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Les femmes dans le conflit israélo-palestinien

Hoda ROUHANA, Rim NATOUR

05 / 1999

La coopération entre Palestiniennes et Israéliennes a commencé il y a déjà plusieurs années, à travers des cadres différents et de différentes manières. Selon nous, ces efforts n’ont pas été fructueux, et cela est dû à plusieurs raisons que nous exposerons dans ce texte.

Il est important de mentionner que le conflit israélo-palestinien est très complexe, à la fois dans son histoire et dans ses implications. Nous ne pouvons pas couvrir ici tous les détails passés et présents, nous nous concentrerons seulement sur les enjeux les plus directs concernant les efforts des femmes pour avancer dans la voie d’une résolution du conflit.

Les femmes palestiniennes souffrent d’une double oppression, en premier lieu en tant que femmes vivant dans une société patriarcale (la société palestinienne), et deuxièmement en tant que composante du peuple palestinien opprimé par Israël. D’après cette distinction, nous avons divisé le texte en deux parties :

Les relations palestino-israéliennes

Le cas du conflit palestino-israélien est un cas de confrontation avec un ennemi extérieur, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas du combat d’une nation unie contre le régime, ou entre groupes ethniques ou religieux d’une même nation, il s’agit d’une lutte entre un occupant, arrivé il y a cinquante ans en Palestine, et des occupés, dans laquelle la balance penche manifestement en faveur de l’occupant (de manière similaire à l’ancienne situation en Afrique du Sud). L’occupant est beaucoup plus puissant, économiquement, politiquement, et sous l’aspect du soutien international. L’essence du conflit concerne les droits humains et nationaux essentiels de base. Les Palestiniens sont privés du droit à l’autodétermination, nos terres sont prises par la force et nous sommes devenus une nation fragmentée entre les réfugiés, la diaspora, les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, et les Palestiniens citoyens d’Israël.

Par conséquent le conflit ne doit pas être réduit au problème de la coexistence. Nous ne pouvons pas parler de coexistence quand l’existence du peuple palestinien reste un point d’interrogation. Nos efforts devraient se concentrer sur le droit du peuple palestinien à revenir dans sa patrie et avec la liberté de s’organiser comme une nation en tant que telle avec toutes ses prérogatives.

Cela est important pour notre sujet : femmes et paix, parce que les activités mutuelles avec les femmes israéliennes visaient et visent principalement à assurer la sécurité des Israéliens et à donner un minimum d’autonomie aux Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza, en d’autres termes, à la ségrégation.

Le deuxième problème est que l’approche de femmes israéliennes est souvent élitiste, elles représentent en un sens une ’culture supérieure’ : en fait, la relation entre Israéliennes et Palestiniennes reproduit le modèle du rapport officiel et officieux entre Israéliens et Palestiniens, résultat de l’hégémonie culturelle de l’Occident dans la société israélienne.

L’absence d’un effort mutuel systématique entre les femmes, en général, a aussi contribué à ce manque de résultats, les différentes actions restant éparpillées et pas nécessairement continues.

Voilà donc les raisons en bref, en ce qui concerne le rapport palestino-israélien, qui selon nous ont entraîné une incapacité à atteindre une influence assez significative pour changer la réalité du conflit.

Les femmes palestiniennes dans la société palestinienne

Depuis l’établissement de l’Etat d’Israël, les Palestiniens ont donné la priorité à la lutte nationale, et donc la question des femmes a été négligée. Dans les lignes qui suivent nous essayons de présenter quelques-unes des conséquences de cette négligence :

- Conséquence de la partition du peuple palestinien, il existe en fait deux catégories (quand on parle des relations avec les Israëliens): les Palestiniens citoyens d’Israël et les Palestiniens des territoires occupés. Ces positions différentes se sont traduites par des besoins et des aspirations différentes. Donc quand il y a une conférence de femmes ou une rencontre pour la paix il y a trois parties : les Israéliens, les Palestiniens citoyens d’Israël (souvent considérés comme Israéliens)et les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. Le pire est qu’il n’y a aucune coordination entre les deux parties palestiniennes, et d’expérience personnelle, nous détestons ces situations car elles contribuent à réduire le problème à la coexistence et à une misérable autonomie, ainsi que nous l’avons déjà mentionné.

- A l’intérieur de la société palestinienne, aussi bien en Israël qu’en Cisjordanie, les femmes sont des inférieures et souffrent de discrimination à plusieurs niveaux, tels que la liberté de mouvement, d’éducation, de choisir leurs maris, etc. Le résultat est que, ainsi que certaines personnes le clament, les femmes actives politiquement sont l’élite intellectuelle, et qu’elles sont souvent détachées de la majorité des femmes, par exemple les groupes religieux de femmes, qui sont exclus du domaine de l’action féminine.

- Du fait de l’éducation patriarcale, les femmes palestiniennes ont intériorisé des valeurs masculines - par exemple, quand les femmes actives font partie d’un parti politique, elles donnent souvent la priorité à l’affiliation politique sur la coopération entre femmes et adoptent les mêmes modèles de conflits de pouvoir. Dans ce contexte, le besoin d’intérioriser les valeurs féministes se fait sérieusement ressentir pour les femmes elles-mêmes.

Les femmes palestiniennes ne sont pas suffisamment actives dans les sphères politique, sociale et économique, par suite de l’ordre patriarcal dans la société palestinienne, et notre influence est donc négligeable.

Mots-clés

femme, accès des femmes à la politique, éducation à la paix, peuple sans Etat


, Israël, Palestine

Commentaire

Suggestions pour aider les femmes palestiniennes

1. Encourager l’initiative de femmes palestiniennes à travers des cours, des stages et une assistance technique, etc., afin, entre autres, de devenir de vrais partenaires dans la sphère politique.

2. Promouvoir des programmes qui encouragent et construisent la solidarité et la coopération entres femmes.

3. Rendre possible des rencontres palestino-palestiniennes, incluant des femmes palestiniennes réfugiées dans les pays arabes et des femmes de la diaspora, afin de coordonner des positions, des objectifs et des stratégies mutuelles en vue d’une coopération avec des Israéliennes sur les enjeux de la paix.

4. Aider les femmes palestiniennes à constituer leur programme de coopération et d’activités avec les femmes Israéliennes. Un programme qui est souvent fait par les Israéliens ou par les donateurs occidentaux.

Notes

Ce texte est une contribution au travail mené par le chantier Yin Yang (masculin-féminin)de l’Alliance pour un monde responsable et solidaire en marge de la Conférence internationale pour la Paix de La Haye (mai 1999)sur le thème ’femmes et paix’. Fiche originale en anglais. Contacts : Hoda Rouhana. E-mail : wluml@mnet.fr. - Rim Natour. E-mail : rimrich@wanadoo.fr.

Source

Texte original

Chantier Yin Yang - Contact : Nadia-Leïla Aïssaoui - Tel + 33 1 49 60 14 29 - - nadialeila (@) hotmail.com

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