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Profils et multiples rôles de trois responsables paysans au Sénégal

Sara DIOUF, Malick SOW, Ndeye SARR

10 / 2001

1. Sara Diouf (Sénégal : Fissel, Secrétaire Général de l’association Jig-Jam) :

" Vers les années 85, lorsque je suis revenu au village (auparavant j’étais, comme tant d’autres, élève dans des établissements scolaires extérieurs au milieu) je suis devenu animateur paysan. Je suis natif de la communauté rurale de Fissel, département de Mbour, région de Thiès. Je suis issu d’une famille paysanne, tous mes parents, frères et soeurs sont paysans. J’ai mon exploitation et également du bétail. Je suis paysan. Je vais dans les champs quand je dispose de temps, mais très souvent je m’occupe d’autres responsabilités : comme secrétaire général, je m’occupe de l’administration de Jig-Jam mais également d’autres choses; je suis aujourd’hui coordinateur de la Commission de Coordination des Acteurs de Développement (CAD) dans l’arrondissement de Fissel. Je suis membre d’un collectif départemental des animateurs en développement local, et coordinateur régional de la FONGS au niveau de la région de Thiès. Cela laisse peu de temps pour m’occuper d’autre chose. Mais néanmoins, quand j’arrive à m’échapper, je vais rejoindre mes frères au champ.

2. Malick Sow (Sénégal : Louga, S.G. de la FAPAL (Fédération des Associations Paysannes de Louga) :

" Je suis né à Louga et je suis éleveur de profession. Je suis issu de famille d’éleveurs mais ma scolarisation m’avait éloigné des réalités du monde rural. Je suis "militant du développement" depuis 1987. Après avoir cessé mes études en 1974, j’ai eu à travailler dans des structures du développement comme la Coopération, l’ONCAD (Office National de Commercialisation et d’Appui au Développement), l’ISRA (Institut Sénégalais de Recherche Agronomique). C’est avec elles que j’ai pu intégrer le milieu, en découvrir ses réalités et l’aimer. C’est pour cela que j’ai décidé d’embrasser la carrière de "militant du développement". Je suis revenu au village à M’Backou. J’ai pris contact avec les initiateurs de la FAPAL (qui s’était créée en 1987). Et je suis venu pour représenter mon groupement, en tant que responsable, à leurs rencontres. J’y ai fait la connaissance des leaders de la FAPAL qui m’ont porté, dans un premier temps, à la tête de leur commission formation. En 1990, je suis devenu Secrétaire Général de FAPAL.

J’ai d’autres engagements dans le mouvement paysan. La FAPAL est membre de la FONGS (Fédération des ONG sénégalaises) depuis 1990 et avec sa décentralisation en 1995, je suis aujourd’hui le coordinateur régional de la FONGS-Louga. Dans le Mouvement des Eleveurs, je suis responsable de la commission "animal-bétail". Il y a d’autres structures dans la région, comme le CNCR (Comité National des Communautés Rurales) et d’autres organisations paysannes, de type particulier, dans lesquelles je suis membre. Mais là, je refuse de prendre des responsabilités pour éviter un cumul qui pourrait porter préjudice à mes activités de responsable-coordinateur ou de secrétaire général de la FAPAL. Mais je milite dans d’autres associations qui ne sont affiliées ni à la FAPAL ni à la FONGS.

3. Madame Ndeye Sarr (Sénégal : Ronkh, Amicale Socio-Economique Sportive et Culturelle des Agriculteurs du Walo, ASESCAW) :

"De 1971, époque où j’ai quitté les bancs, à 1984, j’étais "femme au foyer". J’étais chez mon mari, je gérais les activités de la maison, comme toutes les autres femmes du village. A l’époque, mon mari était un jeune instituteur qui était à Dakar et venait juste d’être embauché par la fonction publique. Au moment de la sécheresse, en 1973, il a eu l’idée de revenir au village et il a animé le Foyer des jeunes. Quand je suis rentrée de mes études, on a créé le groupement de la promotion féminine dont j’ai été élue présidente. Il y avait la section féminine du foyer mais il y avait aussi d’autres organisations dans le village : les organisations que l’on appelait les Comités, c’était pour la politique ; et aussi des associations de religion. On a travaillé avec le Foyer des jeunes qui était très dynamique à l’époque et qui a aussitôt salué l’implication des femmes dans ce mouvement. Lorsqu’on a créé l’Amicale du Walo, on était conscient du rôle de la femme dans le développement. Les femmes de l’Amicale réclamaient leur part parce que jusqu’alors elles n’étaient pas impliquées. C’est là qu’on a créé la Commission de la promotion féminine de l’Amicale que j’ai eue à diriger pendant des années. L’Amicale du Walo est membre fondateur de la FONGS (Fédération des ONG du Sénégal) où il y a surtout des associations paysannes. Et là, c’est par la concertation et le consensus et avec le collectif des présidents d’associations qu’on est arrivé à faire accepter qu’une femme soit présidente de la FONGS. On avait bien appliqué cela, du sommet à la base. Je suis présidente depuis 1994."

Mots-clés

organisation paysanne, développement rural, femme, leader


, Sénégal, Fissel, Louga, Ross-Bethio

Commentaire

Ces trois profils de dirigeants d’associations paysannes au Sénégal montrent combien ils et elles sont occupés par ces rôles bénévoles et combien le poids de plusieurs responsabilités exercées à différents niveaux pèse sur leurs épaules.

Notes

Voir fiches GRAD n° 75 à 85 concernant la naissance et les actions de la FAPAL. Voir aussi les fiches GRAD n° 87 à 98 concernant Jig-Jam. Ainsi que les fiches 410 à 418 tirées du même interview de Mme Ndeye Sarr.

Fiches DPH : 7.329 à 7.336 (sur les actions de la FONGS); 7.256 (concernant la FAPAL); 7.201 , 7.202, 7.440, 7.499, 7.501 (concernant Jig-Jam).

Source

Entretien

BENOIT, Séverine

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - France - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

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