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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Promotion du registre civil : quand les acteurs font appel à l’organisation et à la formation !

L’exemple de la ville de Maputo au Mozambique

Teodoro DE ABREU

09 / 2002

Contexte

C’est une tendance très fréquente : penser qu’il faut toujours passer de la théorie à l’action. La pratique nous montre que plusieurs fois il faut risquer le contraire. Même si nous ne l’osons pas, l’action et les acteurs motivés nous montrent ce chemin.

Le Projet de Formation et Accompagnement des Acteurs Sociaux (FAS), développé en partenariat entre Essor et la Direction de la Femme et Coordination de l’Action Sociale de la Ville de Maputo, la capitale du Mozambique (DMCAS), vient de mettre en place une action de promotion de l’accès au service de base (registre de naissance, santé et éducation) dans le District Municipal Numéro 4. Entre autre, ces activités incluaient la sensibilisation des populations aux droits de l’enfant, dont le droit au registre.

Ce qui caractérise cette activité, est le fait que dans sa mise en place, une succession de formations et d’actions ont été réalisées. En effet, les besoins de formation ont été alternativement identifiés par le projet et par les acteurs eux-mêmes de manière continue. Il en résulte plus ils s’expriment, plus ils agissent et s’organisent pour améliorer leur pratique d’intervention.

Récit

Depuis l’année dernière (2001), le Projet, en partenariat avec l’Action Social du District Municipal 4, a réalisé des activités de sensibilisation et divulgation du droit de l’enfant à avoir un nom et un registre de naissance.

En effet, a été identifié un manque d’information autour de ce sujet. Dans un premier temps a été réalisé, le 1er Festival de Divulgation des Droits de l’Enfant à avoir un Nom et une Culture, puis dans second temps des actions de sensibilisation des institutions et leaders communautaires, dans un second moment, ont été misent en place.

Cette sensibilisation concernait les leaders communautaires formels, reconnu et institué par l’administration, et les informels, acceptés par les communautés. L’objectif était avec eux mettre en place des mécanismes visant une sensibilisation continue aux populations.

C’est ainsi que dans chaque quartier, les actions réalisées avec les acteurs impliqués ont été les suivantes :

- Un séminaire de capacitation en techniques de sensibilisation,

- Une planification et la mise en place des activités de sensibilisation

- Déplacement du Registre civil dans les quartiers

- Une évaluation et une capitalisation

Une capitalisation a été réalisée avec l’ensemble des acteurs impliqués afin d’analyser le processus et de définir une stratégie de promotion des droits de l’enfant.

Le district.

L’ensemble du processus a impliqué plus de 275 acteurs dont l’administration, les services de registre, éducation et santé, les secrétaires de quartier, les associations locales et personnes qui par leurs activités ont une grande influence près de la communauté (les guérisseurs et les leaders religieux).

Le résultat le plus visible est le registre de 1656 dont 575 ont bénéficié d’une attestation de pauvreté.

La presse a eu un rôle de divulgation et a participé au processus de capitalisation : 8 articles, deux émissions de télévision...

Mais un résultat plus difficile à détecter mais tout aussi important peut être mis en avant : le renforcement de la citoyenneté. En effet, les acteurs se sont sentis des citoyens et des promoteurs de la citoyenneté. Ils ont été capables de s’exprimer, d’agir ensemble pour la solution de leurs problèmes et de s’organiser pour améliorer leur manière de faire.

En effet, ils ont identifié et mieux compris les difficultés des familles à enregistrer leur enfant, ils connaissent la loi du registre et ont cherché des moyens participer à la promotion de leurs accès aux services de base.

Ils ont planifié des actions, citoyennes dans le quartier. Il s’agissait de planifier, réaliser et évaluer des actions collectives et volontaires de sensibilisation dans un contexte où une action réalisée avec une ONG du Nord est toujours accompagnée d’une compensation financière. Ils ont été valorisés par les résultats obtenus et par la reconnaissance des populations et des institutions du travail réalisé. Voulant continuer les actions, ils ont fait la proposition de la création de comités de sensibilisation dans les quartiers. Cette idée a été adoptée par les secrétaires de quartiers et l’administration du district.

Face à cette demande, un besoin de formation a été identifié par les membres des comités. Mais les secrétaires, qui approuvent l’idée, ont formulé leur demande d’une formation qui doit être mise en place avant celle des comités. Cette formation dont la première phase nous allons dans quelques jours clôturer, a été réalisée en partenariat avec la municipalité qui plus que jamais commence à montrer une reconnaissance à l’égard des leaders communautaires...

Il y a un résultat à ne pas oublier : Les populations en situation de pauvreté se sentent de plus en plus concernées. Elles approchent plus des responsables du quartier pour exprimer leurs besoins et demander conseil. Mais surtout elles connaissent les mécanismes de leurs accès aux droits...

Leçons

1 - Les leaders communautaires existent et peuvent être reconnus lorsque qu’ils mettent en place une action citoyenne ;

2 - L’action, si bien mené et évalué, peut être source de citoyenneté : expression et organisation ;

3 - L’alternance action-formation peut imprimer une nouvelle dynamique au sein des quartiers

Mots-clés

citoyenneté, développement urbain, administration publique, éducation à la citoyenneté, politique de la ville


, Mozambique, Maputo

Notes

Cette fiche a été réalisée dans le cadre du PPDU, Programme Prioritaire Développement Urbain géré par 19 associations (dont le CCFD) et cofinancé par le Ministère des Affaires étrangères (www.ppdu.org).

Source

Texte original

Essor Sud - CP 5420 Maputo, MOZAMBIQUE - Tél. : 258 21 31 0374 - Fax : 258 21 30 9365 - Mozambique - essormoz (@) mail.tropical.co.mz

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