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Le DACE, Dispositif d’aide à la création d’entreprises, de Saint-Priest (Rhône)

Violaine PINEL

01 / 2002

Pour répondre à la demande des habitants s’adressant à son service économique afin d’obtenir un appui à la création d’entreprise, la ville de Saint-Priest a mis en place un dispositif d’accompagnement des porteurs de projet, qu’elle cofinance avec le Grand Lyon (contrat de ville), l’État (Fonds de revitalisation économique) et l’Europe (précédent programme Pic Urban). Le cabinet Antéor a eu en charge la conception et la mise en oeuvre de ce dispositif, le Dace, qui a fonctionné ainsi de juillet 1998 à décembre 2000. Aujourd’hui le dispositif est porté par la mairie et a permis la création d’une soixantaine d’entreprises. Un modèle de mobilisation des partenaires sur un territoire, avec une implication forte de la ville.

Un ancrage territorial fort pour un public majoritairement en recherche d’emploi

Le dispositif est animé par un professionnel de l’entreprise, Patrick Buttafoghi. La première étape a consisté à se faire connaître : un document d’information a été réalisé et chaque mois le journal municipal, Couleurs, publie un article sur un créateur : "Ça permet aux gens d’identifier la personne, qu’ils connaissent souvent car elle est du même quartier, et de se dire : ’s’il l’a fait, pourquoi pas moi ? ’ 50 pour cent des gens viennent suite à ces articles", précise P. Buttafoghi. Le bouche-à-oreilles a également beaucoup fonctionné, et si le démarrage a été long, début 2000 le dispositif avait pris une grande ampleur. Il fonctionne autour d’un lieu ressources situé en rez-de-chaussée d’un immeuble de Bel Air, un quartier d’habitat social sur lequel la politique de la ville a engagé des diversifications d’usages. P. Buttafoghi y reçoit tous les porteurs de projet de la ville, sans autre critère de sélection. Au dernier comité de pilotage en mai 2001, 7 créateurs sur 12 étaient soit travailleurs handicapés soit bénéficiaires des minima sociaux (RMI ou allocation chômage). On a par ailleurs noté que 77 pour cent des créateurs sont des hommes et que, la reprise économique aidant, de plus en plus de jeunes font appel au Dace.

Un accompagnement du créateur à plusieurs niveaux

L’objectif recherché est, au-delà de l’accueil, de permettre la création d’une entreprise viable. Cela passe par l’aide au montage de projet et à la recherche de financements et de locaux ; le suivi avant et après la création juridique et l’orientation vers des spécialistes (comptable, juriste), des structures financières de prêt (banques, plateformes d’initiatives locales pour le financement, etc.).

P.Buttafoghi travaille dans certains cas avec les travailleurs sociaux, les professionnels de l’emploi et de l’insertion économique (en particulier le Plie) pour les personnes ayant besoin d’un soutien à plusieurs niveaux. Il participe ensuite à la réflexion sur le projet - tout en évitant de se substituer à la personne dans ses choix - , lui apporte des éléments de formation en matière de gestion, de culture commerciale et l’accompagne sur le terrain pour repérer les locaux, etc. Le Dace met en outre des moyens à disposition des porteurs : téléphone, photocopieur, ordinateur et imprimante, ainsi que de la documentation (fiches métiers APCE). Le suivi dure théoriquement deux ans, mais en général P. Buttafoghi reste en contact avec les créateurs plus longtemps.

Une logique de réseau

L’essentiel du travail repose sur la mobilisation des réseaux de financements et d’interconnaissances. Les organismes financeurs des projets constituent bien sûr des partenaires privilégiés : outre la ville, qui s’est fortement engagée politiquement et financièrement, la direction du travail, la Préfecture, l’ANPE, les chambres consulaires et des structures de financement comme l’Association pour le droit à l’initiative locale (Adie) et Rhône développement initiatives (RDI). Les professionnels de l’emploi et du social sont comme on l’a vu largement mobilisés, et les chambres consulaires, l’union régionale des Scop, interviennent pour donner un appui technique au montage du projet. Selon Katherine Bazouin, chargée de mission Pic Urban à la Préfecture du Rhône, le projet a su créer une conjonction d’envies de travailler ensemble, et petit à petit un dépassement des logiques sectorielles. Autre exemple, le Dace travaille régulièrement avec l’équipe du contrat de ville, qui assume un rôle de portage des dossiers de financements, d’aide à la mise en forme et de réflexion sur les évolutions du dispositif. Grâce à cette collaboration, le Dace a par exemple obtenu une subvention de la Région pour les villes ayant des projets innovants. L’OPHLM est également partenaire car il possède tous les locaux commerciaux du quartier et sait tenir compte pour établir les loyers des spécificités des "créateurs". Le Dace travaille par ailleurs avec des coopératives d’emplois : celle de Bron (Élycoop), créée il y a environ un an, et celle de Lyon (Cap Services), en orientant vers elles les porteurs qui rentrent dans leurs créneaux. Les dispositifs sont donc complémentaires.

Un dispositif couronné de succès et appelé à se multiplier

Selon les premiers éléments de bilan, depuis l’ouverture du Dace en juillet 1998, plus de 250 personnes ont été reçues, une centaine suivies et 60 entreprises créées, sachant que l’objectif de départ était de 6 entreprises par an. 47 pour cent d’entre elles sont dans le secteur du commerce, 39 pour cent dans les services et 14 pour cent dans le bâtiment et l’industrie. Plusieurs se sont développées et avaient déjà fin 2000 créé des emplois. Pour l’instant, on compte très peu de faillites, mais il est encore tôt pour faire un bilan selon P. Buttafoghi car le délai de pérennisation d’une activité est estimé à environ 5 ans. La création revient environ à 12 à 15 000 F (environ 2 000 euros), ce qui est relativement faible comparé aux coûts sociaux et aux coûts de formation si le Dace n’était pas intervenu.

Par ailleurs, un club de créateurs a été mis en place, qui leur permet d’échanger sur leurs expériences et de s’intégrer dans le milieu local, même s’ils ne disposent que de peu de moyens.

P. Buttafoghi souhaiterait à l’avenir créer un véritable centre d’(in)formation en matière de création d’activités au niveau de l’agglomération, à la fois en direction des porteurs de projet et des accompagnants. Il est en effet selon lui nécessaire d’informer les acteurs sociaux pour faciliter la détection et l’accueil des personnes désireuses de monter un projet .

L’expérience semble faire école, plusieurs villes de l’agglomération se montrant intéressées.

Mots-clés

création d’emploi, insertion professionnelle, montage de projet, formation professionnelle


, France, Rhône-Alpes, Saint Priest

Commentaire

Le succès du Dace repose sur un important accompagnement de terrain, une implication dans la vie locale et une capacité de mobilisation de tous les types de subventions, grâce à la fois à une bonne connaissance de ces dispositifs et à la mise en oeuvre de réseaux étroits. De par son efficacité et la qualité du relationnel avec l’animateur, le Dace est parvenu à rejoindre une "clientèle" de personnes en recherche d’emploi et parfois en grande difficulté.

Notes

Contact : Patrick Buttafoghi, 6 rue du 8 mai 1945, 69800 Saint-Priest, France - Tél. : 00 (33) (0)4 78 20 91 73 - Fax : 00 (33) (0)4 78 20 62 58

Source

Rapport ; Entretien

(France)

CR DSU (Centre de Ressources sur le Développement Social Urbain) - 4 rue de Narvik, BP 8054, 69351 Lyon cedex 08, FRANCE. Tél. 33 (0)4 78 77 01 43 - Fax 33 (0)4 78 77 51 79 - France - www.crdsu.org - crdsu (@) free.fr

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