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Les rapports entre l’association locale Jig-Jam et de ses groupements de base et le rôle de l’aide extérieure (Fissel, Sénégal)

Khady SENE, Séverine BENOIT

05 / 2001

Khady SENE, responsable de la promotion féminine à Jig-Jam :

a/ Organisation de l’appui au sein de Jig-Jam.

"Si c’est un groupement de femmes membre de Jig-Jam, il est appuyé comme tous les autres groupements par Jig-Jam. Jig-Jam recense tous les problèmes des groupements, les analyse avec les populations pour arriver à sortir des solutions. Et les solutions vont définir les sortes d’activités à faire pour lutter contre ces problèmes. Alors Jig-Jam élabore son programme, qui sera un programme global pour tous les groupements qui adhèrent à l’association. Ensuite, il soumet le programme aux partenaires qui réagissent.

Jig-Jam a fait des instances de décentralisation dans l’association. Il y a un bureau, il y a aussi des commissions techniques, et il y a des coordinations de zones. Une fois que l’appui arrive, Jig-Jam programme par coordinations. Chaque coordination doit voter par rapport à son nombre de membres. A chacun, on verse des fonds par rapport à son nombre de membres. Et c’est aux coordinations de programmer chaque activité. On leur donne l’argent et ils vont au niveau des groupement pour les doter de cet argent. Jig-Jam appuie les groupements et ce sont les groupements qui appuient les membres parce que le groupement maîtrise bien les membres, alors que Jig-Jam maîtrise seulement les groupements.

Dans le temps, Jig-Jam appuyait le groupement à travers son président, mais maintenant il appuie la caisse du groupement. C’est au conseil d’administration de la caisse de voir où on va loger cet argent, dans quels volets : embouche, bergerie, petit commerce, et d’autres volets. Quand le conseil a défini où va l’argent, les bénéficiaires savent qu’il y a telle ligne de crédit qui est dans la caisse. Chacun doit faire sa demande par rapport à cette ligne de crédit."

b/ Conseils à ceux qui veulent nous aider.

"A une ONG qui veut appuyer les femmes, je peux lui dire qu’il faut qu’elle prenne en compte les problèmes comme l’alphabétisation et l’entreprenariat rural. Cela peut être une entreprise de transformation des produits locaux., des boutiques gérées par les femmes, des projets d’élevage.

Il y a aussi un volet qui me semble très important dans l’appui des femmes, c’est la petite enfance. Les petits enfants de 2 à 6 ans, qui n’ont pas l’âge d’aller à l’école, si tu les prends tôt dans des garderies d’enfants, tu peux leur apprendre à lire et à écrire, tu peux t’occuper de lutter contre la malnutrition, les problèmes de santé et en même temps tu les prépares à rentrer à l’école. Ce serait des classes communautaires. Cela existe déjà, on a commencé cette année, pour essayer de voir les résultats.

Il faudrait aussi un appui à l’animation de base, apprendre aux femmes responsables à faire de l’animation. Ou motiver (par indemnités), et les appuyer à avoir quelque chose tel qu’un véhicule pour pouvoir toucher les différentes femmes. Si je prends mon exemple, je veux bien aller dans des villages qui sont à 12 ou 13 km et qui font partie de la collectivité, mais je ne peux pas y aller parce que je n’ai pas de moyen. Donc, pour appuyer à la sensibilisation, il faut intervenir en dotant les femmes, ou bien la responsable, de moyens de se déplacer pour faire son travail. C’est mieux si l’ONG appuie les responsables des achats de l’association plutôt que d’aller directement elle-même dans les villages faire de l’animation.

Il y a des ONG qui sont loin de Fissel. Pour faire venir ici leur animatrice c’est difficile, alors il vaut mieux qu’elles donnent des fonds pour les femmes qui sont sur place et qui peuvent le faire. Il faut appuyer les responsables locales qui sont là. Les femmes rurales qui ne peuvent pas parler ni français ni d’autres langues c’est difficile de parler avec elles, alors c’est plus facile pour nous qui sommes nées là.

Enfin, il y a aussi les médias qui sont là, mais pour faire passer ton programme, tu dois ouvrir un temps d’antenne, tu dois payer les émissions que tu veux faire à la radio. Ce paiement-là, tu vas identifier tant de minutes pour tant de jours dans le mois, et si le partenaire peut financer ce montant, cela sera un appui aux femmes. Parce que ce sera plus facile pour celles qui doivent venir à la radio parler à toutes les femmes. Et cela peut animer au-delà de Fissel."

Mots-clés

organisation paysanne, gestion d’entreprise, planification, partenariat, financement, femme, structure d’appui, santé


, Sénégal, Fissel

Commentaire

Une paysanne animatrice décrit comment son association s’y prend pour recenser les problèmes et les initiatives des groupements qui sont ses membres et planifier les appuis. Et puis elle précise le contenu des aides qu’elle souhaiterait voir fournies par des organismes d’appui à travers l’organisation mise en place par l’association.

Notes

Jig-Jam est une association innovante et la place des femmes y est importante. On dispose aussi sur son action des interviews (et des fiches DPH 7.201; 7.202; 7.440; 7.481; 7.499; 7.501.) de son secrétaire M. Sara DIOUF et des fiches GRAD 489 et 490 extraites du même interview

Entretien avec SENE, Khady, réalisé à Fissel en février 2001.

Source

Entretien

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - France - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

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