español   français   english   português

dph participe à la coredem
fr.coredem.info

rechercher
...
dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Une alternative au processus de libéralisation économique dans le bassin méditerranéen

Le réseau alternatif informel MedBadil a pour but de permettre une nouvelle réflexion sur les conséquences de l’ouverture des économies méditerranéennes

Djeneba OUADEBA

03 / 2002

Jean-Luc Cipière, fondateur d’Attac (Action pour la taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens), né au Maroc d’une mère moyen-orientale, s’est toujours intéressé au Maghreb, au Machrek et à l’Europe du Sud. Aujourd’hui, il s’investit dans un réseau informel d’échanges d’idées et de réflexions qui porte sur cette région du monde : le réseau MedBadil (en arabe, "réseau informel"), né en 2000 à Marseille, à la suite d’une réunion euro-méditerranéenne portant sur de nouveaux accords de libéralisation entre l’Europe et les pays du Maghreb. MedBadil regroupe le Liban, l’Egypte, le Maroc, l’Espagne, et vise à lutter contre la politique systématique de "néolibéralisme" dans le bassin méditerranéen. Ses participants sont des militants d’Attac, mais aussi de différentes organisations aux préoccupations similaires.

Le Processus de Barcelone, qui réunit les dirigeants européens et du bassin méditerranéen tous les ans ou tous les deux ans, a permis de mettre en place les accords euro-méditerranéens, qui visent à ouvrir les frontières commerciales du Maghreb. Jean-Luc Cipière est convaincu que le libre-échange dans cette zone n’est pas la solution aux problèmes et ne peut conduire à des répartitions équitables de la richesse pour les peuples concernés. Pour commencer, selon lui, il faut observer de plus près le contexte des pays méditerranéens. Et en premier lieu, se préoccuper du niveau de démocratisation des pays, du droit d’expression et de réunion des populations, des conditions matérielles qui leur permettraient de travailler à la construction d’alternatives. Les militants de MedBadil échangent leurs expériences afin de pouvoir mesurer les différents impacts des accords euro-méditerranéens sur leurs pays. Ils ont ainsi réfléchi, par exemple, aux conséquences des privatisations en Tunisie. Puisque les autorités locales n’acceptent pas d’évaluer les politiques mises en place, MedBadil dresse lui-même des bilans. Première observation : le partenariat issu du Processus de Barcelone a conduit à des politiques d’ajustements structurels, et à des mesures contraignant les Etats méditerranéens à abaisser leurs barrières douanières. Ceci a entraîné une perte de recette budgétaire, compensée par une augmentation de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) dans le Maghreb et le Machrek. Cette augmentation a alourdi le budget consommation des ménages et appauvri les faibles revenus. On voit là les implications de ce partenariat du point de vue économique, politique, social et humain. Deuxième observation : la situation politique de la zone méditerranéenne est problématique. Rien ne pourra se faire sans que des conditions de paix et de sécurité soient créées, notamment en Palestine. Troisième observation : les difficultés d’immigration en Europe sont un frein au développement. Il est vital que les populations des pays en développement puissent venir librement en Europe afin de pouvoir échanger leurs expériences, étudier ou travailler.

Mots-clés

réseau de citoyens, résistance au changement, commerce international, conséquences de la mondialisation, association, libéralisme, mondialisation, intégration régionale


, Bassin Méditerranéen, Espagne, Europe, France, Maghreb, Maroc

Commentaire

Le processus de libéralisation de l’économie du bassin méditerranéen fait partie du mouvement mondial d’ouverture des frontières. Il est caractéristique de noter que, là encore, il se fait contre l’avis des populations. Rarement consultée sur le sujet, la société civile se mobilise pourtant afin de freiner de tels processus. En 1998, l’AMI (accord multilatéral sur l’investissement), qui prévoyait que les Etats s’engageaient à livrer sans aucune condition les actifs nationaux à n’importe quel investisseur, n’a jamais vu le jour sous la pression des mouvements associatifs. Preuve que la lutte du "pot de terre contre le pot de fer" peut faire évoluer les choses. Comme le souligne Jean-Luc Cipière, c’est "à coup d’utopie que le monde avance".

Notes

Fiche réalisée lors de la rencontre internationale "Dialogues pour la Terre", à Lyon, du 21 au 23 février 2002. Entretien avec Jean-Luc Cipière.

Entretien avec CIPIERE, Jean-Luc, Attac Rhône - 44 rue Saint-Georges, 69005 Lyon, France - Tel 04 78 37 13 09 - nota.bene@accesinternet.com

Source

Entretien

contact plan du site mentions légales