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Réhabilitation de la péniche "Zapaca" : par l’association Les Amis de l’Eau

Une initiative de jeunes innovante dans le quartier des Bois Blanc

Sophie VALLA, Juliette LABRE

11 / 2001

Qui : un groupe de 7 jeunes, amis d’enfance de 25 ans environ à l’époque de leur projet constitué en association " les amis de l’eau ".

Où : quartier des Bois Blancs à Lille (France-59).

Projet : réhabilitation d’une péniche dans le port de Bois Blanc.

Date : 1997 acquisition de leur péniche.

L’idée d’une péniche s’est imposée à eux car ils avaient toujours vécu autour de la gare d’eau. Gamins ils se baignaient dans le canal, rencontraient des mariniers dans ce lieu d’eau qu’ils partageaient. Cette initiative était donc un rêve d’enfant qui leur aurait donné : " la possibilité d’aller ailleurs, de s’évader dans un endroit sauvage, les canaux permettent d’aller loin, voir ce que l’on ne connaît pas. ". La participation aux journées du patrimoine en 1997 ont été les déclencheurs de leur projet. Elles leur ont permis de faire la connaissance de spécialistes notamment hollandais (réputés dans le domaine fluvial) ; Car ces 7 jeunes du quartier étaient animateurs bénévoles à ces journées du patrimoine.

Le point de départ a été l’acquisition de la péniche. Elle a été financée intégralement par les 7 amis d’enfance. Ils ont acheté une péniche qui avait fait du transport durant des dizaines d’années à un vieux marinier de la région. La péniche était donc déjà dans le quartier depuis longtemps.

L’investissement financier pour des jeunes de 25 ans a été un pari car en plus de ça il leur a fallu un investissement important en temps. Mais plus que tout cette véritable aventure est humaine car elle lie ces jeunes autour d’une même ambition : " réussir malgré tout à réaliser quelque chose par et pour eux même " et une amitié très forte. Ils ont toujours refusé aides, subventions, interventions extérieures car ils désiraient rester libres de faire les choses à leur idée. Et portant de nombreuses propositions leur ont été soumises. Elles ont toutes été refusées, pour que leurs principes ne soient pas bafoués (liberté, esprit d’amitié...). Leur projet a eu assez vite un impact, une reconnaissance dans le quartier. Les jeunes du quartier ont été attirés par l’originalité de l’action et l’image que cela leur renvoyait : tout est possible si on le veut malgré le quartier, le contexte extérieur, l’âge et l’expérience. Les institutions (mairie de quartier, associations locales...) qui ont toujours été rejetées en tant que financier, ont reconnu l’action sans pouvoir se l’approprier grâce à l’autofinancement du projet. Sur ce plan là les protagonistes sont fiers de ne rien devoir à personne.

Avec le début des travaux certains problèmes sont survenus. Par exemple les relations avec les voisins qui ont d’abord été conflictuelles (habitants de péniches fixes ou non, de mariniers...) car ils ont vécu l’arrivée de cette bande de jeunes comme une intrusion dans leur milieu de passionnés assez fermé. Mais leur initiative originale et leur dévotion en temps et travail pour leur projet a finalement conduit au respect. Le chantier dans lequel ils s’étaient engagés leur a permis de s’enrichir professionnellement grâce aux professionnels avec qui ils ont travaillé sur la péniche. Sans aucune qualification au départ dans ce domaine ils ont tous appris sur le tas même si cela n’a engendré aucune vocation. Tous les aménagements intérieurs ne sont pas terminés mais le plus fastidieux a été fait (ponçage et peintures extérieures...).

Aujourd’hui même si la péniche n’est pas finie. Elle est un symbole personnel pour chacun des propriétaires. Même si la péniche ne remplie plus leur vie, elle garde sa fonction première : liberté, enrichissement d’avoir réaliser quelque chose d’unique et qui prouve leur capacité d’agir et de prendre la chance au vol. Ce projet a été une source considérable d’apprentissage par la concrétisation de A à Z de leur rêve dans un esprit d’amitié, de partage, d’autonomie. L’avenir de la péniche est en suspend antre un désir de la conserver mais pour en faire quoi ? et celui de la revendre pour récupérer l’investissement de départ plus une marge et pour la voir prendre le large mais sans eux ?

Mots-clés

jeune, loisir, quartier urbain, initiative citoyenne, cohésion sociale, autonomie, apprentissage, insertion sociale


, France, Lille

Commentaire

Malgré eux ce groupe d’amis a été un modèle pour le quartier, surtout pour les autres jeunes qui ne voient pas toujours d’opportunités dans leur quartier. Mais ils savent aujourd’hui qu’un tel projet est réalisable. Avoir eu connaissance d’une telle initiative est un enrichissement personnel, elle prouve que dans tous les types de quartiers des viviers d’idées et de volontés existent. Rencontrer des jeunes gens comme nous mais d’horizon social différent nous a permis de remettre en cause nos préjugés, nos idées reçues et de comprendre que les projets, les avancées de notre société ne devaient pas se faire sans eux.

Source

Entretien

Université de Lille 1. IUP ENVAR (Institut Universitaire Professionalisé Environnement et Aménagement Régional) - 2 rue de la Poste, 41260 La Chaussée Saint Victor, FRANCE - France

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