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Les transformations de la Fondation pour le Développement de la Jeunesse Chinoise (CYDF)

Du ’groupe du peuple’ au ’groupe social’

Christoph EBERHARD

03 / 2000

La fondation pour le développement de la jeunesse chinoise (Chinese Youth Development Foundation - CYDF) est une association au niveau national et est l’une des plus grandes associations dans la Chine contemporaine. C’est la leader des associations en ce qui concerne la capacité opérationnelle et les performances organisationnelles. Elle est emblématique pour illustrer la transition de "groupe de peuple" au "groupe social". Le "groupe du peuple" indiquait le statut d’un organe du parti ou du gouvernement - tous ses employés étaient des officiels. Le "groupe social" est une catégorie nouvelle apparue après la Réforme et désignant les organisations enregistrées au Ministère Civil comme association sociale indépendante. La CYDF a été dérivée de la Ligue de la Jeunesse Chinoise Communiste (Chinese Communist Youth League - CCYL). Elle découle de sa réforme en 1988. C’est en quelque sorte la fille de la CYDF à qui a été confié la mission de "offrir des services à la jeunesse et de mobiliser pour cela les ressources de la société". Elle continue à avoir une grande dépendance institutionnelle face à la CCYL et aux organisations formelles communistes. Elle se trouve dans une dépendance hiérarchique face au gouvernement. Son cadre organisationnel est une copie des systèmes bureaucratiques caractéristiques du Parti ou du gouvernement. Ses réseaux d’opérations sont ceux de la Ligue de la Jeunesse. Elle est financièrement dépendante de la CCYL qui la soutient majoritairement, ce qui signifie en outre qu’elle fonctionne sur la base de propriété de l’Etat. Enfin, la CYDF était entièrement dépendante des réseaux du gouvernement et du parti pour construire une base de confiance sociale à travers des articles dans des journaux, dans des magazines, des émissions radio et télévision etc. En effet, pourquoi les acteurs sociaux auraient-ils sinon fait confiance à une association nouvellement créée et lui auraient-ils apporté leur soutien pour la réalisation de ses projets ? Malgré tout cela, la CYDF a eu la possibilité de monter ses propres projets et de développer ses propres stratégies pour recueillir des ressources dans la société et les mobiliser. Pour ce faire, elle a dû se faire une idée claire de son rôle et de son statut d’association "indépendante". Ses contacts avec des fondations et associations étrangères l’ont beaucoup aidé à définir ses stratégies d’action. Mis à part l’apprentissage à travers les expériences d’association confirmée dans ce genre d’activité et fonctionnant dans des contextes de marché, la redéfinition des objectifs et stratégies de la CYDF a aussi partiellement découlé de ses coopérations avec des organisations non-chinoises, à travers par exemple la nécessité du respect de certaines conditionnalités pour être éligible à l’attribution de certains fonds. La CYDF semble être un exemple réussi, bien qu’encore en pleine phase d’exploration et d’invention, de métissage entre logiques "systémiques" et de "marché" dans le fonctionnement d’une association à vocation non lucrative ayant une activité au niveau national.

Mots-clés

ONG, jeune, Etat et société civile, innovation sociale, vie associative, processus d’adaptation


, Chine

Notes

Cette fiche a été rédigée dans le cadre du Pôle de médiations entres les villes européennes et chinoises. Ce pôle est piloté par l’Aitec, Association Internationale de Techniciens Experts et Chercheurs, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris - Tél : 01 43 71 22 22 - Fax : 01 44 64 74 55 - aitec@globenet.org - www.globenet.org/aitec

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

YUAN, Shen, "Institutional Isomorphism" and the Transformation of Chinese Associations, 18 p

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