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Entraide villageoise et développement Groupements paysans au Burkina Faso

Marguerite BEY

12 / 1993

Les groupements NAAM dans la province du Yatenga ont connu depuis une quinzaine d’années une série de mutations. Au départ sous l’égide de l’Etat, ils se sont peu à peu substituer à celui-ci grâce au dynamisme des paysans. Les politiques alimentaires et agricoles de l’Etat visent d’abord à rendre autonomes et responsables les paysans. On tient compte dans les projets de développement de l’environnement physique et humain, afin de déclencher une dynamique consciente d’activités cohérentes et innovatrices. Cette nouvelle forme d’appui aux communautés de base (entraide entre les classes d’âge, association traditionnelle communautaire, etc.)est fondée sur une implication de l’ensemble de la société. Il s’agit de favoriser un partage équitable des rôles grâce à l’exercice collectif de la responsabilité. C’est ainsi que l’on peut lutter contre une des causes des échecs des politiques agricoles. De plus, la main mise de l’Etat sur le monde paysan est également battu en brèche par le rôle actif des paysans sur le long terme. Pour l’auteur, il s’agit de comprendre comment des infrastructures de production pourraient être introduites, intégrées et autogérées par la population. Son action se fonde plus sur la valorisation du potentiel humain que sur une quelconque capacité financière. Pour l’Etat, une des garanties de réussite des projets se trouve dans une juste répartition du pouvoir entre les aînés et les cadets, afin de mieux contrôler les influences négatives de la modernité. La productivité est remplacée par la solidarité qui limite l’introduction d’une rationalité économique capitaliste. L’éducation rurale dans le Kombi-naam amélioré s’est dévellloppé pour réduire l’exode rural et l’échec scolaire des jeunes, avec un enseignement dont le contenu est plus pratique que théorique. Naissent alors les Fédérations de Jeunes Agriculteurs (FJA), puis les Groupements de Jeunes Agriculteurs (GJA). Ces groupements parascolaires ont l’autorisation de cultiver la terre grâce au soutien de l’Etat. Le monde paysan, par ses enfants commence à se prendre en charge. La devise est de s’enraciner dans le village et s’ouvrir aux techniques modernes. Les travaux sont tous effectués collectivement et l’Etat intervient pour avaliser les demandes en équipements auprès des ONG notamment. C’est cette capacité d’innovation qui fera naître le mouvement des 6S. Le désengagement de l’Etat a permis de laisser la place aux paysans pour s’occuper de la gestion de leurs ressources.

Mots-clés

agriculteur, agriculture paysanne, organisation paysanne, éducation, politique agricole


, Burkina Faso

Commentaire

Les activités économiques visent à construire des infrastructures hydro-agricoles, favoriser le maraîchage, l’élevage et la création de moulins à mil.

Source

Livre

OUEDRAOGO, Bernard Lédéa, L'HARMATTAN, 1990 (France)

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