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Federsolidarietà, une fédération de coopératives de solidarité sociale

stratégie et structures

08 / 1993

Federsolidarietà est la plus importante fédération de coopératives de solidarité sociale qui existe en Italie, c’est

Quelques chiffres: 1.300 coopératives membres dans tout le pays; 44.000 associés; chiffre d’affaires autour de 1.000 milliards de lires (environ 700 millions de US $).

La fédération nationale, qui joue un rôle de représentation politique et de coordination, se compose de 11 fédérations régionales, auxquelles adhèrent toutes les coopératives de base. Celles-ci, suivant les principes de Federsolidarietà, doivent être:

- spécialisées, non seulement dans le secteur productif choisi, mais aussi quant à la capacité de donner des réponses adéquates aux problèmes des personnes en difficulté (membres ou usagers)auxquelles les coopératives s’adressent;

- avec un fort ancrage territorial .Ceci leur permet de valoriser les potentialités des réseaux de solidarité qui existent dans le milieu et d’intéragir avec les structures administratives et les services locaux. La relation avec le secteur public est régie par des conventions, ce qui permet d’être autonome, tout en étant dans un cadre d’obligations réciproques très clair. La dimension locale permet aussi l’émergeance de dirigeants qui connaissent parfaitement leur milieu et dont la légitimité s’appuie sur une réelle base sociale;

- de petite taille. Celle-ci est la condition pour garantir un climat de travail et des rapports interpersonnels qui soient favorables à l’épanouissement des travailleurs, en particulier de ceux qui ont des difficultés.La dimension réduite est également la condition pour un réel enracinement dans la communauté. Cependant,si la petite dimension est nécessaire pour atteindre certains des objectifs de la coopérative, elle peut constituer un handicap lorsqu’il s’agit d’affronter des problèmes qui dépassent ce cadre: relations avec les autorités régionales et nationales, services d’assistance technique et de formation, articulation de l’action entre les différentes coopératives pour des complémentarités, des contrats, des appels d’offre, etc.C’est ainsi que Federsolidarietà a opté pour une politique de création de "consortia": il en existe 30 au niveau provincial (dont plusieurs avec la dénomination "SOL.CO." - Solidarietà e Cooperazione)et un au niveau National, le CGM (Consorzio nazionale della cooperazione di solidarietà sociale Gino Mattarelli), qui a son siège à Brescia, chef-lieu d’une des provinces à plus haute densité de coopératives sociales.

Le Consortium national -CGM- est opérationnel dans 3 secteurs:

1. le Centre d’Etudes, qui réalise des activités de recherche, consultation et diffusion des principes de la coopération sociale. Le Centre est au service aussi bien des membres que du secteur publique, pour lequel il réalise de nombreuses recherches aptes à fournir des éléments théoriques et pratiques pour mieux orienter l’activité de planification du secteur social.(Il ne faut pas oublier le rôle capital joué par le mouvement des coopératives sociales dans la promulgation de la loi 381/91 qui les concerne. Voir fiche spécifique sur cette loi). Le Centre publie une remarquable revue trimestrielle:"Impresa sociale" (Entreprise sociale);

2. le secteur Formation, qui a l’objectif de renforcer les capacités de gestion entrepreneuriale des coopérateurs (gestion stratégique, coordination des ressources humaines, marketing social, etc.)et d’améliorer le "produit social" (philosophie de l’action dans le domaine du handicap, exclusion sociale, etc.);

3. le secteur Participation et Intégration, qui a pour but de favoriser la naissance ou le développement de nouveaux consortia, la communication et l’échange d’expériences entre les consortia et entre les coopératives, de rendre visible l’innovation sociale en fonction de sa diffusion. L’expansion du phénomène des coopérative sociales s’appuie sur une stratégie dite "du champs de fraises", dans le sens que chaque entité territoriale est censée pouvoir être à l’origine de la naissance d’autres coopératives, sans que cela limite l’autonomie de chacune d’entre elles.

Le CGM travaille en étroite collaboration avec les consortia provinciaux et plusieurs séminaires de formation sont réalisés au niveau décentralisé.

Au niveau provincial, de petits consortia sectoriels peuvent être créés (ex. entre coopératives travaillant dans le secteur de l’informatique, de l’environnement, etc).C’est souvent le consortium qui participe aux appels d’offre et négocie les contrats.

Mots-clés

coopération, innovation sociale, Etat et société civile, formation, recherche


, Italie, Brescia

Commentaire

La Fédération semble s’orienter vers un modèle anglo-saxone suivant lequel les citoyens doivent pouvoir disposer des moyens financiers qui leur permettent de rechercher sur un marché "libre" les réponses les plus appropriées à leurs besoins sociaux. Ceci faciliterait un système de concurrence entrepreneuriale qui obligerait à améliorer la qualité des services.

Ces théories font l’objet de débat et ne sont pas partagées par tout le monde, ni à l’intérieur ni à l’extérieur de la Fédération.

Un autre thème de débat, concerne le statut des personnes en difficulté au sein des entreprises sociales. Si pour la "gauche" il est fondamental que les personnes en difficulté deviennent membres à part entière de la coopérative, puisque cette appartenance fait partie du processus de réhabilitation, pour Federsolidarietà la coopérative est plutôt un lieu de "transition", en vue d’une insertion professionnelle dans le marché du travail, et ce pour permettre aux nombreuses personnes qui le demandent de profiter de cette opportunité.

Notes

Cette fiche a été rédigée à l’issue des rencontres que M.T. Cobelli e eues avec M. Felice Scalvini, Président de Federsolidarietà,à Rome et à Brescia , ainsi qu’avec M. Beppe Pezzotti,Administrateur Délégué de "Sol,Co" (consortium des coopératives sociales de la province de Brescia)les 12 et 18 août 1993.

Source

Entretien

COBELLI, Maria Teresa, IRED Nord

IRED NORD (Innovations et Réseaux pour le Développement) - Via Tacito 10. 00193 ROMA. ITALIA. Tel (19)39 6 320 78 49. Fax (19)39 6 320 81 55. E-mail irednord@geo2.poptel.org.uk - www.ired.org

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