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Evolution de la place et du rôle des femmes dans une fédération d’organisations paysannes, selon son président (Thiès, Sénégal).

La place des femmes est plus grande grâce au développement

Noël TINE, Séverine BENOIT

2001

Noël TINE, président de la Fédération des Associations et Groupements des Agriculteurs de Fandène, explique ceci : " Nous avons beaucoup appuyé les femmes parce qu’elles sont très dynamiques, elles travaillent bien et elles sont économistes. Les femmes sont vraiment des exemples chez nous. C’est pourquoi nous avons mis l’accent sur le développement de la dynamique féminine qui était représentée au niveau de la Fédération par une commission dont Alphonsine NDIONE est présidente. Elle travaille de façon presque autonome. Il y a réunion du Conseil d’administration tous les 15 jours et après on évalue. Chaque groupement, chaque commission, amène son programme et fait une auto-évaluation. Chaque groupement et chaque commission ont un président, un secrétaire et un trésorier.

Dans la dynamique féminine (groupe qui réfléchit sur les orientations de développement pour la femme) se sont des femmes. La vice-présidente de la Fédération est une femme. Et dans les autres commissions il y a aussi des représentantes femmes, comme la commission banque céréalière. C’est mixte. La commission environnement, l’hydraulique, l’agriculture biologique, se sont des hommes qui sont les représentants. Les hommes et les femmes ont donc des responsabilités séparées. Ils se retrouvent pendant les réunions d’évaluation, tous les 15 jours. Chaque groupe vient présenter ses résultats et ses difficultés. Et ensemble ils cherchent aussi des perspectives de coordination.

Il y a eu beaucoup de changements dans le partage des tâches entre hommes et femmes. On dirait qu’il y a eu une révolution ! Avant, quand un étranger venait à Fandène, les femmes ne sortaient pas. C’était les hommes seulement qui venaient discuter et les femmes n’osaient même pas assister à l’échange avec cet étranger. C’était dans les années 1970. Et puis on n’aurait jamais vu une femme déléguée pour une association. Maintenant, quand il y a une association dans un village, en général il y a deux délégués : une femme et un homme. Et on voit des femmes qui quittent leur village, qui assistent à des séminaires régionaux, internationaux même, qui passent 15 ou 30 jours à Thiès, dans d’autres régions ou même hors du Sénégal. Cela n’a jamais existé avant. Maintenant ça ne pose aucun problème aux hommes. On considérait que la femme était faible, qu’elle ne pouvait rien faire et surtout, si elle était mariée, qu’elle ne devait pas laisser son mari et passer la nuit hors de sa maison. Et la femme n’avait pas la décision, c’était l’homme seulement. Maintenant, il y a eu un changement de mentalités et c’est la concertation. Aujourd’hui tu vois des femmes qui dirigent des associations, qui sont même membres du conseil rural, qui partent en France. Et cela ne pose aucun problème aux hommes.

C’est lié à l’aide et puis c’est le développement. Parce qu’avec le développement il n’y a pas de discrimination. On ne peut pas dire que se sont les hommes qui doivent développer le Sénégal, ce n’est pas possible. Dans les évaluations, on s’est rendu compte que les femmes étaient beaucoup plus compétentes que les hommes pour le développement. Surtout le crédit, qui fait marcher les choses, ce sont les femmes qui le respectent. Et puis la femme est très convaincante : si on a une démarche à faire au niveau des autorités par exemple, ce qui est certain c’est que la femme réussira plus vite que moi. Parce que comme la femme est faible, si tu es agent administratif, tu l’aides. Alors que l’homme on va le faire attendre, on va lui faire faire des va-et-vient pendant plus de 2 mois. Il y a des démarches où il faut mettre la femme devant, surtout pour régler des choses. "

Mots-clés

femme, organisation paysanne, projet de développement, crédit rural, formation permanente, genre, promotion des femmes


, Sénégal, Thies

Commentaire

Cette fiche développe le point de vue d’un homme sur l’évolution de la place des femmes depuis les années 1970, à la fois au sein des organisations paysannes mais aussi dans la société en général. Le développement induit en effet une concertation entre hommes et femmes et la considération des compétences des femmes. Un véritable changement des mentalités !

Notes

Voir fiches du même interlocuteur GRAD. Entretien réalisé par Séverine Benoit.

Entretien avec TINE, Noël réalisé en février 2001 à Thiès.

Source

Entretien

BENOIT Séverine

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - France - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

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