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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Politiques des prix du riz, incitations à la production et effets sur la répartition des revenus dans six pays africains

Marguerite BEY

11 / 1993

La crise pétrolière de 1974 entraîne la perturbation des marchés internationaux de céréales. Le cours mondial du riz atteint pendant cette période son record historique. A partir de cette date, l’évolution du prix du riz à l’importation est très mouvementée par rapport à toute la période antérieure. La conséquence immédiate est la modification des stratégies suivies jusque-là: rupture de l’équilibre des balances des paiements liée à la fois à des importations de riz de plus en plus onéreuses et à la facture pétrolière devenue trop lourde. D’où l’apparition d’un environnement favorable à l’adoption d’une politique volontariste de subvention aux importations.

Dans une première partie, l’auteur décrit l’évolution de la riziculture dans six pays: Cameroun, Côte d’Ivoire, Libéria, Madagascar, Sénégal et Sierra-Léone. Les paysages agricoles de ces pays présentent les caractéristiques communes suivantes:

- coexistence d’une riziculture traditionnelle et d’une riziculture plus moderne à partir des années 1960 pour les quatres Etats francophones et à partir des années 1970 pour le Libéria et le Sierra-Léone.

- L’existence de modes de culture traditionnels peu productifs par rapport à une demande de plus en plus grande essentiellement liée à l’explosion démographique et à l’urbanisation.

Une politique d’équilibre entre l’offre et la demande s’avère plus que jamais nécessaire. Parallèlement, il faut minimiser le dépendance à l’égard des pays exportateurs de riz, surtout dans un contexte international incertain. Pour ce faire, la promotion de stratégies de développement de la culture de riz s’impose désormais aux différents Etats:

- Intégration des programmes de riziculture irriguée dans les plans de développement national

- Recentrage de la production agricole et agro-industrielle en direction du marché interne

- Mise en place de subventions des organismes étatiques ou para-publics pour la collecte du paddy et la commercialisation du riz usiné.

Cependant, malgré les efforts déployés, la production d’une manière générale stagne puis régresse. Les facteurs limitants, bien que variables se situent aux niveaux internes et externes:

1- Au niveau interne: la mauvaise formulation de la politique des prix avec pour seule référence l’évolution du cours mondial oriente le choix du consommateur plutôt sur le riz importé; le producteur, non stimulé, perd tout intérêt au développement de la riziculture. De plus, l’augmentation du prix à la consommation entraîne la disparition de toute subvention à la production. D’où perte de revenus chez les paysans. Du côté de la demande, la menace de l’expansion démographiques entraîne des importations soutenues par l’Etat.

2- Au niveau externe: Les contraintes naturelles telles que les conditions climatiques, pédologiques et hydrographiques sont défavorables à la riziculture. La présence en 1974 d’un prix international modéré ne favorise pas le relèvement des prix locaux du riz.

Mots-clés

prix des produits agricoles et alimentaires, agriculteur, crise économique, production agricole, politique agricole, agriculture d’exportation, céréale, marché mondial, riz, importation alimentaire, subvention, autosuffisance alimentaire


, Cameroun, Côte d’Ivoire, Libéria, Madagascar, Sénégal, Sierra Leone

Commentaire

L’organisation de la filière riz dans les six pays étudiés révèle trois éléments:

- Des effets pervers: les politiques incitatives restent à un stade théorique; les paysans organisés sont plutôt paupérisés. La politique agricole des Etats, le plus souvent orientée vers des projets de prestige donc peu productifs, prend rarement en compte les vrais besoins des populations rurales. Le projet de développement n’est jamais global.

- Sur le plan macroéconomique, la recherche de solutions de facilité (importations à outrance plutôt que la recherche d’un développement endogène)ne peut qu’entretenir la dépendance des Etats africains vis-à-vis du centre.

Source

Thèse et mémoire

PHELINAS, Pascal, UNIVERSITEDE CLERMONT-FERRAND I, 1986/09 (France)

CECOD IEDES - 162 rue Saint Charles, 75015 Paris, FRANCE. Tel 33 (1) 45 58 48 99 - Fax 33 (1) 45 57 31 69 - France

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