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PACTE : des projets de quartiers vers le développement local à Ziguinchor

Ibrahima KA

09 / 2002

Contexte

L’expérience évoquée ci-après se déroule au Sénégal dans la Commune de Ziguinchor (Région de Ziguinchor située au Sud du pays). Elle est menée principalement par l’Ong « PACTE / association de solidarité internationale pour un développement social-urbain ».

Pacte se veut un cadre d’incitation, d’innovation, de promotion, et de soutien à des initiatives communautaires, visant l’amélioration des conditions et du cadre de vie des populations démunies.

Récit

PACTE Ziguinchor est un programme de Développement Social Urbain mené en partenariat avec la Commune de Ziguinchor.

Il vise principalement à développer les capacités d’auto-prise en charge des populations par une implication et une responsabilisation progressive dans la résolution de leurs différents besoins, mais aussi dans la gestion et la maîtrise de leur environnement.

La première phase du programme, menée entre 1994 et 1999, a concerné quatre quartiers de la Commune de Ziguinchor et a touché près de 70.000 habitants.

Les enseignements dégagés de la mise en oeuvre de cette première phase ont permis de retenir deux approches :

D’une part, l’approche spatiale pour renforcer la cohésion entre projets « de quartier » et programme « de développement communal » :

- par la responsabilisation des Conseils de quartiers dans leur rôle de représentation des populations,

- en aidant à renforcer les relations de partenariat entre les différents acteurs de la ville : Municipalité, Services Techniques, Conseils de Quartier, ONG, pour une meilleure coordination et harmonisation des interventions au niveau local ;

- en favorisant l’émergence de projets locaux concertés,

D’autre part, l’approche thématique pour expérimenter et définir, avec les partenaires intéressés (experts, techniciens, ONG), des solutions techniques adaptées aux contraintes locales :

- Expérimentation sur sites de technologies alternatives pouvant par la suite être reproduites et intégrées au niveau local (enlèvement et traitement des déchets, évacuation des eaux pluviales, etc.),

- Diffusion de méthodes et techniques par la formation des acteurs à la base (emplois de proximité, éducation à l’environnement, mutuelles de santé et d’épargne/crédit, activités économiques, etc.).

C’est dans ce contexte, qu’un partenariat a été engagé avec trois associations françaises (Gret, Pact Arim et Epargne Sans Frontière) dans le cadre du Programme Prioritaire de Développement Urbain (PPDU) soutenu par la Coopération française.

Quatre objectifs principaux étaient visés :

- Consolider et faire aboutir les dynamiques enclenchées lors de la première phase du programme de Pacte ;

- Elargir sa compétence sur le thème de l’habitat considéré dans son sens large ;

- Favoriser une meilleure prise en compte de la nécessaire articulation entre les actions localisées et la stratégie de développement communal par l’appui à la définition d’un « projet de Ville » notamment ;

- Renforcer au plan technique et institutionnel l’association Pacte.

La stratégie retenue a consisté à privilégier les échanges et la concertation d’abord entre les quatre partenaires concernés, ensuite entre ces partenaires et les autres acteurs impliqués : les populations, les autorités communales, les services techniques locaux notamment.

Ainsi une première mission de cadrage organisée par les partenaires français sur le terrain a permis de passer « de l’écrit à l’acte » en précisant les attentes et engagements de chacun, les actions prévues ainsi qu’un échéancier.

En outre l’organisation d’un diagnostic pré-opérationnel a été organisé dans deux quartiers tests. Ce travail a comporté trois dimensions : une enquête-ménages auprès d’un échantillon représentatif de ménages habitant les deux quartiers, des relevés techniques réalisés d’une part à l’échelle de la ville, d’autre part au niveau des quartiers, et enfin un diagnostic institutionnel auprès des institutions locales et nationales d’un côté (autorités territoriales, services déconcentrés de l’Etat, institutions financières, structures d’appui), des dispositifs d’appui et de financement internationaux de l’autre, en mesure de contribuer au soutien et à la mise en ouvre de projets de développement local.

Une série de rencontres de restitutions / validation des résultats auprès des différentes catégories d’acteurs concernées a permis d’enregistrer les observations, compléments d’informations et suggestions qui ont permis d’enrichir les résultats obtenus, mais aussi de préciser et de valider les pistes d’actions prioritaires dégagées : l’assainissement et la santé d’une part, le logement et la régularisation foncière d’autre.

C’est ainsi que Pacte a engagé l’expérimentation d’un système de gestion participative des ordures ménagères pour les quelques 500 ménages du quartier Boucotte Centre. L’action consiste à pré-collecter les ordures depuis les concessions jusqu’à la décharge intermédiaire située à quelques encablures du quartier via une traction asine après avoir doté de poubelles adaptées les ménages concernés. Le montage de ce système a été l’occasion d’engager une large concertation avec les populations du quartier d’une part, et les autorités municipales, Ong, services techniques et organisations internationales intervenant en matière d’assainissement d’autre part, sur la problématique de la gestion ménagère non seulement au niveau local mais aussi plus globalement au plan communal. Il s’agissait de donner à cette initiative une perspective plus large en l’intégrant à un système plus général de gestion des ordures au niveau de la ville associant la collectivité locale mais aussi les autres acteurs concernés par la question. Un des résultats de cette démarche a été la mise en place d’un Comité technique d’assainissement regroupant autour de la collectivité locale les principaux acteurs concernés. Cadre de concertation mais aussi d’échange et d’harmonisation des interventions ce Comité consultatif, qui a été formalisé par un arrêté du maire, a engagé une réflexion assez large sur les problèmes d’assainissement de la ville et a défini à partir des différentes initiatives un programme communal d’assainissement.

De même, au niveau local, un Comité de pilotage assez représentatif des populations a été mis en place pour faciliter la mise en ouvre du projet et favoriser l’adhésion des populations. Ce Comité a ainsi joué un important rôle notamment en matière de définition des modalités de ramassage des ordures, de choix des huit membres du Gie assurant la maîtrise d’oeuvre du projet, de fixation de la contribution financière et de sensibilisation des ménages.

Notons également que le projet s’est enrichi des acquis d’une expérience similaire menée par l’Acdil à Bobo (Burkina Faso), suite à l’organisation d’échanges croisés entre les animateurs des deux projets.

Enseignements

« Agir local, penser global »

Dès l’identification du projet, le Pacte a préconisé une approche concertée pour mieux impliquer les populations et a souhaité que celles-ci désignent des représentants des différents groupes sociaux (femmes, jeunes, notables…).

C’est ainsi que la mise en place d’un Comité de pilotage jouant un rôle d’interface entre l’ONG et les populations a été déterminante dans la dynamique du projet.

Grâce à sa capacité de mobilisation et de représentativité populaire, le Comité est une composante essentielle de l’action du projet au niveau du quartier et un acteur privilégié du développement local.

L’expérimentation d’une collaboration avec une structure restreinte représentant les populations bénéficiaires du projet a été riche d’enseignements :

- instauration d’un dialogue permanent entre les acteurs bénéficiaires sur la problématique du développement local de leur quartier d’une part, et entre ces derniers et la structure d’appui (le Pacte) d’autre part, pour la résolution des besoins ;

- renforcement de la capacité d’auto prise en charge des populations et de leur responsabilisation dans l’exécution des actions ;

- initiation à l’identification et à la résolution des besoins allégeant de facto l’implication du projet dans ces domaines et plaçant le Comité au cour de l’action de développement.

Cependant, très tôt le Pacte a compris que pour être pertinent, le projet devait s’ouvrir sur la ville et s’articuler aux autres actions entreprises à l’échelle communale.

Par ailleurs pour le Pacte la Municipalité est un partenaire de premier ordre. En effet, cette dernière a la charge d’élaborer et de conduire la politique de développement communal.

A ce titre et de par son rôle politique et stratégique, il lui revient d’une part, de fixer les modalités et d’assurer la cohérence globale de l’intervention des nombreux acteurs agissants dans la Commune, et d’autre part, de favoriser la concertation, la réflexion et la participation de tous au développement local.

Mots-clés

développement urbain, concertation, éducation populaire, responsabilité citoyenne, organisation de quartier, municipalité et société civile, déchet urbain, participation des habitants


, Sénégal, Ziguinchor

Notes

Cette fiche a été réalisée dans le cadre du PPDU, Programme Prioritaire Développement Urbain géré par 19 associations (dont le CCFD) et cofinancé par le Ministère des Affaires étrangères.

PACTE (Association de Solidarité Internationale pour un Développement Social Urbain) - BP 354, Ziguinchor, SENEGAL - Tél : (221) 991 21 99 - Fax : (221) 991 21 99 - Sénégal - www.pacte.sn - pacte (@) orange.sn

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