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Réalités et perspectives du Burkina Faso sous ajustement

Marguerite BEY

11 / 1993

Le Burkina Faso est un pays essentiellement agricole; ce secteur clé de l’économie n’échappe pas au Programme d’Ajustement Structurel (P.A.S)qui est appliqué depuis 1990. Un des volets du P.A.S est le P.A.S.A (Programme d’Ajustement du Secteur Agricole)qui doit permettre d’assurer la sécurité alimentaire.

La notion de sécurité alimentaire est apparue à la suite de la grande sécheresse de 1973, dont la gravité des conséquences a conduit à la création d’institutions telles que le C.I.L.S.S (Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel)et l’O.F.N.A.C.E.R (Office National des Céréales). En dehors d’une politique de développement de la riziculture avec la coopération chinoise, se sont surtout les cultures de rente qui se sont intensifiées, sous la tutelle de sociétés comme la CFDT (aujourd’hui SOFITEX), la SATEC (Société d’Assistance Technique et de Coopération), ou le CIDR (Centre International de Développement Rural). Avant l’application du P.A.S.A, la politique agricole se caractérisait par:

- un financement essentiellement extérieur (Banque Mondiale, CCCE, BOAB, BAD, ACDI et USAID), orienté vers les cultures de rente (coton, arachide, sésame);

- un manque crucial d’agents d’encadrement: un agent pour 8,7 villages, soit 967 exploitations ou 4081 producteurs. Au total, seulement 39% des exploitations étaient effectivement encadrées. (Ce chiffre ne tient pas compte des actions des O.N.G).

Les producteurs sont encouragés à s’organiser en groupements villageois et coopératifs, et la commercialisation est assurée par la SOFITEX, la C.G.P (Caisse Générale de Péréquation), l’OFNACER et la C.S.P.P.A (Caisse de Stabilisation des Prix des Produits Agricoles). Toutefois, le niveau de production des produits vivriers reste bas, contrairement à celui des cultures de rente. La politique agricole préconisée avant le PASA ne permettait pas d’atteindre la sécurité alimentaire. Cependant, les orientations du PASA restent identiques à celles prônées jusque-là: la modernisation et la diversification de la production, l’amélioration de la gestion des ressources naturelles, la sécurité alimentaire, etc. Ce sont les méthodes qui diffèrent: désengagement de l’Etat et suppression des subventions, notamment aux intrants qui provoque une augmentation des coûts de production. Cette augmentation se répercute sur les prix de vente aux consommateurs, alors que dans le même temps, l’application du PAS entraîne une baisse du pouvoir d’achat. De plus, il est à craindre que pour faire face aux coûts de production, les paysans se tournent vers les cultures de rente. Une perspective qui rend encore plus hypothétique la réalisation de l’objectif de sécurité alimentaire.

Mots-clés

ajustement structurel, agriculture, commercialisation, coopérative, agriculture d’exportation, intervention de l’Etat, libéralisme, prix, souveraineté alimentaire, agriculture vivrière, subvention, autosuffisance alimentaire


, Burkina Faso

Commentaire

La sécurité alimentaire implique nécessairement l’autosuffisance alimentaire. Tant que le PAS privilégie les cultures de rente, il semble difficile d’atteindre la sécurité alimentaire.

Source

Articles et dossiers

CGTB=CONFEDERATION GENERALE DU TRAVAIL DU BURKINA, C.G.T.B in. LE TRAVAIL, 1992/11 (BURKINA FASO), N°16

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