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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Projet multi partenaires et inter culturel dans la ville de Bafoussam au Cameroun

Ce qu’en pense l’association gestionnaire du projet

Michel TAKAM

09 / 2002

Contexte :

Le projet d’éducation des jeunes à la citoyenneté a vu le jour grâce à une convention de collaboration entre LLSI (une association du Nord qui a connu des changements importants de personnes à sa tête), la commune urbaine de Bafoussam (qui est gérée par un Délégué du Gouvernement en lieu et place du maire élu, les deux étant issus de deux partis différents, donc du parti au pouvoir pour le premier et un parti de l’opposition pour le dernier), et l’ADEID qui est une ONG locale travaillant déjà dans le chantier jeunesse.

LLSI a un accord séparé avec l’AFVP pour l’assistance technique qui se matérialise par la présence d’une volontaire sur le terrain à Bafoussam. Le montage institutionnel du projet devient de ce fait compliqué et le management assez délicat.

Récit :

Sur le plan local, nous nous sommes efforcés de garder un équilibre au niveau de la communication entre le conseil municipal et l’exécutif, en développant de bonnes capacités de dialogue et de plaidoyer. Toutefois c’est beaucoup plus notre mentalité qui permis l’adhésion des autorités. Mais l’appropriation du projet par l’exécutif de la commune est restée questionnable. Le projet est perçu comme un " outil " de l’opposition pour " recruter " les jeunes, ce qui demande beaucoup de courage et de patience pour " convaincre les uns et les autres des objectifs nobles et non partisans du projet, et pour résister aux pressions psychologiques qui caractérisent le paysage multipartite local.

Sur le plan des relations avec LLSI et l’AFVP, nous avons appris à user du tact et de la patience. Au début du projet les deux partenaires avaient deux sons de cloche. Par exemple l’AFVP semblait hésiter, s’interroger et semblait convaincu que le projet avait un côté politique partisan, ce qui était semble -t- il la vision de l’exécutif municipal qui jusqu’à ce jour hésite à honorer ses engagements financiers.

Avec LLSI, la continuité dans la vision du partenariat n’était pas garantie avec de nombreux changement de personnes.

Par exemple alors que nous avions auparavant signé une convention de gestion financière avec LLSI, une mission sur Bafoussam a remis tout cela en question, affirmant par la même le manque de confiance à l’ADEID, ce qui nous a quelque peu frustré. Toutefois, le dialogue permanent avec LLSI-Paris nous a réconfortés et nous avons noué de nouveau partenariat avec le collège coopératif et le MRERS à travers LLSI.

Sur le plan interne, nous avons appris à gérer les conflits et à tenir compte des différences culturelles et des effets d’un montage institutionnel sujet à interprétation. Il nous a semblé important de nous recentrer sur les objectifs et les résultats attendus du projet au lieu de nous appesantir sur les aspects de positionnement. Un plan d’action a été élaboré de manière participative avec la responsabilité de chacun et approuvé au comité de pilotage.

Les négociations avec la mairie et les autorités locales ont permis d’obtenir du Gouverneur une maison pour les jeunes. Cette maison a été aménagée et devrait être appropriée par les jeunes à qui on doit donner des formations en leadership et management. La durabilité est questionnable car l’Etat peut décider à tout moment de récupérer le bâtiment à des fins publiques.

Leçons :

- Une convention de multi-partenariat devrait être l’aboutissement d’une connaissance mutuelle antérieure des partenaires.

- Le partenariat avec les municipalités demande une dose de patience et de professionnalisme et de dialogue permanent.

- Une bonne définition des rôles est importante, et il est sage que chaque membre du projet puisse définir ses propres indicateurs de suivi, basés sur la mission du projet.

- La problématique jeunesse nous a semblé un sujet sensible et exigent du temps pour le renforcement des capacités, pour la responsabilisation progressive des jeunes à l’appropriation de la maison du jeune citoyen.

- L’appui de la municipalité est dissonant et pourtant nécessaire et devrait se matérialiser par la formulation d’un document de politique jeunesse, la mise sur pied d’un conseil municipal de jeunes ou " à défaut, d’une initiative neutre au départ pour ne pas être soupçonnée d’outil politique".

Mots-clés

développement urbain, municipalité et société civile, éducation à la citoyenneté, jeune


, Cameroun, Bafoussam

Notes

L’auteur de la fiche est secrétaire exécutif de l’ADEID.

Cette fiche a été réalisée dans le cadre du PPDU, Programme Prioritaire Développement Urbain géré par 19 associations (dont le CCFD) et cofinancé par le Ministère des Affaires étrangères (www.ppdu.org).

Source

Texte original

ADEID (Action pour un Développement Equitable, Intégré et Durable) - BP 1354 Bafoussam, CAMEROUN - Tél / Fax : +237 - 344 58 82 - Cameroun - www.adeid.org - info (@) adeid.org

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