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Bilan de la réhabilitation

Le temps de la continuité

Paul DALMAS ALFONSI

12 / 1993

Le facteur temps apparaît important dans la réhabilitation d’un quartier, mais ses unités sont très différentes suivant les interlocuteurs et les périodes. Leur confrontation contribue largement aux difficultés du dialogue entre partenaires et parfois, génère des conflits.

* Pour le gestionnaire :

L’unité de temps, c’est la durée de vie du patrimoine concerné etle taux d’amortissement des emprunts; c’est aussi le temps des négociations et des études préalables; c’est celuide la durée d’un chantier qui doit être maîtrisée pour éviter les dérapages.

Pour l’administration qui détient la clé du financement

C’est la fatidique annualité budgétaire qui contraint à programmer au plus juste et à dépenser des crédits accordés, sous peine de ne pas retrouver les montants équivalents l’année suivante; c’est le temps des orientations nationales qui annonce un doublement du rythme de la réhabilitation du patrimoine et un achèvement en 1995, etc.

* Pour le maître d’oeuvre ou l’entreprise :

C’est le temps compté et mesuré d’une étude, d’un concours, d’un chantier.

* Pour les habitants :

C’est l’urgence des réponses à des insatisfactions accumulées qui apparaissent simples à satisfaire. C’est le décalage entre une décision longue à venir et un engagement de travaux qui s’éternise; c’est aussi le temps de la vie dans un quartier ou un immeuble qui représentent, malgré leurs insuffisances, un enracinement, des solidarités, des souvenirs et, peut-être, des projets.

La réhabilitation, telle qu’elle est organisée aujourd’hui, vient trop souvent perturber le temps du quartier et de ses habitants. La "machine" PALULOS se met en route et l’on passe, en quelques mois, d’une situation de quasi abandon où la moindre réparation apparaît impossible, à l’engagement d’un chantier lourd qui traumatise et perturbe la vie quotidienne. C’est là un moment difficile du point de vue des locataires. Ses conditions laissent des traces qui peuvent remettre en cause les résultats objectifs des travaux, du point de vue des usagers. Le souci de la continuité semble donc primordial dans toute approche de la réhabilitation. Elle doit s’insérer naturellement dans un "avant" (l’histoire)et un "après" (des nouveaux modes de gestion et de relation entre logeur et logés). La réussite de la réhabilitation se mesure à la bonne articulation entre ces diverses périodes. La nécessaire continuité se mesure également à la permanence des interlocuteurs ou, du moins, à leur capacité d’intégrer l’expérience et la mémoire de leurs prédécesseurs. Certains professionnels réfléchissent à une programmation de la réhabilitation étalée sur 5 ou 7 ans. Une telle perspective ne doit cependant pas servir de justificatif au retard des décisions d’actions et des améliorations qui répondent aux besoins des résidents et considérées comme urgentes.

Mots-clés

logement, logement social, réhabilitation de l’habitat, valorisation de l’expérience, négociation, financement du logement


, France

Notes

Cette fiche a été réalisée dans le cadre de l’évaluation de la politique de réhabilitation du logement social, animée par la Direction de l’Habitat et de la Construction du Ministère de l’Equipement, du Logement et des Transports, Arche de la Défense, Paroi Sud, 92055 Paris-La Défense Cedex O4.

Source

Littérature grise

DIRECTION DEPARTEMENTALE DE L'EQUIPEMENT DU RHONE (DDE 69); GROUPE LOCAL D'EVALUATION DE LA REHABILITATION DE LYON (France)

CEDIDELP (Centre de Documentation Internationale pour le Développement les Libertés et la Paix) - 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris, FRANCE - Tel 33 (0) 1 40 09 15 81 - France - www.ritimo.org/cedidelp - cedidelp (@) ritimo.org

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