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Le développement passe-t-il toujours par l’annulation de la dette extérieure ?

Le développement économique actuel fait oublier la notion première du développement, celle de la survivance de l’homme dans son environnement. Au Pérou, Oswaldo de Rivero réfléchit en termes culturels

Sonia DU PLESSIS

12 / 2001

En moins de vingt ans, la dette extérieure péruvienne a été multipliée par six, la population par trois, et les exportations n’ont pas cessé de diminuer. Dans ce contexte, comment parler d’annulation de la dette extérieure péruvienne dans le but de favoriser le développement ? Oswaldo de Rivero, ambassadeur de la Mission péruvienne auprès des Nations unies, se trouve confronté au mythe du développement. Annuler la dette extérieure des pays en voie de développement est certes une façon de les aider à surmonter leurs problèmes économiques et sociaux, mais cela ne résoud rien. Selon Oswaldo de Rivero, le développement doit avant tout être basé sur la culture et non simplement sur l’économie. Il considère que, d’un point de vue économique et social, le mythe du développement découle de deux principes. Tout d’abord, les révolutions industrielle, technologique et scientifique qu’ont subies les pays développés ont entraîné une substitution des matières premières par des produits à technologie avancée, cela dans le but d’offrir de nouveaux produits et services. Ainsi, depuis 1945, l’utilisation de matières premières a diminué de 45 pour cent. Cette "dématérialisation de la production moderne" a pour principales victimes les pays dont l’économie nationale reposait sur l’exportation des matières premières (à l’exception du pétrole). Ensuite, "la déprolétarisation de la production", c’est-à-dire le remplacement de l’homme par la machine, est fondatrice du mythe actuel du développement. Ces deux principes donnent naissance à l’urbanisation intensive et à la fin de l’agriculture, donc au problème de survivance des populations urbaines elles-mêmes. L’accès à l’eau, à une alimentation propre et à l’énergie sont les principaux défis auxquels font devoir faire face les villes de tous les pays dans les prochaines années.

Oswaldo de Rivero propose des solutions afin de résoudre, ou du moins de limiter, ces difficultés. Au niveau national, il semble nécessaire de faire entrer la technologie et la science dans la notion de culture. Ainsi, en Amérique latine, ces deux activités ne sont pas considérées comme faisant partie de l’identité culturelle, ce qui entrave la volonté de développement scientifique et technologique. Un changement de mentalité doit s’opérer par étapes, pour qu’une véritable identité nationale technologique et scientifique voie le jour. Aux niveaux régional et international, des actions communes doivent être menées au travers de programmes de lutte contre les trois principaux problèmes rencontrés par les villes : l’eau, l’alimentation et l’énergie, la démographie galopante. Oswaldo de Rivero préconise une meilleure utilisation des matières premières et demande la création de Tribunaux pénaux internationaux indépendants, permettant de juger des individus ou des Etats sur des sujets allant des violations des droits de l’homme (prostitution, trafic d’enfants, génocides, crimes contre l’humanité, etc.) aux destructions de l’environnement (pollution de l’eau, destruction de la biosphère, etc.). Enfin, une réforme des institutions internationales est, selon lui, indispensable pour une meilleure représentativité de la population actuelle. Désormais, la société globale intègre deux acteurs internationaux : les entreprises multinationales et la société civile. Ces nouveaux acteurs doivent être pris en compte par les institutions au même titre que les Etats, et ainsi participer aux questions débattues.

Mots-clés

dimension culturelle du développement, Etat et société civile, dette extérieure, développement urbain, matières premières


, Pérou

Commentaire

Oswaldo de Rivero remet en cause la vision actuelle du développement qui se veut principalement économique, et prône le retour au développement des ressources de base. Selon lui, une union de travail, basée sur la confiance réciproque entre l’Etat et la société civile, est urgente.

Notes

Source : "The myth of development - The non-viable economies of the 21st century", Oswaldo de RIVERO, New York, 2001 - Contact : Oswaldo de Rivero - ovirivero@hotmail.com

Fiche rédigée lors de l’Assemblée Mondiale des Citoyens de Lille, décembre 2001.

Entretien avec RIVERO, Oswaldo de

Source

Entretien

Centre de Recherche sur la Paix - Institut catholique de Paris - 21 rue d’Assas, 75006 Paris FRANCE- Tel 33/01 44 39 84 99. - France - www.icp.fr/fasse/crp.php

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