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Les indispensables haltes-garderies de nos campagnes

Histoire d’une mobilisation collective

Anne Sophie BOISGALLAIS, Jérôme DULAU

09 / 2000

L’organisation de la carte scolaire dans les petites communes rurales conditionne souvent la vie des villages et la possibilité pour les parents de travailler, grâce à la création de cantine ou de garderie. L’accueil périscolaire des enfants est cependant soumis aux bonnes volontés locales, et lorsque les communes font défaut, il faut s’organiser.

C’est le cas dans la région de Loures-Barrousse : 12 communes font partie d’un RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal)et organisent la vie de 150 écoliers. Au début de la rentrée 1998, les parents constatent qu’une cinquantaine d’enfants pouvait être confiée à une seule personne pendant la pause du midi, ce qui était loin des normes de sécurité. De plus, d’après la loi, les enfants ne sont plus sous la responsabilité des enseignants après 17 h 10 (pour le primaire), et là encore, la sécurité des enfants n’est pas garantie et certains sont livrés à eux-mêmes.

Des parents décident donc de se mobiliser afin de créer une halte-garderie. Certains le font par solidarité, sans être directement concernés, mais trouvant important de militer pour que cela existe. Un sondage auprès de toutes les familles confirme la demande : 82 pour cent d’entre elles approuvent ce projet !

Les démarches auprès des élus se soldent par des échecs, l’un d’entre eux soulignant que les parents ne font que réclamer et ne passent pas aux actes. Malheureusement, d’autres démarches auprès d’associations et d’institutions diverses se soldent par des échecs. En dernier recours, des contacts sont pris avec un centre de loisir qui propose de créer un CLAE (Centre de Loisirs Associé à l’Ecole, périscolaire), moyennant une participation des parents de 60 francs par mois environ. Il reste à trouver un local et à réunir le financement des assurances...

Les parents investis pendant une année dans cette recherche de partenaires réussissent, malgré leurs nombreuses démarches négatives, à faire émerger auprès des élus et des fonctionnaires la nécessité de s’occuper de tout ce qui concerne les enfants en dehors de la prise en charge par l’Education nationale. Ainsi, les parents sont parvenus à leur fin en janvier 1999.

Au cours d’une réunion rassemblant les délégués de parents d’élèves, les directrices du primaire et de maternelle, le maire de la commune et les représentants de l’amicale laïque, il est décidé d’ouvrir une garderie périscolaire, avec la création d’un emploi-jeune. Le coût pour les parents est inférieur à ce qui avait été envisagé pour le centre de loisirs : 100 francs par an. Pour ce tarif, les parents ont aujourd’hui une personne qualifiée au-delà des exigences minimales que représente le BAFD, des ateliers permettent aux enfants de s’occuper utilement (travaux manuels, jeux de société, informatique...). Les horaires (convenant aux parents)ont été respectés et, mieux encore, la garderie ouvre les mercredis et durant les vacances scolaires.

Au terme d’une année de fonctionnement, les parents manifestent leur satisfaction car la personne responsable a des rapports de qualité avec les enfants et les activités sont appréciées de tous. La persévérance des parents qui sont à l’initiative de cette réussite a été alimentée par de nombreuses rencontres de parents d’autres secteurs confrontés aux mêmes difficultés. Ces rencontres, souvent dans le cadre de réunions CMR de formation rurale, permettent un partage d’expériences très riche et porteur d’actions. La halte-garderie de Loures-Barousse en est la preuve vivante.

Mots-clés

enfant, service public, école, collectivité locale, insécurité


, France, Hautes-Pyrénées

dossier

Des ruraux inventent de nouvelles solidarités : initiatives locales de militants du CMR, Chrétiens dans le monde rural

Commentaire

L’immobilisme, sans doute la première grande difficulté à surmonter pour voir émerger un projet citoyen. La persévérance est souvent nécessaire pour que le projet se réalise. Cette expérience souligne un autre point : la fonction de l’élu. Il doit, certes, être à l’affût d’une carence sur son territoire en terme d’équipements, de qualité de vie, mais il doit aussi permettre le débat et la concertation.

Notes

Texte issu d’un témoignage écrit d’Irma PENE

Entretien avec PENE, Irma

Source

Entretien

CMR (Chrétiens dans le Monde Rural) - 9 rue du Général Leclerc, 91230 Montgeron, FRANCE - Tél : 01 69 73 25 25 - France - cmr.cef.fr - cmr (@) cmr.asso.fr

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