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L’entreprise de menuiserie de Monsieur Paubert

Valérie BERTRAND

1993

En novembre 1992, à Mériel (95), Monsieur PAUBERT, âgé de 29 ans, a créé une entreprise en nom propre dans la menuiserie et l’ébénisterie. Après avoir obtenu un CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle)et un BEP (Brevet d’Etudes Professionnelles)dans ce domaine, il a travaillé pour le compte d’un artisan. Ne supportant plus le manque de liberté d’expression et l’idée de travailler pour une autre personne, il démissionne en août 1992 et décide de monter sa propre entreprise. Ce projet lui tenait à coeur depuis de nombreuses années. Mais, jugeant qu’être un bon ouvrier ne suffisait pas, il préférait apprendre les rudiments en comptabilité, gestion et acquérir une certaine expérience avant de créer sa propre activité. Pendant trois mois, il entreprend des démarches auprès de particuliers, entreprises et collectivités et essaie ainsi de constituer sa future clientèle. A force de persévérance, il décroche un marché auprès du plus grand cabinet d’avocats de Paris. Ayant démissionné, il ne peut bénéficier de l’ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs et Repreneurs d’Entreprise)et des indemnités de l’ASSEDIC (Association pour l’Emploi Dans l’Industrie et le Commerce). Il vivra modestement prendant ces trois mois, grâce au salaire de sa compagne.

Avec un petit apport financier personnel (20.000 FF), il construit son atelier dans son jardin. Ne pouvant emprunter en son nom auprès des banques, il réussit à obtenir, par l’intermédiaire d’un ami, un prêt lui permettant d’acheter les machines nécessaires à sa future activité. Il peut ainsi créer son entreprise. Mais l’achat d’un camion reste encore indispensable. Un article dans la revue Reader Digest lui permet de découvrir l’association ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Economique), à laquelle il s’adresse. Son entreprise étant déjà créée, un plan prévisionnel - qu’il fera établir par un comptable - lui est demandé. Une semaine après le dépôt de son dossier complété du plan, un prêt de 30.000 FF, remboursable en deux ans, lui est attribué.

Depuis deux mois environ, Monsieur PAUBERT commence à retirer un salaire de son activité. Mais il reste insuffisant pour lui permettre de vivre sans le salaire de sa compagne. Cependant, il a réussi à rembourser ses dettes.

Les principales difficultés qu’il rencontre se situent au niveau du manque de personnel et de fonds de roulement. En effet, il a embauché un employé, mais trois personnes seraient nécessaires, s’il pouvait les payer. Ainsi, pour l’instant, il ne peut envisager de travailler pour une clientèle plus importante. Il se contente de celle démarchée pendant sa période de chômage (à 80 % constituée par le cabinet d’avocats).

Afin d’effectuer un suivi, l’ADIE l’a convié à une réunion qui avait pour objectif d’instaurer un dialogue et un échange d’expériences entre créateurs ayant bénéficié de l’aide de l’association. Cette réunion ne lui a pas apporté ce qu’il attendait. Trop de "chiffonniers" et de personnes d’horizons divers y étaient conviés. Monsieur PAUBERT trouve qu’il serait plus enrichissant pour lui de rentrer au sein de la Chambre de Commerce et de rencontrer des créateurs exerçant une activité similaire à la sienne.

Mots-clés

financement, structure d’appui, création d’entreprise, association, chômage, artisan, institution financière, crédit


, France

Commentaire

L’expérience de Monsieur PAUBERT est intéressante dans la mesure où il a démissionné de son travail pour créer sa propre entreprise, ce qui n’est pas courant : on trouvera seulement un autre cas au cours de notre enquête. Il était donc au départ particulièrement motivé. Ses démarches, effectuées auprès d’une éventuelle clientèle avant la création de son activité, ainsi que la construction de son atelier grâce à ses économies, montrent que, dès le départ, il s’est pleinement investi dans son activité. Tout au long de notre interview, Mr. PAUBERT nous a paru rigoureux et déterminé, étant donné la précision et la rapidité avec laquelle il répondait à nos questions. Il a été relativement prudent dans la mesure où il a préféré acquérir de l’expérience, maîtriser la gestion et la comptabilité, chercher une clientèle avant de se lancer.

Notes

Entretien avec Mr. PAUBERT, 20 avril 1993, Mériel.

Source

Entretien

FAUVINET, Claire; BERTRAND, Valérie, CEDAL FRANCE=CENTRE D'ETUDE DU DEVELOPPEMENT EN AMERIQUE LATINE

CEDAL FRANCE (Centre d’Etude du Développement en Amérique Latine) - France - cedal (@) globenet.org

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