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Changement et continuité des organisations formelles communistes dans la Chine contemporaine

Christoph EBERHARD

03 / 2000

L’un des changements les plus significatifs en Chine après deux décennies de réformes est l’émergence de nombreuses associations à but social (shehui tuanti). En 1998, on en comptait plus de deux cent mille, dont mille huit cents sont d’envergure nationale et le reste de portée locale. Ces associations opèrent aussi bien dans les milieux urbains que ruraux et leur influence sur la vie politique et sociale en Chine est loin d’être négligeable. Si "l’économie" mixte et "l’hétérogénéité des éléments dans la structure sociale" peuvent expliquer ce boom, il faut noter que ces associations continuent à s’inscrire dans des logiques de la société communiste, avec ses "hiérarchies institutionnelles" et ses contraintes liées à des "degrés de budget". En effet, elles sont les descendantes des anciennes associations communistes qui s’adaptent à un nouvel environnement changeant et complexe. Ceci est particulièrement visible en ce qui concerne les grandes associations nationales. Elles se trouvent dans un "entre-deux" entre d’une part une logique d’efficacité de marché et d’autre part d’une logique de respect des formes acceptées dans la société qui leur confèrent leur légitimité et qui restent marquées par des visions communistes. Pour pouvoir fonctionner, elles doivent se conformer aux formes disponibles et légitimes héritées du mode de gestion communiste. Il ne s’agit pas là d’une simple obligation formelle qui se surimposerait aux obligations d’une gestion rationnelle par rapport aux contraintes de marché, mais est bien une des conditions pour pouvoir avoir accès à toutes les ressources du marché et pouvoir les utiliser à meilleur escient pour la réalisation de leur objectif. Ces associations se trouvent en quelque sorte entre "système" et "marché". D’une part elles restent insérés dans le système organisationnel formel communiste. D’autre part elles sont confrontées à un environnement extrêmement changeant et instable et à haut risque lié à l’ouverture aux logiques du marché et à l’étranger. Les logiques du "système" ne sont plus adaptées et ce dernier n’a plus non plus les ressources nécessaires pour relever les nouveaux défis. Tout en restant formellement "systémiques", les associations doivent donc s’ouvrir à leur nouvel environnement - ou disparaître. On assiste à l’invention de nouveaux hybrides et de métissages qu’il serait important d’étudier en détail pour dégager les pistes permettant de relever les défis de la transition économico-socio-politique actuelle.

Mots-clés

ONG, Etat et société civile, processus d’adaptation, adaptation aux changements culturels, innovation sociale, vie associative, transition politique


, Chine

Notes

Cette fiche a été rédigée dans le cadre du Pôle de médiations entres les villes européennes et chinoises. Ce pôle est piloté par l’Aitec, Association Internationale de Techniciens Experts et Chercheurs, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris - Tél : 01 43 71 22 22 - Fax : 01 44 64 74 55 - aitec@globenet.org - www.globenet.org/aitec

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

YUAN, Shen, "Institutional Isomorphism" and the Transformation of Chinese Associations, 18 p

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