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L’approche participative et la bonne gestion sont les seuls gages du progrès et de l’indépendance

Comment un quartier a fait obstacle à l’institutionnalisation de l’aide par une volonté populaire d’autoprise en charge des problèmes

Pape Mamadou BA

06 / 2001

L’école Notaire a été créée en 1986 grâce à l’effort des habitants d’un quartier de la banlieue de Dakar. Elle fait partie des nombreuses écoles qui ont bénéficié de l’appui de "Aide et Action", une ONG française qui intervient dans l’éducation de base pour un plus large accès à l’école et pour une meilleure qualité de l’enseignement. Cette ONG a développé un projet de santé scolaire qui permet de prendre en charge les problèmes de santé individuelle et d’hygiène dans les écoles. Des comités de santé constitués d’élèves et des maîtres superviseurs s’occupent de la gestion du projet de santé scolaire dans chaque établissement. En ce sens, ils connaissent de toutes les questions liées aux soins et à l’hygiène dans l’école. Un suivi mensuel est effectué afin de mesurer les degrés d’utilisation des différents outils de gestion, et d’évaluer la gestion de la mallette et la bonne marche du projet.

Dans sa démarche, l’école associe le milieu dans ses actions. C’est ainsi que les parents d’élèves, les associations sportives et culturelles (associations de quartier par excellence au Sénégal), et tous les habitants du quartier sont effectivement impliqués dans la vie de l’école. Cette démarche fait la force de cette structure.

En effet, grâce à l’adhésion des différents acteurs, une coopérative scolaire a été mise sur pied. Elle aide aujourd’hui, à la pérennité des projets appuyés par "Aide et Action", plus particulièrement le comité de santé.

Les décisions concernant l’école sont prises pendant les rencontres entre enseignants et parents d’élèves ou lors des réunions de sensibilisation des habitants sur les problèmes de l’école.

D’ailleurs, c’est à l’occasion de ces rencontres qu’il a été retenu que chaque élève devrait désormais participer à la coopérative scolaire pour un montant de 1000 F cfa par an.

20 pour cent des cotisations sont affectés au comité de santé et permettent d’acheter des médicaments et tout le matériel nécessaire pour l’hygiène à l’école. 700 élèves en moyenne sur les 1000 que compte l’école participent régulièrement à la vie de la coopérative. Ce budget est géré avec rigueur et transparence.

Depuis près de deux ans maintenant, l’école ne ressent plus le besoin d’être appuyée financièrement par "Aide et Action", ce budget permettant de couvrir entièrement les besoins du projet de santé scolaire.

Actuellement, le comité de santé est conduit par huit élèves formés l’année dernière par une infirmière bénévole.

Pour le directeur de l’école, le projet de santé est une très bonne initiative de portée pédagogique qui règle en passant le problème de l’absentéisme à l’école. Avant, les enfants s’absentaient trop pour des raisons de santé, mais en réalité, ajoute t-il, par la plupart il s’agissait plutôt de sécher les cours. Aujourd’hui avec la mise en place du comité de santé, les soins se font dans l’enceinte de l’école et le taux d’absentéisme a conséquemment baissé.

Le comité de santé est d’autant plus important, pour le coordonnateur du projet dans l’école, qu’il prend en compte la santé préventive à travers le comité de surveillance des denrées alimentaires. L’hygiène à l’intérieur et autour de l’école est aussi une préoccupation prise en charge à travers le comité d’hygiène. Pour lui, s’ils ont cherché à être autonomes de toute subvention, en privilégiant l’approche participative et la bonne gestion, c’est parce qu’ils ont conscience que tout projet est appelé à disparaître un jour où l’autre.

Mots-clés

éducation, décentralisation, participation communautaire, ONG


, Sénégal, Guediawaye

Commentaire

Toute recherche de solution aux problèmes socio-économiques de l’Afrique doit reposer sur une volonté populaire d’auto-prise en charge de ces problèmes par la participation. Cela est d’autant plus vrai que toute aide, tout projet est appelé à disparaître un jour où l’autre. Il importe donc d’assurer les conditions d’une pérennité des solutions aux maux de l’Afrique par le développement d’une réelle implication des populations dans la définition et la mise en oeuvre de celles-ci. A n’en pas douter, c’est cela qui a permis, dans le cas en présence, ce degré d’autonomie et cette qualité de gestion.

A un autre niveau, les Etats africains devraient s’inspirer de cette leçon de dignité et de réalisme, eux qui semblent parfois vouloir institutionnaliser l’aide étrangère et qui sont sous "perfusion" depuis presque un demi-siècle.

Source

Rapport

rapport d'activités du projet "mallette à pharmacie scolaire" de l'ONG "Aide et Action"

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