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Petits domiciles communautaires à Liverpool

Robin CURRIE

06 / 2000

PSS est une association de services aux personnes qui a notamment développé des actions en direction des personnes âgées et handicapées. Son directeur, Robin Currie, présente une formule de petits domiciles partagés qui permet à des personnes d’une même communauté (1) de demeurer ensemble et dans leur environnement le plus longtemps possible.

La plupart des vieilles personnes encore indépendantes espèrent fermement qu’elles ne finiront pas en institutions ni dans des résidences spécialisées. Elles trouvent que ces lieux sont trop rigides et les isolent, qu’elles y perdent progressivement leur autonomie et leur individualité. L’effet est amplifié pour les vieux de minorités ethniques car leur culture et leur langue sont différentes de celle des résidents et du personnel.

Ville portuaire ancienne, Liverpool a accueilli de nombreuses générations de marins venus du monde entier et leurs familles. Il en résulte un riche mélange de races et de cultures différentes, avec des communautés de taille conséquente issues des Caraïbes, de différentes parties de l’Afrique, du sous-continent Indien et de la Chine, de divers pays européens, notamment l’Irlande. Nombre de ces communautés sont restées très liées conservant leurs traditions culturelles, leur religion et leur langue.

PSS est une organisation à but non lucratif qui s’est forgée une renommée internationale pour son travail innovant. Sa base principale reste à Liverpool même si elle travaille dans d’autres parties du Royaume-Uni.

Comme la plupart des vieilles gens préfèrent ne pas finir leurs jours dans des institutions, PSS a développé une série de réponses alternatives, dont les petits domiciles communautaires : trois personnes vivent ensemble et partagent une maison dans leur quartier. Les maisons sont situées au hasard dans différents quartiers de Liverpool, elles ne se différencient pas des autres maisons de la rue et n’ont aucun signe ni nom distinctif. Comme d’autres personnes qui vivent là, les vieux font partie de la communauté, utilisent les services de proximité et sont considérés comme n’importe quel voisin.

Dans chaque maison les trois colocataires s’entraident. L’aide extérieure est fournie selon leurs besoins. Dans certaines maisons ce sera 24 heures sur 24 ; ce type d’aide est particulièrement approprié pour des personnes ayant des problèmes de santé mentale qui, sans cela, se retrouveraient en établissement. Dans d’autres maisons, on aura trois heures d’aide par jour, ce qui permet aux résidents de vivre à mi-chemin entre l’indépendance totale et la maison de retraite.

Dans tous les cas les aidants impliquent autant que possible les personnes dans les tâches domestiques ; elles aident à prévoir les repas, font les courses, participent au ménage et autres tâches. Les aidants veillent à encourager et à aider les personnes à mener des vies normales, ils ne font pas les choses à leur place.

La souplesse des petits domiciles communautaires de PSS les rend particulièrement adaptés pour les vieilles personnes issues de minorités ethniques, pour qui, nous l’avons dit, la vie dans un grand établissement est source de difficulté et d’isolement. Par exemple, trois vieux Somaliens vivent ensemble dans une maison. Celle-ci est à côté de la mosquée, et une salle de prière a été prévue pour les cas où ils seraient trop malades pour sortir. Ils sont aidés par un professionnel somalien qui chaque jour vient les voir et leur prépare les repas somaliens : il parle leur langue, connaît leur religion et leurs coutumes.

Mots-clés

personne âgée, logement social, habitat, minorité ethnique, lutte contre l’exclusion, service de proximité, association


, Royaume-Uni, Liverpool

Commentaire

Les petits domiciles communautaires offrent une alternative au dilemme posé quand il s’agit d’aider à rester dans leur milieu de vie des personnes âgées trop fragiles ou malades pour vivre seules. Le modèle permet une grande souplesse, et est conçu pour s’adapter aux besoins des personnes au lieu de leur demander de s’adapter aux services existants. Cette est une solution de plus pour ceux qui ne souhaitent pas vivre dans des grandes résidences. L’intégration dans la communauté se fait en utilisant des maisons ordinaires dans des rues ordinaires avec un accès total aux services de proximité. C’est une réponse simple qui s’est construite en discutant avec les vieux, en les écoutant et en répondant à leurs souhaits, à leurs besoins et à leurs choix. Comme le disait un de nos vieux résidents : "on gagne sur les deux tableaux, on est chez soi et on a de l’aide si besoin".

Notes

Contact : Robin CURRIE, 1 Seel Street, UK Liverpool L1 4BE - Tél. 44 151 702 5555 - Fax. 44 151 702 5566 - robin.currie@pss.org.uk

(1) Le terme de "communauté" est utilisé ici au sens habituel dans la plupart des pays anglo-saxons, germaniques, scandinaves ou latins (mais pas en France) : la population qui vit sur un territoire donné et partage un ensemble de conditions économiques, sociales, culturelles, climatiques et autres. Les communautés, au sens français du terme c’est-à-dire ethniques ou religieuses, sont toujours en anglais suivies d’un qualificatif.

Source

Personne ressource ; Articles et dossiers

CURRIE, Robin , CR¨DSU, Vieillir dans la ville et les quartiers, CR¨DSU in. Les cahiers du DSU, 2000/06 (France), n° 27

CR DSU (Centre de Ressources sur le Développement Social Urbain) - 4 rue de Narvik, BP 8054, 69351 Lyon cedex 08, FRANCE. Tél. 33 (0)4 78 77 01 43 - Fax 33 (0)4 78 77 51 79 - France - www.crdsu.org - crdsu (@) free.fr

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