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Limiter le désastre écologique en Pologne

01 / 1993

La Pologne est actuellement confrontée à un désastre écologique. Elle doit à la fois restructurer son économie et sa politique d’environnement. La modernisation de l’industrie dépend directement de la réduction de la consommation d’énergie et de matières premières. La diminution des émissions de gaz à effet de serre est un point majeur de la politique polonaise d’environnement.

La Pologne est l’un des plus grands producteurs de charbon dans le monde. De plus, 80 % de l’énergie consommée provient de ce combustible. La seconde source d’énergie est la lignite, matériau riche en soufre. La Pologne est donc l’un des pays où la production de gaz carbonique est la plus importante à la fois par habitant et par région. 480 millions de tonnes de gaz carbonique ont été émis en 1988. Les secteurs les plus responsables sont la production d’énergie, l’habitat, le secteur tertiaire et l’industrie. L’agriculture et la sylviculture y contribuent également. La production de méthane est de 2,7 millions de tonnes. Seulement 20 % du gaz dégagé par les mines ont été utilisés. Les chiffres sont, de plus, certainement bien inférieurs à la réalité. Quant au protoxyde d’azote, il n’existe en Pologne aucun système de mesure. Mais, étant donné le grand volume d’engrais azotés utilisés, l’émission de ce gaz doit être importante.

Les forêts, qui recouvrent 28 % de la surface du pays, sont en mauvaise santé, atteintes par une pollution atmosphérique élevée. En outre, des surfaces sont détruites pour le développement industriel et l’urbanisation. Cependant, elles jouent encore un rôle essentiel de réservoir de gaz carbonique. Les plantes cultivées constituent également un autre réservoir.

La politique de l’environnement de ce pays a pour objectif d’engager une croissance durable. Pour cela, elle repose sur le controle de la pollution à sa source (technologies propres, système juridique efficace, principe "pollueur-payeur"...). Les investissements dans ce secteur sont actuellement en hausse, représentant 1,1 % du revenu national en 1990. Trois séries de priorité ont été définies.

A court terme, soit jusqu’en 1994, il s’agit par exemple d’un programme d’amélioration de la qualité du charbon et de l’adoption des normes de qualité internationales pour les usages domestiques, d’amélioration du rendement énergétique dans le secteur électrique (matériel de désulfuration, brûleur à faible émission...)ou de l’intensification du reboisement.

A moyen terme, d’ici l’an 2000, l’une des priorités est la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre au niveau de 1988 (490 millions de tonnes d’équivalent gaz carbonique). Il s’agit également de diminuer les émissions de dioxyde de soufre, d’oxydes d’azote et de poussières, d’améliorer le rendement des usines de traitement des eaux usées, la gestion du chauffage (réduction des pertes de chaleur par transmission ou diffusion, isolation des bâtiments...)ou de créer des systèmes de présélection et de recyclage des déchets municipaux solides et d’instaurer l’incinération du compost et la production de biogaz.

A long terme, pour la période 2000-2010, il s’agit de mettre en place des technologies propres, de restaurer les milieux naturels détériorés et surtout de renforcer la philosophie du développement durable comme base de la politique socio-économique de l’Etat.

Des réseaux de contrôle des gaz à effet de serre sont en train de s’organiser. La recherche scientifique polonaise se concentre entre autres sur la détection des changements climatiques et les modèles des climats régionaux.

On constate actuellement un net recul de la consommation de charbon en Pologne. Cette tendance se confirmera car la production de charbon va coûter de plus en plus cher à cause de raisons techniques et géologiques et de l’arrêt des subventions de l’Etat.

Le Programme national de politique de l’environnement est accepté depuis 1990 mais il ne peut être appliqué sans un soutien financier international. Cette aide permettrait d’agir à la source même de la pollution plutôt que d’atténuer les effets provoqués par les polluants dans les autres pays. Une aide économique provient déjà de la Banque mondiale et d’autres organisations financières internationales, ainsi que de l’OCDE et de certains pays. Elle a besoin d’être renforcée pour traduire la volonté des pays développés à réduire l’effet de serre.

Mots-clés

environnement, climat, économie d’énergie, économie


, Pologne

Source

Articles et dossiers

SADOWSKI, Maciej in. LA RECHERCHE, 1992/05 (France), N°243

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