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Le blanchiment de l’argent dans les Antilles

12 / 1993

Les deux auteurs dénoncent dans cet article les paradis fiscaux et bancaires qui permettent aux organisations criminelles de blanchir le produit de leurs crimes. Ils illustrent leurs propos par trois exemples d’îles où règnent le capital illicite et la criminalité organisée. Les Bahamas, sous la protection du drapeau britannique jusqu’en 1973, ont vu se développer dans les années 60 une industrie de jeu corrompue. Cete dernière a engendré une législation sur le secret bancaire très profitable (comprenant également la non imposition des comptes étrangers et l’absence de véritable réglementation sur les succursales des banques étrangères). Par ailleurs, l’argent déposé n’était ni imposé, ni réglementé et des arrangements en fidéicommis permettaient de dissimuler le propriétaire d’un compte. Tous ces avantages légaux créèrent un boom bancaire auquel participa l’argent illégal. De nombreuses filiales de banques, américaines et britanniques notamment, s’implantèrent dans cette zone. Les Bahamas devinrent un centre bancaire international puis un centre mondial du trafic de drogue. Expliquant comment s’est créé ce paradis fiscal, les auteurs soulignent la relation qui existe entre les sociétés financières qui, en s’installant aux Bahamas, voulaient éviter le fisc et la réglementation et les criminels à la recherche de moyens de dissimuler leur argent. Les uns et les autres se sont renforcés mutuellement.

Quant aux îles Caïmans, colonie britannique, elles intéressèrent les trafiquants quand le trafic de drogue se développa à la fin des années 70 et dans les années 80. Elles devinrent et sont toujours un lieu de placement à long terme de l’argent sale. La partie hollandaise de l’île Saint-Martin joue également le rôle de paradis fiscal où l’on retrouve les mafias américaine, italienne et colombienne. Ces deux derniers exemples prouvent qu’il est dangereux de permettre aux organisations criminelles d’occuper une place importante dans l’économie d’une petite île, voire d’en faire partie intégrante. Une fois installée et la corruption aidant, elles sont pratiqement impossibles à éliminer.

Sont responsables également de cette situation, les anciennes puissances coloniales (Grande-Bretagne, Pays-Bas)et les Etats-Unis. Par exemple, le gouvernement anglais, s’il le souhaitait, pourrait faire fermer la place financière des îles Caïmans. En voulant protéger le capital qui bénéficie aussi des conditions avantageuses régnant sur ces îles, ces pays favorisent le trafic de drogue et les organisations criminelles.

Mots-clés

drogue, flux de capitaux, libéralisme, banque, organisation criminelle, corruption


, Bahamas, Saint Martin, Iles Caïmans

Commentaire

Alan A. Block, professeur d’administration de la justice à l’université d’Etat de Pennsylvanie, et Jack A. Blum, juriste, avocat et conseiller spécial du comité des affaires étrangères du Sénat des Etats-Unis, dénoncent l’hypocrisie dez Etats qui prétendent lutter contre le trafic de drogue. Au nom d’intérêts économiques, ces pays contribuent à renforcer l’impunité des trafiquants de drogue. Cet article met donc en lumière la nécessité d’élaborer une législation internationale plus sévère et plus rigoureuse _notamment dans le domaine bancaire_ permettant de poursuivre les organisations criminelles.

Notes

Synthèse de communication présenté au colloque : LA GEOPOLITIQUE MONDIALE DES DROGUES (10-12 décembre 1992 ; Paris)/ organisé par l’OGD avec le soutien de la Commission de la Communauté européenne.

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

BLUM, Jack; BLOCK, Alan, OGD=OBSERVATOIRE GEOPOLITIQUE DES DROGUES, SEUIL, 1993/11 (France)

OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues) - France

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