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Projet touristique basé sur la communauté en Albanie

La formation comme point de départ

Lily SIRIVONG

07 / 2001

Dans la région de Durres, situé en Albanie, un projet touristique a été élaboré. Son démarrage à eu lieu le 1er juillet 2001. Le marché touristique de la région était jusqu’à présent concentré en un groupe d’hôtels privatisés. Durant la guerre du Kosovo, Durres a accueilli quelque cent mille réfugiés. Après la crise, ces derniers sont retournés dans la région pendant l’été, en tant que touristes. Pour faire face à cette nouvelle clientèle, une amélioration des conditions de vie générales s’imposait. Les résidents de la plage de Durres et des villages alentours se sont alors impliqués dans le développement de l’hébergement chez l’habitant qui s’est retrouvé en concurrence avec les hôtels privés. De plus le gouvernement albanais ne prévoyait aucun plan de construction d’infrastructures tels que de grands hôtels, ce qui a laissé le champ libre aux villas et appartements privés. Cette activité est encore mal orientée et trahit un manque de qualifications et d’expérience de la part des résidents en particulier les femmes et les jeunes. Cette lacune les empêche de s’adapter à un marché du travail actuellement très changeant. L’organisation non gouvernementale "Care International" s’est associée avec une ONG locale, "Women, Time and Economy" pour attribuer une aide à celles et ceux qui en avaient besoin, particulièrement les femmes au chômage, celles qui tiennent un foyer et les jeunes. Elle consiste à proposer une formation afin qu’ils puissent gérer correctement l’accueil de touristes. Le gouvernement n’a pas encore mis au point de projet pour développer cette activité, mais s’est engagée à soutenir toute initiative des ONG. La réaction est également positive du côté des bénéficiaires de l’aide. Elle s’est manifestée par le soin tout particulier qu’ils ont apporté à l’hygiène, la propreté des lieux où vont séjourner les touristes. Cependant, il manque encore des compétences en matière de gestion, de communication avec les clients qui les empêchent de devenir des acteurs réellement important du tourisme.

Le projet comprend deux parties, une pour le court terme, l’autre pour le long terme. Pour mener à bien le projet à court terme, plusieurs étapes ont été définies. La formation des bénéficiaires de l’aide va durer en tout six mois. Le plan d’application va d’abord commencer par le recrutement du personnel chargé de la formation. Le nombre de formateurs n’est pas limité. Viendra ensuite le lancement d’une campagne de sensibilisation et d’information à destination des bénéficiaires de l’aide. Cette campagne aura pour but d’exposer les objectifs du projet. A cet effet, des brochures seront distribuées, des entretiens auront lieu, on procédera à la sélection des bénéficiaires de la formation. Les formateurs recrutés viendront de la Chambre de Commerce de Durres ou de l’Université de Korca. Ils prépareront le matériel et planifieront le programme de formation sur 90 jours. Ce programme comprendra des études de cas, des groupes de discussion, du "remue-méninge", des jeux de rôles, des exercices pratiques, entre autres. Le but est d’enseigner les connaissances managériales en général et les connaissances concernant le tourisme en habitat privé en particulier.

L’objectif du projet à long terme est que cette formation et ce type de tourisme (auquel on a donné le nom de Community-based Ecotourism - Ecotourisme basé sur la communauté) profitent également à d’autres personnes dans d’autres régions du pays. Ses principes sont les suivants :

Il suppose que les communautés prennent soin de leurs ressources naturelles, culturelles et traditionnelles afin de pouvoir en tirer des revenus.

Les personnes ayant bénéficié d’une formation sur le tourisme en habitat privé doivent être impliquées dans chaque aspect de ce tourisme. Elles devront être capables de prendre des décisions en tenant compte des réalités de l’industrie touristique en général, des bénéfices qui pourront en être tirés.

Il doit résulter de ce tourisme, une concurrence plus juste dans ce secteur, une croissance économique de la région, une redistribution des revenus, une amélioration du bien-être des habitants, et une meilleure protection environnementale.

Une part des revenus générés servira à alimenter un fonds destiné à financer l’application du programme dans d’autres zones du pays.

Les ONG ont plusieurs attentes face à ce projet. Ils désirent nouer un véritable partenariat entre les bénéficiaires et le gouvernement local afin qu’ils collaborent si ce dernier avait l’intention de monter une politique en faveur de ce nouveau segment du marché du tourisme.

Les ONG espèrent aussi par ce projet opérer un changement dans les mentalités. Augmenter la participation des femmes et des jeunes dans le domaine de l’entreprise en Albanie leur permettra sûrement d’augmenter leur statut économique, de changer l’image qu’ils ont d’eux même dans la société et de renforcer leur position sociale et familiale.

Si ce projet en Albanie a démarré tout récemment, il y a de fortes chances pour qu’il donne de bons résultats, ne serait ce que parce que la population locale est réellement impliquée dans le tourisme de leur pays, mais aussi, parce que les ONG ont élaboré tout un programme pour la former et la renseigner sur les exigences du marché.

Mots-clés

tourisme solidaire, formation, organisation populaire, participation des habitants, développement local


, Albanie, Durrës

Notes

Contact : Stephan Gwynne-Vaughan, Care International in Albania, Rr Durresit, nr 1, Tirane, Albanie. (Tél : 04/ 234 830 - Fax : 04 /227 966)

Source

Texte original

CDTM (Centre de Documentation Tiers Monde de Paris) - 20 rue Rochechouart, 75009 Paris, FRANCE - Tel. 33/(0)1 42 82 07 51 - France - www.cdtm75.org - cdtmparis (@) ritimo.org

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