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Le secteur social non-gouvernemental dans la Chine traditionnelle

Christoph EBERHARD

03 / 2000

Les dichotomies communauté/société et Etat-Nation/société civile sont pertinentes pour interpréter les évolutions dans les sociétés occidentales en vue de la réalisation de l’état social (Welfare state). Mais elles sont inadaptées pour comprendre la réalité chinoise. Contrairement à l’état social qui assurait la sécurité sociale mais ne violait pas les droits de l’homme, la grande communauté sous le contrôle de l’empereur était un système exerçant un contrôle excessif mais n’assurant qu’une protection insuffisante. Ce qui mena à la mise en place par la société civile chinoise traditionnelle de mécanismes parallèles. Tout d’abord on peut y compter les organisations de clans qui avaient toute une variété d’activités de la construction de temples, à l’organisation de sacrifices ou à la subvention d’activités culturelles. Ces clans avaient aussi une certaine autonomie juridique et économique face à l’Etat ce qui leur permettaient une certaine auto-organisation à l’ombre de ce dernier. Cette dernière n’a cependant jamais été encouragée par l’Etat qui a plutôt essayé de la briser à travers par exemple la mise en place de systèmes plus effectifs tels que le système administratif de voisinage rural et le système des quinze foyers qui étaient tenus pour responsables si un crime était perpétré. Puis il y avait les organisations religieuses bien plus actives dans le domaine social que les organisations claniques, surtout les temples et les organisations de moines bouddhistes. Il faut noter cependant que contrairement à l’Europe, les temples ne constituaient jamais un contre-pouvoir. Le pouvoir religieux chinois était toujours attaché au pouvoir impérial et la plupart des activités sociales des temples étaient "gérées par les temples sous guidance officielle", sauf pour les associations religieuses illégales, mais qui risquaient la qualification d’hérétiques. Enfin, il y avait une autre catégorie d’associations sociales regroupant les guildes, les associations de citadins. Mais ici aussi leur indépendance était moindre que celle de leurs équivalents occidentaux. Bref, en comparaison avec les pays occidentaux, le secteur social n’était dans la Chine traditionnelle pas vraiment investi par les communautés locales non-gouvernementales et les services sociaux publics n’étaient pas vraiment développés alors que les organisations étatiques étaient prématures et exerçaient un contrôle rigide. C’est à partir de 1840 que la Chine se mit sur la voie de la modernisation à l’occidentale et le relâchement du contrôle de la grande communauté sur les petites communautés résulta en une expansion considérable des activités sociales de ces derniers. Le début du 20ème siècle connu aussi une introduction des modèles associatifs occidentaux par les Britanniques surtout à Shanghai et à Hong Kong. Ainsi se mit petit à petit en place un secteur social dans la complémentarité des structures traditionnelles émancipées et des structures modernes importées. En 1949 avec l’entrée de la Chine dans un modèle de société hautement centralisé, le troisième secteur disparut complètement. Il est maintenant à nouveau en train de se développer et il est utile pour comprendre ce qui se passe de se remémorer son histoire.

Mots-clés

Etat et société civile, histoire, service social, vie associative, ONG


, Chine

Notes

Cette fiche a été rédigée dans le cadre du Pôle de médiations entres les villes européennes et chinoises. Ce pôle est piloté par l’Aitec, Association Internationale de Techniciens Experts et Chercheurs, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris - Tél : 01 43 71 22 22 - Fax : 01 44 64 74 55 - aitec@globenet.org - www.globenet.org/aitec

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

HUI, Qin, From Traditional Non-Governmental Public Welfare Organizations to Modern "Third Sector" - Several Issues Concerning Comparison of the Histor, 21 p

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