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Comment promouvoir et faciliter l’insertion professionnelle des diplômés issus de l’immigration

Dans le Nord de la France, l’association Alliances pour la citoyenneté des organisations se bat contre le dysfonctionnement du système d’intégration des diplômés d’origine maghrébine.

Ludovic ROUSSEAU

12 / 2001

L’association Alliances pour la citoyenneté des organisations, siégeant à la Cité des Echanges de Lille, se bat depuis trois ans contre le dysfonctionnement du système d’intégration des diplômés Bac+4 ou Bac+5 issus de l’immigration. Ces jeunes souffrent généralement, en effet, d’une méconnaissance du monde, de la culture et du fonctionnement interne de l’entreprise, mais aussi de handicaps plus courants, comme leur appartenance à une autre ethnie. Afin de remédier à ce problème, l’association a décidé de recruter des candidats sans empêchements (problèmes comportementaux ou diplômes inadaptés), et réellement motivés pour entrer dans le monde de l’entreprise à un poste à la hauteur de leurs qualifications. Ces diplômés sont sélectionnés par un jury volontairement mixte ("gaulois et maghrébins", comme ils s’auto-qualifient), qui vérifie les formalités d’usage, comme le certificat de travail, et veille à ce qu’aucune discrimination ne soit portée vis-à-vis de la nationalité. Ainsi, pour former une promotion d’une trentaine de jeunes, le jury recrute une soixantaine de candidats. Ceux-ci sont, comme le précise Bruno Libert, "difficiles à trouver". En effet, généralement trop individualisés pour entrer dans le monde associatif, ils sont également en situation d’échec (au chômage), ce qui les poussent à vivre "en marge" de la société. Cette condition de l’échec est toutefois obligatoire, les jeunes recrutés devant avoir connu au moins une année de chômage pour que l’opération soit finançable par l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE). Parallèlement aux sélections, Alliances recense quinze à vingt entreprises qui acceptent d’accueillir les diplômés, à l’essai, pour une mission de cinq mois. Au préalable de cette mission en entreprise, les jeunes doivent suivre un stage de quinze jours, étalés sur un mois, durant lequel ils sont formés à la gestion de projet en entreprise et à la culture d’entreprise. Afin d’affilier le jeune travailleur avec l’entreprise qui lui convient le mieux, l’association mène, durant ce stage, un travail d’appareillage entre les deux. Au fur et à mesure des années, Alliances ayant été amenée à travailler avec les mêmes sociétés, elle en est venue à mieux connaître leurs attentes ainsi que leur disponibilité pour accueillir les jeunes. Son travail d’affiliation s’en est dès lors trouvé facilité.

Les jeunes travailleurs sont donc hébergés par un patron pendant cinq mois, sans garantie d’embauche, mais avec une volonté sincère de la part de l’entreprise de les aider. Six mois après la fin de cette mission, 60 pour cent des jeunes sont généralement embauchés dans l’entreprise d’accueil ou ailleurs, dans une position en relation avec leurs études. Il est évident que des problèmes de discrimination persistent, même si la principale cause de l’échec reste due au comportement de la personne. Afin d’éviter ce genre de problèmes à l’avenir, Alliances a décidé d’établir, au cours des quinze jours de formation, un bilan individuel de compétences. Ce bilan préalable devra permettre d’accélérer chez le jeune le processus de décision de son avenir professionnel. Récemment intéressée par cette procédure d’insertion, l’Education nationale française a demandé à l’association de former et d’insérer vingt emplois-jeune d’origine maghrébine. Ces derniers, de formation Bac+2, sont aides-éducateurs au sein de l’Education nationale mais ne peuvent guère aspirer à une amélioration de leur statut. Ce projet est financé par le Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, la Cité des Entreprises de Lille, le Fonds d’action social, l’ANPE et l’Etat, ce qui montre un nouvel engouement des pouvoirs publics et du monde de l’entreprise pour cette procédure d’insertion. La pomme étant amorcée, il ne reste plus à l’association qu’à continuer en ce sens et dépasser le taux des 60 pour cent d’embauche.

Mots-clés

lutte contre l’exclusion, emploi, immigré, insertion professionnelle


, France, Nord-Pas-de-Calais

Notes

Cette fiche a été rédigée dans le cadre de l’Assemblée mondiale des citoyens, Lille, décembre 2001.

Entretien avec LIBERT, Bruno

Source

Entretien ; Présentation d’organisme

IUP ENVAR (Institut professionnel pour l’aménagement et l’environnement) - France

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