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Les enfants de la rue de Ouagadougou et la drogue

10 / 1993

Deux mille cinq cents enfant en moyenne, dont l’âge varie entre 6 et 25 ans, vivent dans les rues de Ouagadougou. Ils viennent de toutes les régions du Burkina Faso, les uns à la recherche d’un emploi, les autres pour se livrer à la mendicité.Ils ont été recencés lors d’une enquête effectuée par les autorités chargées de l’Action sociale et de la famille en collaboration avec l’UNICEF.

Dans ce milieu, on retrouve des enfants non scolarisés, n’ayant donc aucune qualification professionnelle appelés, "talibés; des jeunes travaillant sporadiquement dans le secteur informel, et des enfants scolarisés, parfois titulaires du Certificat d’études primaires (CEPE), mais ayant très tôt abandonné les chemins de l’école pour diverses raisons. Ces enfants se retrouvent souvent en groupes organisés ou se placent sous l’autorité d’aînés qui les initient aux difficultés de la vie de rue.

Ces bandes organisées affrontent de manière solidaire leur existence. Etant en général sans qualification professionnelle, leurs membres se livrent à toutes sortes d’activités licites ou illicites, pouvant leur procurer un peu d’argent : cireurs de chaussures, gardiens de cycles ou de véhicules, apprentis mécaniciens, porteurs de paniers, mais aussi voleurs. Certains récidivistes sont connus des autorités carcérales.

Pour oublier la faim, leur misère, ils ont de plus en plus recours à la drogue. On estime qu’elle touche la moitié des enfants de la rue de Ouagadougou. Ils inhalent en particulier des colles, des diluants ou du carburant, la tête enfouie dans un sac plastique. Ils consomment également des amphétamines communément appelée "blue blue", "Sékou Touré", "Djalan" ou "Mio", souvent en association avec de l’alcool. La marijuana commence à être fumée, ou bue, en groupe, mélangée à du thé dans des infusions. Du fait de leur prix, les drogues comme la cocaïne ou l’héroïne ne sont pas encore consommées. Cependant, beaucoup sont dépendants de ces drogues de la rue.

Les points de vente sont connus de tous. Ainsi, à Ouagadougou, la drogue circule dans les salles de cinéma, aux alentours du grand marché, de la gare férroviaire, de certains kiosques à café ou des débits de boisson.

L’enfant qui s’adonne à ces drogues ne peut être juridiquement poursuivi, les solvants, par exemple, ne figurant pas sur la liste des produits illicites définis par la loi. C’est également la raison pour laquelle ils sont utilisés par les proxénètes, les prostituées, les recéleurs, les dealers.

Mots-clés

drogue, délinquance, chômage, jeune, secteur informel, consommation de drogue, toxicomanie


, Burkina Faso, Ouagadougou

Commentaire

Il existe au Burkina Faso une réelle préoccupation des pouvoirs publics pour la situation des enfants de la rue. Le ministère de la Justice envisage de rédiger une législation pour l’appréhender. Celui de l’Action sociale prépare un train de mesure en vue de la formation et de la réinsertion des enfants de la rue.

Notes

Nature = enquête

Source

Autre

OUI KOULIBALI, Alimata, OGD=OBSERVATOIRE GEOPOLITIQUE DES DROGUES

OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues) - France

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