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Prévention des conduites à risques. Un réseau d’adultes-relais à Valence

Violaine PINEL

02 / 2002

Pionnier en la matière, le service Hygiène santé environnement de la municipalité de Valence, dirigé par Sylvaine Boige-Faure, anime et coordonne depuis 1986 avec ses partenaires un réseau d’adultes relais (parents et professionnels) autour de la problématique des conduites à risques chez les jeunes et des réponses à y apporter. On peut citer parmi ces partenaires le Conseil communal de prévention de la délinquance, la mission locale (pour l’emploi des jeunes), l’Éducation nationale, la Direction départementale pour l’action sanitaire et sociale, le contrat de ville et bien d’autres.

Une initiative qui connaît une longévité impressionnante et qui ne cesse de s’enrichir.

Un temps fort d’entrée dans le réseau

"Renforcer les capacités d’écoute, de dialogue et d’orientation des adultes - interlocuteurs naturels des jeunes - dans le cadre de la prévention primaire des conduites à risques", tel est l’objectif du réseau d’adultes relais selon le Service hygiène et santé de la ville de Valence. Cela passe dans un premier temps par un cycle de formation de sept jours, qui, à partir de méthodes participatives, veut permettre autant une réflexion personnelle et collective sur l’adolescence, les conduites à risques, les toxiques, etc. qu’un apport de connaissances sur ces mêmes thèmes. Animé par une psychologue et riche de l’intervention d’une vingtaine de professionnels (médecins, psychiatres, sociologues, etc.), la formation est l’occasion d’un échange sur les pratiques professionnelles, et débouche in fine sur la constitution ou plutôt le raccrochage à un réseau pour que les acteurs de terrain se ressourcent et développent des actions auprès des jeunes et de leurs familles. Le réseau repose sur un principe de décloisonnement professionnel et institutionnel. 16 pour cent des participants sont bénévoles dans des associations - surtout humanitaires, chargées d’accueillir des personnes en très grande difficulté- 13 pour cent sont animateurs/formateurs, 12 pour cent sont issus de l’Éducation nationale, et l’on compte aussi des éducateurs, des assistantes sociales, des infirmières scolaires, des représentants de la police/ justice, des médecins, et même des responsables d’agences HLM, parmi les membres. La formation a été reconduite chaque année depuis 1986 (après évaluation) et dans un souci d’évolution tant de la forme que des contenus pour une meilleure adaptation à la demande. Entre 1986 et 1998, environ 400 personnes avaient suivi ce cycle de formation et composent aujourd’hui le réseau.

Des rencontres régulières et une mise en uvre dynamique d’actions de santé

Le réseau s’articule autour d’une structure : le Point relais oxygène, créé en 1988, et animé par deux psychologues, propose l’accueil et l’écoute des jeunes mais aussi des parents et professionnels en difficulté face aux problèmes psychologiques des adolescents. En 1993, s’y est ajouté l’Espace santé jeunes, service de médecine préventive destiné aux jeunes en recherche d’emploi et aux étudiants, en leur proposant les mêmes services (bilans santé, modules d’éducation, etc.). Le réseau est sans cesse alimenté par des réunions, des nouvelles actions. Il est animé de la façon suivante :

  • des rencontres mensuelles en petits groupes d’une vingtaine de personnes au Point relais oxygène, pour échanger sur des situations, thèmes variés.

  • des rencontres trimestrielles de type conférences-débats qui rassemblent 150 à 200 adultes relais, dans une optique de formation continue, avec des intervenants nationaux.

  • la réalisation par et pour les adultes relais d’un journal, "la Ficelle", relatant les témoignages et expériences de chacun.

  • le réseau est sollicité dans son ensemble chaque fois que sont organisés des temps forts ou campagnes de santé jeunes sur la ville. Par exemple, les adultes relais participent et parfois même organisent des théâtres forums au sein de leurs différents établissements (hôpitaux, collèges, maison d’arrêt, etc). Selon eux, cette idée, qui a été diffusée grâce au réseau, a permis de renouveler les approches des conduites à risques en ouvrant la possibilité pour les personnes concernées de s’interroger et d’échanger de façon communautaire et participative.

Des actions de sensibilisation ou des groupes de parole sont par ailleurs régulièrement organisées par des adultes relais, en collaboration avec les psychologues du Point relais oxygène.

Un réseau vivant et efficace qui ne cesse de s’agrandir

Une première évaluation en 1991, après cinq ans d’existence, par le Centre alpin de recherche en épidémiologie et de prévention sanitaire de Grenoble a mis en évidence tout l’intérêt de ce réseau notamment dans l’écoute et l’orientation des jeunes vers les structures de prévention ou de soins, mais aussi dans la mise en uvre d’actions de santé communautaires auprès des jeunes et des familles (collèges, lycées, prisons, foyers de jeunes travailleurs, etc). En 1998-1999, après douze ans de fonctionnement, une nouvelle évaluation a mis en avant les points forts du réseau : acquisition de connaissances, renforcement des capacités d’analyse, de réflexion et d’écoute des participants, décloisonnement institutionnel, émergence de questionnements communs. Il permet également un impact plus grand des actions de santé publique, si bien qu’en 1998, la Fondation de France lui a décerné le prix de la santé publique. En 1996 la ville voisine de Bourg les Valence a souhaité une extension de cette action sur son territoire, et sera sûrement bientôt imitée par d’autres. Le réseau est même dépassé par son succès, puisque devant l’augmentation du nombre de participants et de structures le constituant, il devient difficile de tous les connaître.

Mots-clés

jeune, prévention de la délinquance, médecine préventive, santé publique, formation professionnelle, travailleur social, médiation, échange de savoirs, toxicomanie, santé communautaire


, France, Valence, Rhône-Alpes, Loire

Commentaire

Le réseau d’adultes relais est parfaitement articulé avec une politique globale de santé publique, et plus largement de développement social, le tout coordonné par un service municipal. Selon Sylvaine Boige-Faure, le plus grand mérite du réseau est la persévérance, la régularité des rencontres et des actions ainsi que le maintien des objectifs fondamentaux, tout en s’adaptant aux attentes des acteurs de terrain.

Notes

Contacts : Docteur Sylvaine Boige-Faure, direction Hygiène santé environnement : 00 (33) (0)4 75 79 22 11 - hygiene-sante.ville-de-valence@wanadoo.fr

Point relais Oxygène : 00 (33) (0)4 75 42 05 54

Source

Entretien ; Rapport ; Articles et dossiers

(France)

CR DSU (Centre de Ressources sur le Développement Social Urbain) - 4 rue de Narvik, BP 8054, 69351 Lyon cedex 08, FRANCE. Tél. 33 (0)4 78 77 01 43 - Fax 33 (0)4 78 77 51 79 - France - www.crdsu.org - crdsu (@) free.fr

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