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Loft sportif : cascades et effets spéciaux au service de la prévention

Cécile FLEUREAU

01 / 2002

L’association Loft sportif a été créée à l’initiative d’un cascadeur professionnel, Robert Bénitah, qui dirige un organisme de formation professionnelle spécialisé dans les cascades et effets spéciaux. Cet organisme, appelé Hardi, dispense des stages destinés aux professionnels du spectacle et aux jeunes de 18-25 ans qui veulent se former au métier de cascadeur. L’expérience acquise et la pédagogie spécifique développée par Robert Bénitah dans ce domaine l’ont incité à créer une association qui met les techniques cinématographiques au service de la prévention des conduites à risques. En effet, l’attirance des jeunes pour le cinéma et ses métiers permet de les réunir autour d’un projet collectif à long terme en lien avec le monde du spectacle. Dans cette démarche, l’univers cinématographique est un support de prévention, il permet de mobiliser les jeunes et de les sensibiliser à certains risques. Ainsi est né Loft sportif en 1997 dont l’objectif est de démystifier la violence au cinéma par la cascade et les effets spéciaux. Il s’agit, à travers une pédagogie interactive, de faire découvrir à tous les métiers du cinéma, les effets spéciaux, les techniques de cascade afin qu’ils réalisent concrètement que la violence au cinéma n’est que trucage et que les adversaires au cinéma sont des partenaires de travail.

Loft sportif emploie trois salariés pour développer son activité : un directeur pédagogique (Robert Bénitah), une chargée de développement et un agent d’accueil. En plus de ce personnel permanent, l’association emploie ponctuellement des intermittents du spectacle formés à la pédagogie de Robert Bénitah. Les locaux de l’association sont composés d’une salle de sport équipée pour recevoir les groupes qui s’initient aux cascades et une salle de montage pour les films tournés par l’intermédiaire de l’association.

Les actions de prévention des conduites à risques

La vocation sociale de l’association et sa volonté de faire de la prévention l’ont conduite à intervenir surtout auprès des jeunes dans des structures de proximité comme les services jeunesse, les clubs de prévention, les établissements scolaires, les centres sociaux. Les actions menées sont toujours le fruit d’un projet élaboré conjointement entre Loft sportif et les professionnels de la structure dans un objectif de prévention (les professeurs dans un établissement scolaire, les animateurs dans un centre social). Chaque projet est " unique ", répond à la situation spécifique du lieu d’intervention et fait l’objet de demandes de financement particulières à des partenaires institutionnels variés comme la caisse d’allocations familiales, le Centre national de la cinématographie, les directions régionales des affaires culturelles, les ministères de la Ville, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports...

La démystification de la violence au cinéma par la cascade et les effets spéciaux fait généralement partie des activités du projet. Pour interpeller les jeunes sur ce sujet, Robert Bénitah fait des démonstrations avec leur participation : il explique comment se donnent une gifle, un coup de pied, un coup de batte de base-ball au cinéma, comment se fabrique le faux sang, comment se font les maquillages, comment fonctionnent les armes. Connaître ces techniques permet aux jeunes de prendre du recul par rapport aux images médiatiques et d’exercer leur esprit critique.

Le projet peut se traduire par une intervention ponctuelle dans une école avec des ateliers d’initiation à la cascade, au maquillage et aux effets spéciaux ou par l’étude de séquences de films d’action. Il peut s’inscrire dans une démarche de prévention à plus long terme comme monter un spectacle de rue ou réaliser un court métrage.

Un exemple de projet : la réalisation d’un court-métrage

Ce type de création artistique, en plus de démystifier la violence au cinéma par l’apprentissage des techniques cinématographiques, permet d’impliquer des jeunes dans un projet collectif. Par exemple, au centre culturel du Pavé-Blanc à Clamart (Hauts-de-Seine), des problèmes de sécurité routière sur le quartier ont suscité un projet de court métrage en collaboration avec Loft sportif.

En général, ce court-métrage se construit en trois stages d’une semaine répartis sur plusieurs vacances scolaires. Le premier stage est consacré à la formation cascade et effets spéciaux, le deuxième initie les jeunes aux techniques audiovisuelles (caméra, son, lumière), le troisième est consacré au tournage du film, lequel sera monté dans la salle de montage de Loft sportif avant d’être diffusé dans le quartier. Ces stages sont animés par des professionnels tous formés à la pédagogie de Robert Bénitah, car ils doivent réussir à transmettre leur savoir à un public dont ils n’ont pas l’habitude, sans perdre de vue les objectifs pédagogiques de prévention. L’écriture d’un scénario, la mise en scène, les prises répétitives, l’utilisation du matériel audiovisuel réclament un investissement des adolescents qui sont les véritables acteurs du projet et les auteurs du film. Différents thèmes ont été abordés dans ces courts métrages comme le racisme, les conduites à risque en montagne, l’usage du cannabis, le racket, la sécurité routière, la place de la femme dans la société.

Le cinéma, les cascades, les effets spéciaux, les courts métrages ne sont en fait qu’un prétexte pour faire de la prévention. Le caractère attractif et valorisant de cet univers permet de mobiliser des jeunes autour d’un projet collectif par lequel ils apprennent des règles de vie et montrent leurs capacités artistiques.

Ce type de travail auprès des structures de proximité s’intègre dans le champ d’action plus large de l’association visant à démystifier la violence. L’association est amenée à intervenir dans toute la France ainsi qu’en Suisse et au Canada. Elle touche de nombreux publics avec les démonstrations de cascades auprès des enfants de diverses structures et surtout l’animation d’ateliers pédagogiques pour tout public dans les festivals comme le Festival international du film de Cannes, Attitude 18 à Paris, Festival international de la vidéo à Gaillard (Haute-Savoie), " Courts toujours à Pointe-à-Pitre, tu m’intéresses " en Guadeloupe ou lors de manifestations comme celles organisées par le Forum des images à Paris.

Mots-clés

prévention de la délinquance, jeune, cinéma, influence des médias sur la violence, innovation pédagogique


, France, Colombes

Notes

Contact : Loft sportif, 19, avenue Joseph-Binet 92700 Colombes, France - Tél. : 01 47 82 88 88 - contact@loftsportif.com

Entretien avec HAOUEL Florence, chargée de développement Loft Spo

Source

Entretien

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