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L’ASPRODEB, Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement par la Base, au Sénégal

Aider les organisations paysannes à maîtriser la mise en oeuvre de l’aide extérieure

Ousmane NDIAYE, Benoît LECOMTE

2002

M. Ousmane NDIAYE, coordinateur de la cellule d’appui Technique au CNCR (Comité National de Concertation des Ruraux) dit ceci : " Aujourd’hui, l’instrument que l’on essaye d’expérimenter, c’est la maîtrise de la mise en oeuvre de l’aide extérieure par les organisations paysannes. Plusieurs organisations paysannes du Sénégal ont mis en place une association appelée Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base (ASPRODEB). Sa vocation principale est d’assurer le financement d’activités de production, d’activités de renforcement institutionnel et de toute activité qui concoure au développement rural initié par les OP. L’ASPRODEB constitue une courroie de transmission pour les OP. Elle reçoit des financements des différents partenaires sur la base de programmes sur lesquels ils se mettent d’accord. C’est un instrument tout à fait nouveau et peut-être que l’avenir va aller vers cela, avec une particularité importante, la décentralisation. Je crois que, de plus en plus, les instruments d’aide seront décentralisés. C’est ce qu’on appelle la subsidiarité : s’il est possible au niveau d’une communauté rurale que le financement parvienne directement aux organisations de producteurs, que celles-ci puissent faire beaucoup de choses par elles-mêmes ou faire faire beaucoup de choses par des membres de la communauté rurale, il va sans dire que ce mécanisme serait le plus adéquat.

L’ASPRODEB travaille d’une façon décentralisée mais qui n’est pas encore très satisfaisante pour les responsables d’organisations de producteurs. L’ASPRODEB a quatre antennes :

- Une antenne couvre la région de St Louis et de Louga mais elle est vraiment à l’intérieur de la région de St Louis et donc pas très facile d’accès pour les gens de la région de Louga.

- Une antenne à Tambacounda qui couvre aussi la région de Kaolak, mais les gens ont des difficultés pour joindre le coordinateur qui est à Tambacounda.

- Une antenne à Kolda qui couvre Kolda et Ziguinchor et donc, c’est toujours la même question qui se pose.

- Une antenne à Dakar qui couvre les régions de Dakar, Thiès, Fatick, Diourbel et là c’est encore plus difficile.

Donc, un effort de décentralisation est fait et doit être poursuivi. Faire un effort de décentralisation ce n’est pas uniquement faire que les antennes soient proches des populations, cela veut dire aussi qu’on donne des pouvoirs aux structures régionales et que tout ne soit plus décidé, remonté, approuvé par Dakar. Il faut qu’au niveau national l’agence d’exécution des projets de l’ASPRODEB puisse être dotée d’un certain nombre de pouvoirs mais aussi que les "associations régionales" de l’ASPRODEB puissent exercer elles-mêmes certains pouvoirs qui ont antérieurement été exercés par le conseil d’administration national.

Il y a une très forte réflexion des responsables de l’ASPRODEB pour préparer cette décentralisation. L’ASPRODEB n’a pas pour vocation de gérer l’ensemble des financements destinés aux organisations de producteurs. Elle doit être un instrument interne aux organisations de producteurs et les financements recherchés par ses différents membres devraient déjà être gérés par l’ASPRODEB avant qu’elle ne cherche à gérer des ressources publiques. Si les membres n’ont pas confiance dans leurs propres instruments, je ne vois pas pourquoi les bailleurs auraient confiance en l’ASPRODEB. Je crois que l’ASPRODEB doit faire des efforts pour gérer les financements internes, par exemple les programmes qui sont mis en oeuvre par la FONGS. La FONGS négocie avec son consortium mais si l’ASPRODEB était efficace et bénéficiait de la confiance de ses membres, je ne vois pas pourquoi la FONGS se fatiguerait à gérer tout cela et à rendre compte. La FONGS pourrait très bien lui confier ce financement et lui demander de réaliser un certain nombre de services en faveur de ses propres organisations de base. C’est donc d’abord entre les membres. Ensuite, dans la mesure du possible, je crois que l’ASPRODEB peut être amenée à gérer des ressources publiques directement destinées aux organisations de producteurs. Dans ce domaine, peut-être, l’ASPRODEB a déjà fait beaucoup mieux que certains services publics ou d’autres organismes privés. Mais cela ne veut pas dire qu’elle a pour vocation d’avoir le monopole sur l’ensemble des financements destinés aux organisations de producteurs. L’ASPRODEB peut se positionner pour gérer certains financements jugés stratégiques par les organisations.

La réflexion aujourd’hui vise à faire de l’ASPRODEB un instrument d’abord utilisé par les OP elles-mêmes, avant de se proposer pour rendre des services à l’administration ou à des bailleurs de fonds. Elle reçoit les fonds, les met à la disposition des différents opérateurs sélectionnés et s’assure qu’ils font correctement leur travail. Mais l’ASPRODEB n’a pas pour vocation d’exécuter quoi que ce soit. C’est un intendant général auquel le gouvernement a donné l’argent pour que les organisations de base fassent les activités sur le terrain. Donc, l’ASPRODEB répond devant le gouvernement de la bonne utilisation de cet argent. En tant que bon intendant il doit s’assurer que X, Y, Z, qui sont éligibles, sont des opérateurs qui font correctement le travail. "

Mots-clés

organisation paysanne, coopération, financement, Etat, concertation, banque mondiale, structure d’appui


, Sénégal

Commentaire

Cette fiche explique pourquoi l’association ASPRODEB a été créée. Le CNCR met en place des instruments pour faciliter l’appropriation de la mise en oeuvre de l’aide extérieure par les OP locales. L’ASPRODEB gère les fonds alloués aux OP et doit donc répondre de leur utilisation.

Notes

Sur le même sujet, à la même époque voir les fiches de MM. Samba GUEYE et Malamine SONKHO et les autres fiches de M. Ousmane NDIAYE.

Entretien avec NDIAYE Ousmane, réalisé en 1998 par LECOMTE Benoît

Source

Entretien

LECOMTE Benoît

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