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Le développement n’est ni une course de vitesse ni un changement en vase clos

Vision du développement par le Secrétaire Général de l’association FAPAL (Louga, Sénégal)

Malick SOW, Benoît LECOMTE

02 / 1998

Malick Sow, Secrétaire Général de la FAPAL (Fédération des Associations Paysannes de Louga) exprime la vision du développement de sa fédération :

"Nous disons que le développement n’est pas une course de vitesse; c’est un long processus, un long cheminement. Et nous l’assimilons encore à un caméléon dont la marche est lente et changeante. Il a l’habitude de changer de couleurs pendant telle ou telle période. C’est cela aussi le développement. Il y a des paramètres que nous ne maîtrisons pas, que nous ne pouvons pas accélérer pour que ce développement se réalise du jour au lendemain. Des gens disent que le monde est devenu un village planétaire, des mutations s’opèrent à une vitesse inexorable, il faut donc aller avec tout ce que cela suppose de compréhension mutuelle, de changements de méthodes, de gestion, de mentalité, d’adaptation et surtout de conséquences. Pour être un militant du développement, il faut être patient. Chez nous les Peuhls, on dit que "celui qui ne peut pas supporter la fumée ne pourra jamais avoir du charbon". C’est cela aussi le développement. Il faut être patient, tolérant pour qu’au bout on puisse récolter les fruits de ce que nous ambitionnons. Mais si on veut faire du développement une course de vitesse ou bien si nous voulons réaliser ce développement seulement en vase clos dans des conditions "micro", je crois que nous n’irons nulle part.

Ce que je veux dire par "en vase clos", c’est que nous intervenons dans nos localités mais que nous sommes en contact avec d’autres acteurs. Nous devons nous intéresser, en tant qu’organisation intervenant dans la région de Louga, à ce qui se passe dans les autres régions du Sénégal. Nous devons nous intéresser aussi à ce qui se passe à travers le monde. Car ce que nous faisons, c’est notre vécu quotidien. Nous sommes dans des productions céréalières, laitières, maraîchères. Nous comptons sur elles pour pouvoir vivre, alors non seulement nous devons produire suffisamment, en consommer une part mais aussi en écouler l’autre partie. C’est au niveau de cet écoulement que, dans le contexte mondial, il y a des choses qui se passent que nous devons maîtriser pour qu’on ne soit pas enfermé par des intermédiaires situés entre nous et le marché international".

Mots-clés

organisation paysanne, marché mondial, production, stratégie de développement, développement local


, Sénégal, Louga

Commentaire

Qu’est-ce que le développement selon le secrétaire général d’une fédération paysanne sénégalaise ? "Ce n’est pas une course de vitesse". Pour être un militant du développement, il faut être patient et proche du caméléon. Cependant "le monde est devenu un village planétaire et les mutations s’y opèrent à une vitesse inexorable". Comment faire pour s’adapter à cette situation ? Comment faire pour ne pas être enfermé par les structures intermédiaires entre les producteurs et le marché mondial ? En deux métaphores, nous trouvons là une définition explicite du développement. Rien ne se fera vite, sans efforts et sans sacrifices. Il faut entrer sur le marché international de la production agricole sans se laisser dominer.

Notes

Voir les fiches extraites du même entretien n° GRAD : 075 à 85 et 88. Voir fiche DPH n° 7 256 (correspondant n° GRAD : 82)

Entretien avec SOW, Malick réalisé en décembre 1997 à Thiès (Sénégal).

Source

Entretien

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - France - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

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