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Les techniques de blanchiment de l’argent de la drogue

09 / 1993

Le blanchiment (voir fiche précédente)peut être défini comme l’injection dans les circuits légaux de gains illicites sans que subsistent des traces de ces opérations. Il existe un certain nombre de techniques utilisées par les trafiquants qui ont été jusqu’ici répertoriées par les services de lutte contre cette artivité, techniques que l’on pourrait appeler "la panoplie du blanchisseur

1.Circuit financier :

Méthode de base : dépot d’argent liquide aux guichets bancaires de succursales locales de banques internationales - risque : arrestation du passeur ou perte de valises à billets, abandonnée en douane ; chèque de caisse, mandats télégraphiques ; conversion du numéraire en chèques de voyage ; achats d’instruments monétaires diversifiés.

-Méthode complémentaire du "Stroumpfage" ou "smurfing" : division de la transaction globale en autant de transactions dont le montant est inférieur au seuil de déclanchement de la déclaration obligatoire.

Précautions : - mélanger produits d’activités licites et illicites, utiliser différentes banques pour fractionner les sommes (et les risques); "empilage" des opérations.

Facilité : secret bancaire, banques "offshore" (absence de contrôle des changes), banques émettant des titres au porteur sans exigence de preuve d’origine, société "boîte-aux-lettres", etc. La place idéales étant, aux yeux du blanchisseur, celle qui combine tous ces aspects. Circuit type : la caution d’une banque des Bahamas, où l’argent sale est placé, permettra ensuite d’obtenir un emprunt "propre" dans une banque plus respectable.

-Méthode des virements électroniques "layering" : grâce aux gestions informatisées de trésorerie, répartition dans un délai très bref d’une ou plusieurs grosses sommes sur des dizaines, voire des centaines de comptes bancaires dans différents pays.

-Méthode du compte intermédiaire : n’importe quelle banque suisse locale peut se charger de transférer un capital qu’elle a reçu en dépôt vers une banque à l’étranger.

Méthode dite "italienne" de la structure fiduciaire : association d’un trust et d’une société d’investissement. La "fiduciaria" peut recevoir des versements d’entreprises, d’individus ou groupes de familles et transférer légalement à l’étranger tout capital, opération impossible à réaliser individuellement.

- Méthode des "Hundi" et "Hawala" ( Asie, Moyen Orient), des "shop-booking" (Chine)ou des "Stashouses" (USA): bureau de change ou circuits bancaires non-officiels gérés par des commerçants locaux.

2-Secteurs non financiers.

-Immobilier (notamment bureaux, hôtels)

-matières premières (ex-URSS notamment, où le rachat de part d’entreprises privatisées fait aussi florès.

- transactions commerciales : surfacturation et sous-facturation.

-achat et vente de voitures, d’avions.

-casinos, chaînes de restaurants -commerce de luxe, de métaux précieux, services d’encaissement des chèques (et achat de chèques contre espèce), centres commerciaux, et, en général, tout commerce suscitant un haut niveau de paiement en cash.

- Enfin, pots de vin.

3-Injection des sommes recyclées dans l’activité de production (méthode du loan-back):

Entre autres méthodes, celle qui est évoquée par le rapport du sénateur Larcher sur le blanchiment de l’argent, consiste en un emprunt auprès de la banque dépositaire d’un capital illicite. L’emprunteur qui ne respecte pas ses obligations, utilise, comme intermédiaire de recyclage, la banque de souscription de l’emprunt. Celui-ci, parfaîtement légal, permet ainsi de développer des opérations dont il est impossible de soupçonner l’objectif réel (prêts hypothécaires). Cette méthode, par le poids des sommes mobilisées, "pourrait - selon le sénateur Larcher - être directement à l’origine de l’effondrement du marché de l’immobilier de bureaux en Europe."

Mots-clés

drogue, économie, tontine, corruption, crédit


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Commentaire

Les mafieux japonais, "yacuza" ont blanchi de l’argent en faisant acheter par des intermédiaire des sacs de luxe "Vuiton". Les organisations criminelles de Hong Kong, "triades" utilisent,quant à elles, les tournées de chanteurs rock et pop sur la côte est des Etats-Unis. Le marché de l’art peut être également un moyen très fructueux et discret de blanchir l’argent de la drogue.

Source

Autre

WALLON, Alain, OGD=OBSERVATOIRE GEOPOLITIQUE DES DROGUES

OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues) - France

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