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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Réseau Capacitation citoyenne, pour une gestion sociale et urbaine de la ville

La mise en réseau des processus de formation à la citoyenneté en France, au Brésil et au Sénégal

Sidiki Abdoul DAFF

03 / 2001

Ce réseau est un groupe polymorphe, centré sur les conditions qui favorisent l’émergence et le développement de la citoyenneté. Nous sommes des Sénégalais, des Brésiliens, des Français, militants associatifs, professionnels de l’urbain, élus, engagés à divers titres dans la recherche d’un renouvellement de la démocratie.

Le point de départ de notre aventure est la Conférence de Dakar en 1998 initiée par la FPH autour de la problématique ’ Habitants, élus, professionnels de la ville: éléments de partenariat ’. C’est autour d’un axe : la ’Déclaration de Dakar’ produite par les habitants, à savoir ’la mise en place d’espaces de formation citoyenne pour les animateurs des organisations d’habitants ’, que va s’établir un échange entre une participante du Nord et un participant du Sud sur les questions de citoyenneté et de démocratie. Ce fut un aller et retour, des analyses croisées sur la portée de cette rencontre notamment par textes interposés. C’est à partir de ces échanges que sera déclenché le processus de mise en place du Réseau Capacitation Citoyenne par la connexion à d’autres expériences en cours ; au Brésil avec l’Ecole des Planificateurs et Chercheurs Populaires de Fortaleza, le Budget Participatif développé par la Municipalité de Porto Alegre ; en France avec les expériences de formation citoyenne dont ’Ville et Participation Citoyenne’ de Dunkerque, ’l’Atelier de Travail Urbain’ de Grande Synthe et au Sénégal avec le ’Centre d’Etudes et de Recherches Populaires pour l’Action Citoyenne’ (CERPAC)qui travaille à la capacitation citoyenne du mouvement associatif de base. Toutes ces expériences ont été intégrées comme processus formatif à la citoyenneté, ce qui explique l’usage du terme ’capacitation citoyenne’ utilisé au Sénégal et au Brésil.

Ainsi s’est constitué le ’Réseau Capacitation Citoyenne’, comme un espace public citoyen international tantôt largement ouvert à plusieurs associations et expériences, lorsqu’il faut découvrir, réfléchir, confronter nos analyses et nos expériences de processus formatifs à la citoyenneté, tantôt se recomposant autour d’un noyau dur lorsqu’il faut mettre en forme les avancées pour les réinjecter dans les milieux respectifs. C’est un va-et-vient permanent du local à l’international, de l’international au local, du micro au macro et inversement car nous sommes rendu compte que les problèmes rencontrés de part et d’autre des océans (Europe, Afrique et Amérique Latine)sont identiques même si les manifestations diffèrent. Ce sont des échanges continus Nord / Sud, les deux sphères s’alimentant mutuellement.

A Dakar, au mois de Février 1999, pendant 10 jours, vivant chez l’habitant, des Brésiliens, des Français et des Sénégalais ont procédé au croisement direct de toutes ces expériences parfois formalisé sous forme de séminaires ou informel autour d’un bol de riz ou du thé.

Le CERPAC, qui est à l’initiative de cette rencontre entre des habitants, des élus et des professionnels venant du Sénégal, du Brésil et de France, est une structure sénégalaise né d’un dynamisme et d’un besoin local ainsi que d’interpellations internationales. Le dynamisme est ce qui caractérise le mouvement associatif de base au Sénégal qui s’implique quotidiennement pour pallier les carences des pouvoirs. Le besoin interne est celui de disposer d’un lieu de paroles et de réflexions ’ qui offre aux animateurs des organisations d’habitants un espace de formation fondé sur l’échange d’expériences’ (Déclaration de Dakar Fév 98)indépendant des ONG et des pouvoirs municipaux. Les interpelations internationales sont le besoin de s’ouvrir à d’autres pour échanger sur des expériences. Concrètement le CERPAC est un lieu de parole autonome, un espace public de construction de la parole citoyenne au Sénégal, espace où les habitants font converger leurs actions et interrogations, pour affirmer des prises de position. C’est une structure qui permet de constituer une force habitante autonome apte à peser dans la gestion de la ville. Cet espace s’ouvre par moment à des élus et des ONG autour des problématiques de gestion de la ville pour expérimenter un dialogue entre les ’ trois pieds de la marmite’ (élus, professionnels et habitants)à partir du vécu quotidien. L’expérience du Budget Participatif exposé pendant ce séminaire par le Directeur du Cabinet de la Municipalité a permis d’initier ce dialogue entre les trois acteurs de la ville ont su dialoguer pendant une journée autour de celle-ci.

Commentaire

D’une certaine manière toute l’équipe de Capacitation Citoyenne est imbue de la philosophie dph qui est comprise à la fois comme une conception, une méthodologie et une (des)technique(s)pour la production, la capitalisation, l’organisation et la circulation du savoir utile à l’action qui provient de l’action et réalimente l’action. Cette perception de l’échange d’expériences est à l’origine du réseau car nous sommes inscrits dans un cycle action-réflexion/capitalisation-action. Certains d’entre nous ont eu à produire des fiches (03)ou sont membres du réseau DPH, bien avant la mise en place du réseau. Toutes les expériences vécues par réseau ont été traduites en fiches dph (une dizaine)ou en textes ce qui participent de la capitalisation, de la conservation de la mémoire et de la circulation des expériences. Ainsi l’échange d’expériences s’est construite de proche en proche. Après les rencontres de Dakar de Fév 99, les participants ont renvoyé par écrits leur perception de l’expérience du CERPAC. Nous avons acquis une conviction tout au long de ces contacts le regard de l’autre (l’étranger)peut permettre de découvrir sa propre réalité. Il rend intelligible le contenu, la forme et la portée des actions. Il permet de se forger une nouvelle grille de lecture qui autorise à revoir et apprécier sa propre pratique car quand on est engagé dans l’action quotidienne, le recul pour apprécier sa propre pratique est parfois difficile. C’est ce déficit que l’apport de l’autre peut aider à combler. Nos différentes structures nationales sont en dernier ressort filles de tous ces croisements complexes ce qui les obligent à se réajuster en fonction des différents apports internes et externes.

Dans la création du réseau, la fiche a surtout été un moyen pour découvrir la similitude de préoccupations car certaines expériences sont dans la base de données dph. Nous avons privilégié le contact de proximité pour échanger de proche en proche pour mettre sur le tapis nos différentes expériences autour des processus formatifs en cours dans nos différents pays et des expériences de gestion sociale des villes. Cela s’est fait à travers des espaces mouvants tantôt largement ouvert, tantôt restreint. Le contact physique, la proximité ont favorisé la confiance mutuelle, la libération de la parole l’envie de transmettre son expérience sans retenue.

Après les rencontres de Dakar de Fév 99, les participants ont renvoyé par écrits leur perception de l’expérience du CERPAC. Nous avons acquis une conviction tout au long de ces contacts le regard de l’autre (l’étranger)peut permettre de découvrir sa propre réalité. Il rend intelligible le contenu, la forme et la portée des actions. Il permet de se forger une nouvelle grille de lecture qui autorise à revoir et apprécier sa propre pratique car quand on est engagé dans l’action quotidienne, le recul pour apprécier sa propre pratique est parfois difficile. C’est ce déficit que l’apport de l’autre peut aider à combler. Nos différentes structures nationales sont en dernier ressort filles de tous ces croisements complexes ce qui les obligent à se réajuster en fonction des différents apports internes et externes.

Source

Texte original

CERPAC (Centre d'Etudes et de Recherches Populaires pour l'Action Citoyenne) - HAMO 6 villa N81, Guédiawaye, SENEGAL - Tel/fax : (221)837 12 10 - Sénégal - sidiki.daff (@) sentoo.sn

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