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La corruption en Afrique n’est pas une fatalité

Exemples de mise en place de mécanismes de lutte contre la corruption

Tony NSABIMANA

01 / 2001

La corruption, définie comme ’abus de pouvoir public’ a toujours existé en Afrique. Actuellement, le vent du libéralisme économique a amplifié le mal. Certaines élites expliquent que la corruption est la version africaine de la solidarité. Mais si on prend connaissance des chiffres de détournements publics, on se rend compte que la corruption creuse le fossé entre riches et pauvres. Le capitalisme sauvage engendre une corruption africaine qui comporte deux visages : la grandeur (les fortunes des dictateurs africains sont immenses)et l’évasion (ces mêmes fortunes reposent dans des banques suisses). Un fatalisme s’est installé dans les populations africaines, selon lequel la corruption ne peut être vaincue puisqu’elle fait partie de la culture. Cela s’explique par le fait qu’il n’existe pas toujours en Afrique des mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption. Quels sont les moyens de lutte? Très peu de pays africains possèdent des légistations claires qui peuvent condamner et le corrompu et le corrupteur, mais ils existent cependant. Citons-en querlques-uns :

- Au Burundi en 1987, une cour des comptes avait été mise en place pour décourager la pratique de la corruption mais surtout empêcher les détournements des fonds publics. Malheureusement, cette cour des comptes s’est avérée être un instrument du pouvoir pour punir les cadres du régime déchu, celui de Bagaza. Quelques années plus tard, la cour des comptes est tombée aux oubliettes.

- En Afrique du Sud, le parlement sud-africain a créé une commission de lutte contre la corruption. Les députés sont obligés de déclarer leurs transactions financières personnelles qui sont enregistrées dans un registre présenté au public. Le but de l’opération est de limiter les occasions de corruption et de trafic d’influence.

- La Tanzanie s’inscrit dans ce sillage en prenant pour modèle le système sud-africain. Il est vrai que les déclarations ne font pas l’objet d’une enquête, mais c’est un signe de volonté politique pour encourager une attitude responsable chez les élites africaines.

- Sous Thomas Sankara, au Burkina Faso, les dirigeants devaient, dans une assemblée populaire (les tribunaux populaires), rendre compte de la gestion des finances publiques. C’était un puissant moyen de dissuasion contre les pratiques de corruption.

- Du côté des bailleurs des fonds, le comité d’aide au développement de l’OCDE, dans la convention signée en 1997 par 34 pays industrialisés, a déclaré que la corruption d’un agent étranger va devenir un délit dans ces 34 pays. L’organisation non-gouvernementale Transparency International (T. I.)pour lutter contre la corruption utilise une méthode participative en Afrique, avec les ’ateliers d’intégrité nationaux’ qui consistent à rassembler tous les partenaires concernés : pouvoirs publics, milieux d’affaires, magistrats, journalistes, universitaires, associations, pour proposer des moyens de répression ou de prévention.

Mots-clés

corruption, détournement de fonds, lutte contre la corruption


, Afrique, Burundi, Afrique du Sud, Tanzanie, Burkina Faso

Commentaire

Au delà de ces exemples de lutte contre la corruption, l’Afrique doit parvenir à mettre en place des outils de répression de la criminalité économique, la mise en place de lois permettant la saisie des richesses acquises illégalement, puisque l’évasion fiscale est l’une des caractéristiques de la corruption en Afrique. Il est également important de mettre en place des mécanismes pour l’obtention des marchés afin d’éviter les pots-de-vins. En même temps, il faut faire prendre conscience aux populations des effets dévastateurs de la corruption et de son caractère nullement inévitable. Le rôle de la société civile et celui des médias sont également importants pour dénoncer les actes de corruption.

Notes

Fiche rédigée lors de la formation Dph organisée par le CIMLK, du 9 au 23 décembre 2000 à Bujumbura. L’auteur est un jeune journaliste radio.

Source

Livre ; Articles et dossiers

FOHORINO, Eric; GUILLEMIN, Christophe; ORSENNA, Erik, Besoin d'Afrique, Fayard, 1992 (France); - <DOMMEL, Daniel>, "Oui, on peut combattre la corruption", in <Les cahiers de l'audit>, n°4, 1er trimestre 1999;; -"La corruption, cause et conséquence du sous-développement", Centre international Martin Luther King

CIMLK (Centre International Martin Luther King) - BP 14 Bujumbera, Burundi - Tel 00 257 242057 - Fax 257 241500 - cimlk@cbinf.com -

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