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Les groupements sont-ils moins dynamiques que les familles ? (Sédhiou, Sénégal)

Le point de vue d’un dirigeant d’association (FORAGE)

Tamba YANCOUBA, Benoît LECOMTE

05 / 1998

Tamba YANCOUBA, directeur exécutif de FORAGE (Fédération des Organisations Rurales pour l’Agriculture et la Gestion Ecologique) exprime ceci :

"Une grande partie de mon travail est de sensibiliser les membres de FORAGE pour qu’ils ne soient pas tentés d’aller là où l’argent est facile. Aujourd’hui, on fait la sensibilisation des familles et non plus seulement des individus. Il est difficile de rentabiliser les groupements qui existent au niveau de chaque village. Il n’y a jamais eu d’action ou d’activité qui peut faire bénéficier 100 personnes du même village. Pas un groupement n’a réussi à faire bénéficier tout le village. La philosophie actuelle est que l’aide doit passer par les familles pour permettre l’autonomie financière de chaque famille et le regroupement dans un ensemble villageois pour créer la caution solidaire du village.

Les groupements se méfient des grands ensembles. La philosophie est d’essayer de créer des entreprises au niveau des familles pour créer une union au niveau du village (caution solidaire). Cela permet l’autonomie et l’autosuffisance alimentaire.

J’ai longtemps travaillé au niveau des groupements. Récemment est née l’idée de travailler avec les familles, suite à un constat fait depuis 1980 : on régresse au lieu de progresser. Le travail collectif est mal perçu, les champs individuels sont mieux entretenus que les champs collectifs. C’est une question de responsabilité. Les gens traînent pour participer : retards, absences... Au fil du temps il y a de moins en moins de monde. Après la récolte, des minorités prennent la récolte : mauvais suivi. Avec les familles, il y a plus de responsabilité. L’union des familles fait un groupe. Les bailleurs ont eu un rôle à jouer sur la mise en avant des groupements. Les bailleurs de fonds ne veulent financer que pour les groupements d’intérêt économique (GIE). Aucun groupe n’a de gestion saine. L’union fait la force, mais pas toujours car il existe des possibilités de rivalités qui peuvent entraîner une dislocation. Le problème des ethnies est réel.

A FORAGE, il y a toutes les ethnies, ce qui pose parfois des problèmes. Au conseil d’administration il y a seulement des Diola, cela entraîne une méfiance des autres membres. Au début FORAGE a démarré avec les cotisations. L’aide est juste une aide pour renforcer nos acquis. FORAGE recherche un financement pour des OCPR, c’est à dire "l’Organisation des Carrés de Producteurs Ruraux". Elles sont responsables des familles dans le cadre de la production. On veut relancer la production de céréales et d’oléagineux pour rentabiliser l’économie locale."

Mots-clés

organisation paysanne, famille, évaluation, développement local


, Sénégal, Sédhiou

Commentaire

Ce texte, malgré sa brièveté, montre bien l’usure qui gangrène aujourd’hui tant de groupements paysans. Peu à peu, leurs membres n’ont plus d’intérêt pour les activités collectives. Alors, est-ce le retour vers le groupement fondamental : la grande famille ? Ce n’est pas si sûr puisque notre interlocuteur signale l’organisation (sibylline) de "Carrés de producteurs ruraux". La fondation FORAGE nous réserve-t-elle des innovations ? En tous les cas, son directeur général fait montre de trois vertus : il regarde, il évalue, il doute.

Notes

Entretien avec YANCOUBA, Tamba, réalisé en décembre 1997.

Source

Entretien

LECOMTE, Benoît

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - France - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

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