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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Les femmes africaines et le pouvoir politique

Sonia BEN MESSAOUD, Suzanne KALA LOBE

04 / 2001

Le pouvoir politique ou la structure du pouvoir en dernière instance, qui dirige nos vies à tous, c’est ce fameux niveau de la politique où sont les décisions les plus fortes, où sont aussi les instance d’autorité, dans lesquelles le machisme et la discrimination sont aussi les plus forts. A en croire les femmes dans leurs discours et leur combat, c’est cet espace-là, cette citadelle qu’il va falloir conquérir, de manière à ce que cela ait des incidences sur l’ensemble de nos vies. Mais, dans les discussions que nous avons eues, il a fallu déterminer quelle est la place de ce qu’on pourrait appeler le statut personnel de ces acteurs sociaux que sont les femmes et comment cet acteur social, à son niveau individuel, va construire une parole, un discours, une stratégie pour avoir une place, non pas qui lui soit réservée, mais qui soit celle d’une citoyenne dans l’espace politique.

Qu’est-ce que l’espace politique au juste ? Ce sont les institutions, c’est-à-dire le gouvernement, les ministres, ce sont les instances législatives donc électives, comme l’Assemblée Nationale et aussi les conseils municipaux, c’est-à-dire les mairies. Voilà les instances officielles de la production de décision politique et au sein de ces instances, il y a très peu de femmes ou pas de femmes du tout, puisque à ce jour, aucune femme camerounaise n’a tenté la magistrature suprême et aucune n’a cherché à être Présidente de la République. Le nombre de femmes à l’Assemblée Nationale est largement insuffisant ou insignifiant pour qu’on pense un jour que cette Assemblée puisse décider des choses qui vont améliorer le statut des femmes. Mais il y a un deuxième niveau des instances, ce sont les structures que se donnent les acteurs sociaux pour conquérir les partis politiques. Mais même dans ces instances-là, si on regarde au plus haut niveau, c’est-à-dire la direction, là encore, deux femmes seulement sont chefs de parti politique, mais au niveau des directions, toutes factions confondues, il n’y a pas de femmes dans les instances de décision.

Donc, comment mettre en place une stratégie d’actions politiques pour renforcer l’action politique des femmes ? Autrement dit, comment rendre l’action des femmes citoyennes de manière à ce que demain, dans 10 ans, dans 20 ans, dans 50 ans, on sache qu’il y aura des femmes Présidentes de la République, peut-être même en 2004. Je vais tenter de proposer quelques pistes de réflexions. Comment impliquer les femmes dans l’action politique, comment soutenir l’action des femmes en politique, comment faire en sorte que toutes celles qui sont dans des instances politiques aient leur plein pouvoir ? On peut d’abord, dans un premier temps, de façon systématique et rigoureuse, recenser toutes les femmes qui, selon nous, sont représentatives des femmes publiques que nous voulons, qui sont capables de défendre les propositions des femmes, leurs revendications et leur situation dans les instances publiques. Ensuite il faut considérer que toutes les batailles électorales sont d’abord des batailles pour l’inscription des femmes sur les listes électorales, mais aussi sur la vigilance de contrôle pour que le vote des femmes soit vraiment leur vote à elle. Autrement dit, être extrêmement présentes à tous les moments de la vie administrative et politique dans lesquelles on va décider de qui sera le corps électoral et décider de comment se fera l’éligibilité de ceux qui vont diriger ce pays. Autrement dit, une première étape d’actions d’identification, de vigilance et de contrôle permanent des femmes, celles qui pensent qu’elles sont suffisamment avancées pour faire de la politique l’affaire de toutes les femmes, partout où il y aura élection et chaque fois que les femmes se présenteront. Quand les femmes se présentent sur n’importe quelle liste électorale, notre action est de les soutenir sans réserve, ou sur la seule réserve qu’elles décident de défendre, soi la question du quota des femmes dans toutes les instances, soi la parité pour la présence des femmes dans la politique. En d’autres termes, pour mener une action des femmes, il faut que les femmes politiques, conscientes de l’enjeu, descendent sur le terrain pour marquer toutes les étapes sans en rater une seule, de manière à ce que le législateur et les politiques sachent que les femmes sont décidées à être présentes sur les listes électorales et à être éligibles.

Que veulent les femmes en politique ? Veulent-elles la parité, le quota, soutenir une candidate féminine à l’élection présidentielle ? Pour que la question du politique redevienne une question de la cité, pour que les femmes s’occupent enfin de leurs affaires, c’est-à-dire des affaires politiques, il nous revient d’organiser partout où nous sommes, ce que nous, un petit groupe de femmes avons appelé ’ le soutien politique de l’implication des femmes dans les actions politiques ’. En d’autres termes, développer l’action politique des femmes, ou développer la capacité de mobilisation des femmes en politique suppose en réalité de développer notre capacité d’actions solidaires. Cela suppose de développer notre implication dans l’ensemble des opérations qui peuvent avoir lieu pour qu’il y ait une parole publique et collective des femmes. En d’autres terme, une parole politique des femmes. Développer l’action politique des femmes, c’est dire ensemble à haute voix et devant tout le monde ce que nous ressentons, pensons et voulons. Cela suppose de discuter de la manière la plus concrète possible sur la question de savoir si pour entrer en politique, il faut qu’on laisse les femmes lutter seules, se faire écraser dans une structure patriarcale et machiste.

Que veulent les femmes en politique ? Veulent-elles la parité, le quota, soutenir une candidate féminine à l’élection présidentielle ? Pour que la question du politique redevienne une question de la cité, pour que les femmes s’occupent enfin de leurs affaires, c’est-à-dire des affaires politiques, il nous revient d’organiser partout où nous sommes, ce que nous, un petit groupe de femmes avons appelé ’ le soutien politique de l’implication des femmes dans les actions politiques ’. En d’autres termes, développer l’action politique des femmes, ou développer la capacité de mobilisation des femmes en politique suppose en réalité de développer notre capacité d’actions solidaires. Cela suppose de développer notre implication dans l’ensemble des opérations qui peuvent avoir lieu pour qu’il y ait une parole publique et collective des femmes. En d’autres terme, une parole politique des femmes. Développer l’action politique des femmes, c’est dire ensemble à haute voix et devant tout le monde ce que nous ressentons, pensons et voulons. Cela suppose de discuter de la manière la plus concrète possible sur la question de savoir si pour entrer en politique, il faut qu’on laisse les femmes lutter seules, se faire écraser dans une structure patriarcale et machiste.#

Mots-clés

accès des femmes à la politique, légitimité du pouvoir, discrimination des femmes, femme


, Afrique, Cameroun

Commentaire

Les conclusions du débat qui suit font ressortir comme axes d’action qu’il faut recenser toutes les femmes représentatives des femmes politiques dans tous les domaines (associatif, syndical, partis politique); soutenir les femmes politiques à quelque poste électif que ce soit ; faire pression sur le législateur et les politiques pour l’admission des femmes dans les instances politiques ; promouvoir le leadership féminin au Cameroun.

Notes

Intervention lors du débat sur le thème ’ femme et pouvoir en Afrique ’ organisé au Cameroun lors du passage de la Caravane Africaine pour la paix et la solidarité (2000).

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

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