español   français   english   português

dph participe la coredem
fr.coredem.info

rechercher
...
dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Une approche territoriale dans la lutte contre l’exclusion et pour le développement local

Des acteurs réunis sur un territoire marqué par deux siècles d’histoire industrielle qui ont forgé une communauté de destin, tentent d’apporter des réponses au problème du chômage et du développement local en créant une structure à guichet unique

Sonia BEN MESSAOUD

La Communauté urbaine Le Creusot-Monceau-Les Mines (CUCM) se situe en Bourgogne, dans le Département de Saône-et-Loire. Constituée depuis 1973, elle réunit 16 communes de moins de 16 000 habitants, à cheval sur trois arrondissements (elle a donc droit à trois sous-préfets). Caractérisée par deux pôles urbains et des espaces ruraux, l’histoire de ce territoire s’est construite autour du bassin minier, en déclin depuis la restructuration du groupe Creusot-Loire Industrie en 1984. Les derniers points de mine ferment en 1990-91. Une identité vieille de plus d’un siècle se décline, mais les habitants héritent d’un long passé historique et d’un riche patrimoine. La population, vieillissante, doit son augmentation à l’apport de nombreuses communautés de migrants (maghrébins, turcs, asiatiques…). Le taux de chômage de longue durée est très fort. Il accuse le record de Bourgogne, mais il représente aussi l’une des meilleures améliorations. Face à cette situation, les élus commencent à mettre en place des outils au début des années 1980 : la mission locale, les entreprises d’insertion, les associations intermédiaires…

Articuler politique d’insertion et développement local

Une décennie plus tard, la crise est toujours là. Le problème du chômage est pensé différemment. Il est bien structurel et non conjoncturel.

En 1992, les élus mettent en place la Maison de l’Information, la Formation et l’Insertion (MIFI), une structure à guichet unique pour un meilleur service aux usagers, et pour une mutualisation des moyens matériels et humains. Elle réunit la mission locale, l’ANPE, le cercle de recherche d’emploi, des associations intermédiaires…. Un débat s’engage sur la meilleure utilisation de ce lieu : Un lieu d’intendance ? Ou un lieu d’accueil du public ?

La deuxième option l’emporte sous l’impulsion d’Agostino Burruni, instituteur spécialisé, mis à disposition par l’Etat pour coordonner la MIFI. Cette option débouche sur la problématique double de l’insertion et du développement local. En 1994-95, Agostino Burruni enrichit sa réflexion en participant au transfert de méthodologie organisé par l’Agence de Développement des Services de Proximité.

En 1996, une re-définition de la mission des structures d’insertion est engagée. La MIFI explose en deux parties : La Maison de l’Information (avec sa mission locale, les autres services et un foyer de jeunes travailleurs), et la création de la Mission d’Information Professionnelle (MIP), dont la coordination, en plus de la MIFI est confiée à Agostino Burruni.

Ses axes de travail :

  • Information : Un centre de ressources est ouvert au public et aux professionnels. Il sert aussi de relais à l’INSEE, un point de proximité pour obtenir des statistiques. Son objectif est de favoriser le relais entre l’offre et la demande.

  • Insertion : La MIP gère et anime le Plan Local d’Insertion par l’Economique (PLIE), un dispositif créé en 1994 pour mobiliser les moyens financiers, notamment européens. L’objectif est d’amener 300 personnes vers l’emploi sur cinq ans. Les orientations sont prises au sein d’un comité de pilotage, qui rassemble l’ensemble des financeurs (Etat, Région, CUCM, ville du Creusot, Agence économique du Creusot).

  • Développement local : Il est centré sur l’émergence des nouveaux secteurs d’activité et la promotion de nouvelles solidarités locales. Trois secteurs sont définis dans le cadre du PLIE : l’environnement ; la valorisation du patrimoine et le tourisme ; et les services aux personnes âgées.

Une vision stratégique

La spécificité de la MIP est de croiser insertion et développement local. Sa démarche repose sur trois principes menées en parallèle :

  • La création d’outils adaptés aux besoins : Un atelier de recherche d’emploi en collaboration avec l’ANPE. Une formation qualifiante, en adéquation aux projets ou aux secteurs d’emploi. Un fonds territorial de garantie pour appuyer les créateurs d’entreprise en situation d’exclusion.

  • Le développement du partenariat et du dialogue entre chefs d’entreprises, élus et chômeurs. Ce travail d’animation partenariale est mené avec Bernard Eme, sociologue au CNRS.

  • La diffusion de l’information pour favoriser le fonctionnement en réseau et l’échange d’expériences, notamment au niveau européen avec les coopératives sociales italiennes.

L’action menée dans la CUCM est dynamique et novatrice. Elle résulte de la rencontre entre une volonté politique de sortir de la crise, et la capacité de la MIP à mobiliser les forces vives et à inventer de nouveaux outils et de nouveaux modes de partenariat au service d’un territoire. Celui-ci est défini par sa proximité, pour construire des solidarités locales et son ouverture à l’extérieur pour favoriser l’échange d’expériences et le transfert de méthodologie.

La MIP souhaite développer son action d’insertion et de développement, mais elle est confrontée au problème de gestion du temps (les demandes de soutien affluent et l’administration réclame trop souvent des rapports et des bilans) et de pression des élus, qui demandent des résultats quantitatifs. Sur le plan juridique, il existe un vide pour doter de statuts et de moyens les structures créées. Une réflexion est actuellement en cours pour pallier à ces difficultés. Le modèle du consortium des coopératives sociales italiennes est exploré. Pour Agostino Burruni, il est important de créer sur ce modèle « une organisation de second niveau », construite autour d’une structure commune ou autour d’une thématique.

L’idée est de mettre en place un outil territorial de mutualisation sur plusieurs aspects : financement, compétences, gestion… Il serait une émanation des initiatives et non d’une instance politique. Pour la formation par exemple, il est nécessaire de créer un fonds mutualisateur et un système de validation au niveau local. La MIP réfléchit sur cette éventualité avec une commission interprofessionnelle paritaire, composée des auxiliaires de vie, des syndicalistes, des organismes de formation et des employeurs pour valider la formation des auxiliaires de vie.

Mots-clés

développement local, aménagement du territoire, accès à l’information, lutte contre l’exclusion, création d’emploi, ville


, France, Le Creusot, Montceau-les-Mines

dossier

Villes et développement durable : des expériences à échanger

Développement économique local

Source

Document interne

Müller Martine et Prébois Antonin, (coord.), Pactes locaux, dossier préparatoire à la rencontre du 9/11/2000, FPH, octobre 2000.

CEDIDELP (Centre de Documentation Internationale pour le Développement les Libertés et la Paix) - 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris, FRANCE - Tel 33 (0) 1 40 09 15 81 - France - www.ritimo.org/cedidelp - cedidelp (@) ritimo.org

contact plan du site mentions légales