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L’association ’Parfum noir’

Tourisme au Sénégal

Claire FAUVINET

1993

Monsieur ALCANTARA, 32 ans, d’origine sénégalaise et de nationalité française, a créé l’association PARFUM NOIR en 1991. Monsieur ALCANTARA a effectué sa scolarité au Sénégal avant de venir en France pour ses études, où il a suivi l’Ecole Des Cadres (EDC)... Il enverra 400 lettres en 2 ans. Chômeur, puis allocataire du RMI (Revenu Minimum d’Insertion), il trouve, en 1990, un stage de quatre mois sur le thème : "Commerce et Europe", organisé par la Chambre de Commerce. Il est embauché à la fin de son stage pour un travail à Rungis, qu’il quitte au bout de deux mois pour cause de mauvaise entente avec son patron. Il décide alors de créer lui-même son travail et d’organiser des voyages au Sénégal, puisqu’il connaît bien son pays, et part trois mois en repérage. En 1991, il crée l’association PARFUM NOIR, avec l’espoir de la transformer en SARL (Société à Responsabilité Limitée)quand il aura plus d’argent. Dans ce but, en 1992, grâce à l’APEC (Association pour l’Emploi des Cadres), Monsieur ALCANTARA a suivi pendant deux mois un stage de "création d’entreprise". Il a jugé ce stage intéressant, mais trop théorique (comptabilité...)et surtout éloigné de la réalité car, selon lui, si l’entreprise marche, les créateurs ont tendance à payer les services d’un comptable. Il pense que ce stage devrait plutôt aider à la préparation du projet et au montage d’un dossier car, sur les quinze personnes présentes, seules trois d’entre elles avaient un projet avancé, auquel elles ont donné suite.

PARFUM NOIR rassemble deux activités pour un seul but : faire connaître la culture africaine, et ce par des voyages à thèmes ou par l’envoi de courrier d’information sur l’Afrique aux adhérents de l’association. Ces adhérents sont au nombre de dix et cotisent 250 FF par an. Cette manière de procéder permet de fidéliser la clientèle. Il veut à terme créer son propre Bureau de Tourisme, car il sait que celui qui existe déjà est mal organisé et complètement débordé. C’est, entre autres, par l’intermédiaire de ce Bureau qu’il propose les voyages.

Pour monter son projet, il a fait appel à plusieurs structures : aux structures gouvernementales à travers l’ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d’Entreprises)et le FDIJ (Fonds Départemental pour l’Initiative des Jeunes). Il a déposé ses demandes en novembre 1992 : elles ont été acceptées toutes les deux, à hauteur de 25.000 FF pour le FDIJ, qu’il recevra en mai, et de 16.000 FF pour l’ACCRE, qui demande un délai plus long. (Pour préparer ces dossiers, il avait fait appel à "IT Conseil", qui lui a monté aussi les statuts de son association moyennant rémunération).

Au niveau des structures privées, il a fait appel à l’ADIE pour un prêt de 30.000 FF. Il avait trouvé l’adresse dans un journal et les avait contactés en mai 1992. En mars 1993, il a obtenu 20.000 FF, remboursables en 18 mois à raison de 1.200 FF par mois. Le délai plutôt long par rapport aux habitudes de l’ADIE (quelques semaines)s’explique par le fait que Mr. ALCANTARA a mis beaucoup de temps pour monter un dossier clair et précis. Grâce à ce prêt, il a pu acheter un ordinateur et tout le matériel dont il avait besoin. Il aurait voulu avoir 30.000 FF de plus pour louer un local. En effet, il est obligé de travailler chez lui, ce qui l’empêche d’avoir des stagiaires pour l’aider et surtout ne favorise pas sa rigueur dans le travail. Cependant, il estime que l’ADIE lui a rendu sa dignité. En effet, ils lui ont fait confiance alors qu’il était au chômage et qu’il n’avait pas d’argent. De plus, il a ainsi l’occasion d’échanger ses impressions avec d’autres créateurs, au cours des réunions organisées par l’ADIE. Il pense que ces réunions sont utiles et peuvent créer des synergies entre personnes et métiers.

Il a contacté aussi la Fondation 3CI. Mr PERIATHAMBY, qui l’a reçu, a paru s’intéresser à son projet et l’a inscrit à deux concours, dont notamment un qui offre 50.000 FF au gagnant. Pour cela, Mr. ALCANTARA doit lui envoyer un dossier, ce qui lui pose un problème, car il n’aime pas les dossiers. Il attendait de 3CI qu’il lui monte son dossier, pour présenter à divers organismes comme France Active, Entreprendre en France, les banques... pour obtenir le plus d’argent possible. De même, il s’est adressé à PIVOD, mais ils ont voulu le "faire travailler". Ils lui ont donné des conseils, mais ce n’est pas ce qu’il cherche.

Il pense s’adresser à un organisme privé : C.G. PARTNER SA. Cet organisme est subventionné à 80 % par le Fonds Régional d’Aide aux Créateurs. Pour le montage d’un dossier, Mr. Alcantara devra payer 3.000 FF au départ, puis 7.000 FF s’il obtient la subvention.

Mots-clés

financement, association, création d’entreprise, tourisme, culture populaire, immigré


, France, Sénégal

Commentaire

Monsieur ALCANTARA est déçu par l’aide des organismes en général : ils ne répondent pas à son attente. Il cherche des personnes pour transcrire, au cours de réunions, ses idées en dossier pour qu’il le présente à des organismes financeurs. Il n’a toujours pas préparé le dossier pour le concours proposé par 3CI. Il semble passionné par l’activité de son association en elle-même, mais toutes les démarches autour le rebutent et il ne semble pas prêt à fournir cet effort. Depuis deux ans que l’association est créée, il n’a toujours pas les moyens de la transformer en SARL. Et son projet semble rester confus dans sa tête. Faute de rigueur, son association pourrait bien disparaître. Il faut dire que, pour l’instant, elle n’est pas nécessaire à sa survie, puisqu’il touche les 3.400 FF de RMI (Revenu minimum d’insertion)et que son loyer est payé par ses parents.

Notes

Entretien avec Mr ALCANTARA, le 23 avril 1993.

Source

Entretien

FAUVINET, Claire; BERTRAND, Valérie, CEDAL FRANCE=CENTRE D'ETUDE DU DEVELOPPEMENT EN AMERIQUE LATINE

CEDAL FRANCE (Centre d’Etude du Développement en Amérique Latine) - France - cedal (@) globenet.org

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