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La valorisation des capitalisations d’expériences par l’édition d’un livre se révèle souvent décevante pour l’auteur car ce genre d’ouvrage se vend mal

Michel SAUQUET, Sylvie ROBERT

12 / 1999

Nous travaillons avec les auteurs sur leur démarche, même si ce n’est pas suffisant. En général quand un livre marche bien, c’est que son auteur travaille personnellement pour que cela fonctionne, on le voit donc régulièrement et il nous sollicite. En tant qu’auteur il est difficile de parler de ce que tu fais, tu ne peux pas prendre des initiatives toi-même. C’est impossible en littérature, mais même en sciences sociales ce n’est pas complètement évident, parce qu’il y un mélange des genres entre ce qui peut être pris pour de la promotion personnelle et la défense d’une cause à laquelle on croit.

Donner la parole aux gens et leur permettre d’être édités apporte dans un premier temps aux auteurs une immense satisfaction, et dans un deuxième temps, pour 70 pour cent des cas, une épouvantable déception parce qu’ils croient qu’il suffit d’avoir sorti un livre pour qu’il se diffuse. Il y a pas mal de cas très excitants, d’auteurs qui me disent que c’est incroyable ce que le livre a produit, les nouveaux réseaux que cela leur a apporté, les nouveaux partenaires... Dans certains cas ça marche très bien, avec des gens qui ne sont pas déçus, et puis il y a tous les autres qui ont toujours l’impression de ne pas avoir fait de vrais livres, et de ne pas avoir vraiment été édités. On travaille avec Les Editions Charles Leopold Mayer, Descartes et Cie, DDB, Les Editions de l’Aube, bientôt les Editions Belin, et tous ces éditeurs ne sont quand même pas très connus du grand public. Tant que l’on ne travaille pas avec Le Seuil, Gallimard ou Grasset, les gens ont l’impression que ce n’est pas de la vraie édition. C’est un peu dur.

Je crois qu’il y a une très grande proximité entre la sortie d’un livre et la sortie d’un enfant du ventre de sa mère, dans le sens où la déprime de la mère dans les deux semaines qui suivent la naissance est réelle. C’est la même chose dans l’édition, il y a une satisfaction énorme à être publié, et il y a une grande déprime après, parce que les auteurs sont obsédés par la question ’ Qu’est-ce que les autres, dont on parle, ont de plus de moi ? ’.

La base du travail avec nos partenaires, c’est la rencontre des désirs. Dans la pratique ça se discute, c’est à dire que lorsque nous avons un désir fort et l’argent et que le partenaire a un désir fort et pas d’argent, il peut arriver qu’il torde un peu son désir et même se persuade lui-même que tout cela est très bien. C’est vrai et c’est inévitable. Il y a aussi des gens qui sont prêts à tout pour publier. Certains sont capables de payer eux-mêmes uniquement pour être publiés. Dans la valorisation des capitalisations d’expérience, le fétichisme de l’objet livre n’est pas à négliger. Je viens d’éditer un livre, je peux en parler dans les salons... C’est très important, et cela influe sur nos relations.

Il faut savoir que tous les Dossiers pour un Débat qui ont été décidés pour valoriser les capitalisations d’expériences en tant que capitalisations d’expériences sont de très loin les moins bien vendus de tous. Il y a un élément qui est très important : c’est que le fantasme de la capitalisation d’expérience, de l’intérêt d’une capitalisation assez institutionnelle, est très satisfaisant (c’est une très grande satisfaction pour l’

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Notes

M. Sauquet est responsable des publications et de la communication au sein de la FPH.

Source

Entretien

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