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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Voiture en copropriété

Ina RANSON

06 / 1993

Les nuisances qui résultent de la prolifération des voitures (pollutions diverses, effet de serre, encombrement des routes)sont bien connues. Mais comment vivre sans voiture ?

Une voiture roule en moyenne une heure par jour. Le reste du temps, elle rouille et consomme de l’espace urbain. Ne peut-on vraiment pas en faire une utilisation plus rationnelle ? Une réponse possible : partager la voiture avec d’autres. Le "car-sharing" ou co-voiturage a fait ses preuves dans plusieurs pays de la CEE et il existe une grande variété de modèles d’organisation et de formules de contrats, adaptés aux particularités des situations et des lieux.

La formule la plus simple est évidemment le partage de voitures entre voisins. Là aussi, il est très recommandé de se procurer un modèle de contrat et de s’y tenir strictement. Dans un club plus important, les membres téléphonent à un centre de réservations, parfois disponible 24 heures sur 24. L’utilisateur se rend à l’emplacement le plus proche, souvent concédé par la commune. Il y prend les clés de contact rangées dans un tiroir qu’il ouvre avec sa carte ou sa clé universelle. De retour, il marque l’heure, le nombre de kilomètres parcourus et toute autre information utile. La facture lui sera envoyée une fois par mois : elle ne calcule que les frais réels d’essence ou d’utilisation (à Brême par exemple : 3 DM l’heure , ou 1,50 DM en cas d’abonnement pour utilisation régulière ; en plus 0,40 DM par km, avec 25 DM de cotisation par mois). L’entretien et les réparations sont pris en charge par la centrale. Le membre d’une organisation de car-sharing a en général bien moins de soucis et de dépenses qu’un automobiliste ordinaire !

Comment lancer un car-sharing club ? Ernst Brandt, un des initiateurs de "Stadt-Auto" à Brême raconte que tout a commencé pour lui avec une conférence publique au printemps 1990, organisée dans le cadre d’une réflexion sur la ville écologique. L’auditoire était invitée à signaler son intérêt pour un partage de voitures en s’inscrivant sur une liste qui circulait. "Il y avait 40 personnes, un nombre suffisant pour s’y lancer. Nous nous sommes fixés des délais, en décidant qu’en automne tout serait en route !" Ernst Brandt et un ami se sont mis au travail : il fallait fonder une association, se faire embaucher dans le cadre des mesures de création d’emploi, prendre des contacts réguliers avec la presse, faire un voyage en Suisse, pour étudier sur place comment les choses se passent concrètement, prendre rendez-vous à la centrale européenne de Berlin pour se faire conseiller... Comme prévu, le Club commença à fonctionner en novembre 1990, avec trois véhicules, achetés avec l’argent de la caution des premiers membres (1000 DM à l’époque, aujourd’hui ce sont 750 DM). "C’était prendre des risques ! Ils auraient pu décider de résilier le contrat. Mais en fait, on n’a jamais rencontré de graves problèmes financiers, car les membres ont eu très envie que cela marche !" A présent, "Stadt-Auto" fonctionne avec 19 voitures. Pour payer le salaire total des deux personnes qui s’en occupent, il faudra que ce soient 50 à 60, comme par exemple à Berlin. Pour l’instant, la ville de Brême accorde encore une aide économique, d’une part pour soutenir la création d’entreprise, d’autre part pour favoriser un développement plus intelligent des transports. Il est en effet prouvé que les membres d’un car-sharing-club diminuent l’utilisation de la voiture en faveur des transports en commun. Ernst Brandt qui est aussi payé à mi-temps par l’université, observe de près le comportement de ses clients. Sociologue diplomé, il est chargé de l’accompagnement scientifique du car-sharing-club, et il prépare une thèse de doctorat sur son expérience.

Mots-clés

transport, moyen de transport, lutte contre la pollution


, Allemagne

Commentaire

D’après mes recherches, il n’existe, à l’heure actuelle, pas encore d’expériences semblables en France.

Notes

"ORGANISME": Stadt-Auto Bremen, car-sharing GmbH. Mathildenstr. 25. 28OO Bremen 1. Tél. 421/77010. Téléfax 421/74465. "ENTRETIEN" avec le responsable : Ernst Brandt

Source

Autre

RANSON, Ina, EUROPEAN CAR SHARING (Allemagne)

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