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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

DPH, un ensemble de techniques et de pratiques au service de réseaux citoyens

Ou comment sommes-nous en train d’évoluer d’une technique de gestion documentaire vers une offre méthodologique diversifiée

Vladimir UGARTE

01 / 2001

Nouveaux défis, nouvelles missions

"Pourquoi le bien être des riches doit - il toujours reposer sur le malheur des pauvres" telle était la question peinte en 1986 en lettres manuscrites sur un mur à La Victoria, bidonville de Santiago du Chili. Mais cette inscription pourrait aussi nous servir de miroir sur ce qui se dessine à l’aube du prochain millénaire. En effet, le développement de l’humanité, source de bien être pour une bonne partie de la population, accroît aussi l’écart entre les riches et les plus pauvres et nous met devant des risques majeurs. Ces risques, comme l’exprime la Plateforme pour un Monde Responsable et Solidaire, touchent tous les domaines, l’écologie, l’économique, le social, la culture... et le politique en crise, dépassé de plus en plus par ses contradictions n’arrive pas à y apporter des réponses à la hauteur des défis.

Les problèmes apparaissent imbriqués les uns aux autres. Combattre un problème isolément, sans tenir compte des autres paraît être de l’ordre du mirage ou de la vanité. Aucun des acteurs de la société ne peut y apporter seul des réponses pertinentes : Etats, entreprises, organismes internationaux et citoyens se voient de plus en plus obligés de rompre le cloisonnement sur lequel ils ont bâti leur légitimité. La mondialisation est une nouvelle donne, dangereuse pour les uns, bienfaitrice pour les autres, avec laquelle il faut composer pour bien la maîtriser et la mettre au service de la résolution des problèmes auxquelles l’humanité se voit confrontée.

La prise de conscience des enjeux majeurs, de leur interdépendance et du besoin d’agir à plusieurs niveaux est un des grands défis actuels. Cela passe par une mobilisation des connaissances et des savoir-faire concrets, par un échange et une mutualisation des connaissances aujourd’hui trop cloisonnées, trop marginales car trop peu valorisées. "Le voisin sait bien des choses" était le titre d’une des premières publications de la Fondation (éditions Syros), c’est bien là où est l’enjeu, les savoirs nés de l’action, qui se sont forgé par l’usage et le bon sens du temps qui passe appartiennent à un domaine encore trop marginal, et souvent ne sont pas pris en compte par les acteurs eux-mêmes et encore moins par les organisations ou les décideurs. L’édition classique et la plupart des modes d’information actuels sont peu adaptés à la mise en oeuvre d’informations utiles à l’action. Le développement fulgurant des nouvelles technologies ces dernières décennies par leur capacité à faire circuler de façon décentralisée des flux gigantesques d’information rendent encore plus urgent le besoin de repérer l’information utile, de la trier, de la sélectionner pour la confronter aux enjeux actuels de la société. C’est comme l’image du pilote d’avion supersonique qui s’exclame "je suis perdu mais j’ai tout de même battu le record de vitesse".

La Fondation Charles Leopold Mayer pour le Progrès de l’Homme s’est consacré depuis 1990 au renforcement de dynamiques de constitution de réseaux capables de mobiliser ces savoirs. Elle a bâtit avec un certain nombre de ses partenaires les plus proches un système décentralisé d’échange d’expériences, DPH, Dialogues pour le progrès de l’humanité, basé sur la réciprocité, la gratuité et l’utilisation d’un certain nombre d’outils techniques de gestion et de structuration des expériences (banque de données, thesaurus, fiche normalisée d’expérience). Cette banque contient actuellement plus de 7 000 expériences venant de quatre coins de la planète et traitant sur des sujets divers en fonction des thèmes de travail de ses participants. Ce réseau humain constitue ce qu’on appelle communément "le réseau DPH".

Très longtemps, on s’en est tenu à l’idée que le fonctionnement des réseaux humains dépendait presque uniquement de la volonté de partager l’information et de maîtriser les outils techniques de gestion de celle-ci. Des nombreuses formations furent mises en place pour faciliter l’appropriation par des nouveaux réseaux des outils techniques de production et de gestion de la banque d’expériences. Un noyau de compétences et de savoir-faire s’est construit autour de cette appropriation.

Une offre méthodologique diversifiée.

Le réseau DPH s’est donné comme tâche de contribuer à la construction de la démocratie, notamment par l’outillage méthodologique de réseaux citoyens.

En effet, pour accompagner la construction de réseaux citoyens on est amené à agir sur plusieurs niveaux. Le premier niveau est celui de l’identité. Pour qu’un réseau fonctionne il faut qu’il existe un ciment fait de solidarités presque naturelles, de voisinages et de valeurs communes qui donnent un sens au fait de "faire partie d’un ensemble".

Un deuxième niveau est celui de l’élaboration progressive d’un corpus d’idées, de problématiques communes ancrées dans les préoccupations des participants pour bâtir des principes d’action fondés sur l’expérience et la réalité.

Un troisième niveau est le développement d’une capacité à transformer les connaissances accumulées en produits qui peuvent rallier le plus grand nombre et être facilement diffusables vers l’extérieur, notamment sous forme de propositions.

Un quatrième niveau est la capacité de se mettre en relation avec d’autres, de chercher des alliances qui permettent de dépasser son propre champ d’action.

Pour agir sur ces quatre niveaux il faut s’appuyer sur un nouveau métier. Ce nouveau métier exige tout à la fois des grandes qualités humaines, une approche toujours plus technique et une bonne maîtrise des méthodes de l’échange d’expériences. Il exige aussi une capacité à inventer les médiations nécessaires pour utiliser l’information comme un outil et non pas comme une fin en soi.

Ces médiations nécessitent une professionnalisation de plus en plus grande car les bonnes intentions ne peuvent se substituer à une bonne organisation, aux performances et l’obtention de résultats.

Pour DPH en tant que collectif, cela signifie de pouvoir construire une offre de services méthodologiques bâtie sur des outils et des processus de "mise en lien" : 1/ la mise en lien des acteurs à partir de leur propre expérience 2/ la mise en lien de questions entre elles et des questions avec les acteurs (la cartographie) 3/ la mise en lien des textes entre eux, de médiation dans la structuration des idées et leur mise en forme (les produits) 4/ la mise en lien des expériences et des concepts (l’analyse transversale).

Mots-clés

méthodologie dph, décloisonnement des disciplines, système d’information, usage social de l’information, valorisation de l’expérience


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Commentaire

Ce texte assez incomplet d’ailleurs, n’est qu’une sorte de compilation de plusieurs idées éparses, certaines déjà publiées dans le "passeport de DPH", d’autres dans des textes de la Fondation, ou dans quelques textes des partenaires. Sa prétention est simple : accompagner un débat dans le réseau DPH lui permettant de réfléchir aux conditions de son autonomisation.

Source

Document de travail

FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme) - 38 rue Saint-Sabin, 75011 Paris, FRANCE - Tél. 33 (0)1 43 14 75 75 - Fax 33 (0)1 43 14 75 99 - France - www.fph.ch - paris (@) fph.fr

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