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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Hung-Loc, Vietnam

Marguerite BEY

01 / 1994

Le développement du village de Hung-Loc (situé dans le delta du Mékong)est tardif, puisqu’il ne s’opère qu’avec la première grande vague d’immigration en 1972, entraînant une forte pression foncière. A partir de 1979, les autorités procèdent à la collectivisation des terres et installent six coopératives. Il se produit alors une forte résistance de la part de nombreux paysans qui refusent l’intégration dans les coopératives et la confiscation de leurs terres. Les paysans conservent néanmoins le droit de posséder un petit lopin pour leur propre consommation. En dehors des coopératives, auxquelles les paysans achètent les intrants et vendent leur production, les moyens de production demeurent privés.

Mais les résultats de cette expérience collectiviste sont médiocres : la production tend à baisser et l’on dénombre même quelques cas de famine. La loi est parfois aussi contournée. Par exemple, un marché noir se développe en raison des prix agricoles peu attrayants accordés aux paysans par les coopératives, ou également un marché de la terre, bien qu’officiellement, la propriété soit abolie.

A partir de 1989, les terres sont restituées à leurs anciens propriétaires et les coopératives sont dissoutes. La redistribution des terres permet une répârtition plus égalitaire, même si l’on assiste actuellement à une certaine reconcentration. Bien que la Constitution du Vietnam précise que le peuple tout entier est collectivement propriétaire de la terre, les paysans se considèrent propriétaires de leurs parcelles, alors qu’ils ne disposent en fait que d’un usufruit à vie. Les transactions foncières ainsi que l’ensemble des achats et ventes des paysans s’effectuent désormais sur le marché libre.

Certaines familles paysannes ne sont pas autosuffisantes (en particulier les 30% de cette catégorie de producteurs qui possèdent moins de 50 ares)et doivent exercer une activité hors de l’exploitation pour survivre. De plus, la plupart de ces exploitations ne sont pas en mesure d’accumuler des capitaux et leur reproduction économique est entièrement dépendante de l’évolution du marché.

L’auteur préconise un système de soutien des prix face aux aleas du marché, le développement d’un système de crédit en vue d’améliorer les rendements et, enfin, la création de nouvelles unités de transformation locale qui libéreraient les paysans de l’emprise des commerçants privés.

Mots-clés

politique foncière, prix des produits agricoles et alimentaires, marché agricole, agriculture paysanne, intervention de l’Etat, coopérative, marché intérieur, politique agricole, mouvement paysan


, Vietnam, Delta du Mekong

Commentaire

Les paysans ne respectent pas les directives fixées par le gouvernement. Ceci s’exprime d’abord par une résistance paysanne face à la collectivisation, puis par des transactions foncières effectuées en contournant la loi. La décollectivisation n’est qu’une étape d’un processus d’intégration des paysans au marché qui demandera encore de nombreux efforts de la part du gouvernement.

Source

Thèse et mémoire

GUILLEMONT, Murielle, INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE PARIS-GRIGNON, 1992 (France)

CECOD IEDES - 162 rue Saint Charles, 75015 Paris, FRANCE. Tel 33 (1) 45 58 48 99 - Fax 33 (1) 45 57 31 69 - France

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