
à contributions
Dossiers en cours
2007 / 2008
Gouvernance de l’eau : l’urgence de changer de regard et de pratiques
Atteindre la durabilité par les filières : de la production à la consommation
Le riz occupe une place importante dans l’alimentation en Côte d’Ivoire. Intégré aux habitudes alimentaires des ivoiriens et facile à accommoder, ce produit tend à supplanter les plats cuisinés à base de denrées locales servis aussi bien dans les familles que dans l’informel alimentaire. Consommé sous diverses formes (cuit à l’eau, yassa, tiep’djien, bouillie)le riz représente 46% des plats servis dans près de 60% des restaurants (toutes catégories confondues)contre 46% pour l’attiéké, 19% et 9% respectivement pour le foutou de banane et d’igname. De par ses qualités organoleptiques (goût, parfum, consistance, couleur, etc.)et son coût relativement bas, le riz importé pour "consommation de masse" a déclassé le riz artisanal estimé trop cher. La prédominance de la consommation du riz et d’autres produits manufacturés tous favorisés par une politique d’importation de l’Etat ivoirien n’est pas du tout à l’avantage des producteurs. Le prix des céréales locales a connu une augmentation: entre 1970 et 1986, le prix des féculents est passé de 129,3 FCFA à 174 FCFA; par contre le prix du riz importé pour "consommation de masse" a été réduit de presque moitié, passant de 208,6 FCFA à 160 FCFA. Ce renversement de situation est lié à deux phénomènes:
1- Seul importateur de riz par le biais des taxes à l’importation et de la fixation des prix, l’Etat soutient une politique alimentaire essentiellement basée sur les ruraux citadins". ce qui lui permet de garantir son pouvoir politique par la minimisation d’éventuelles agitations sociales. Cette politique alimentaire pro-urbaine a entraîné le développement d’une "alimentation extérieure informelle".
2- Le second phénomène consiste dans l’apparition de bénéficiaires "cachés":
- les importateurs agréés: détenteurs de quotas d’importation
- l’Etat: cette solution de facilité lui permet d’équilibrer ses comptes.
Cette double accumulation désarticule l’agriculture ivoirienne aux potentialités pourtant énormes.
Cette situation n’inquiète pas l’Etat ivoirien, plutôt préoccupé par une accumulation "illicite". Pense-t-il à l’état de santé de ces mêmes consommateurs dont il prétend défendre les intérêts immédiats? La non maîtrise des techniques culinaires par les tenanciers de "maquis" (parce que constitués pour la plupart de migrants ruraux reconvertis dans la restauration)risque de poser de graves problèmes de santé publique. Au Burkina Faso par exemple, les médecins commencent à s’inquiéter du développement des maladies-cardiovasculaires à Ouagadougou. Malheureusement, aucune étude n’a encore été menée dans ce domaine.
Articles et dossiers
AKINDES, Francis, SOLAGRAL in. LA LETTRE DE SOLAGRAL, 1989/12/11 (France), N°30
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