’y associer.

Mots-clés

éducation au développement, méthode pédagogique, dimension culturelle du développement, diversité culturelle, jeune


, Belgique

dossier

Se former à l’interculturel

Notes

Contact : VAN KEIRSBILCK, Marie-Marth

QUITTELIER, Diane. OXFAM-SOLIDARITE, rue du Conseil 39, 1050 Bruxelles, Belgique - Tél : 32/(0)2 501 67 00 - Fax : 32/(0)2 514 28 13 - OxfamSol@ngonet.be

Source

Présentation d’organisme

CDTM (Centre de Documentation Tiers Monde de Paris) - 20 rue Rochechouart, 75009 Paris, FRANCE - Tel. 33/(0)1 42 82 07 51 - France - www.cdtm75.org - cdtmparis (@) ritimo.org

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