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Un projet d’espoir à une époque sans perspectives

Les services de conseil pour la reconversion dans la région du Mühlviertel

Ina RANSON

1993

L’objectif de l’association nord-autrichienne "Die Neue Landwirtschaft Mühlviertel" (La Nouvelle Agriculture au Mühlviertel)est d’encourager et de soutenir les paysans qui décident de se reconvertir dans l’agriculture biologique.

En Autriche comme ailleurs, beaucoup de paysans ont quitté la campagne au cours des dernières décennies. Et la tendance persiste - sauf dans certaines régions où la "reconversion" de l’agriculture industrielle vers "l’agriculture durable" permet à de nombreux paysans des montagnes de reprendre espoir. Le succès de ce mouvement de reconversion - et il n’est pas abusif d’employer ce terme - est dû aux efforts des associations régionales de développement. Fondées en 1983, elles ont élaboré un concept de développement qui mise avant tout sur les ressources et les potentialités existant sur place en comptant très peu sur les investissements de l’extérieur ; cette forme de développement devra faire de la région un "biotope de l’agriculture" où la beauté harmonieuse du paysage attirera les touristes qui aiment "les loisirs doux".

Actuellement la région du Mühlviertel au nord de la ville de Linz compte déjà un bon nombre de paysans qui ont choisi la reconversion vers l’agriculture durable. Les études de marché indiquent que les "consommateurs-bio" sont en progression : à l’heure actuelle, ils achètent à 80% des produits importés, ce qui prouve qu’il existe un créneau de marché prometteur. "En dehors de la plus-value éthique, nous pouvons offrir aux paysans une plus-value financière", affirment les conseillers. Mais comment arriver à convaincre les paysans pour qu’il osent quitter les méthodes de culture et d’élevage conventionnelles ? L’association de la "Nouvelle Agriculture" invite d’abord les paysans de trois à quatre communes à assister à une présentation des éléments essentiels du concept ; vienent en moyenne 30 à 40 participants. Ceux qui au cours du débat manifestent le désir de vouloir en apprendre plus, prennent date pour une rencontre ultérieure. Le cercle réduit, 8 à 12 personnes en moyenne, permet des échanges plus intenses. On peut alors aborder les situations spécifiques et voir ensemble ce qui serait réalisable dans le cas de chacun. Et surtout, les paysans peuvent exprimer librement leurs inquiétudes et leurs désirs. Souvent ils ont envie de travailler autrement, mais ils n’osent guère mettre ouvertement en question les méthodes modernes, de peur d’être considérés comme des rétrogrades ou des cinglés. Les craintes des pertes financières difficiles à supporter pendant le processus de transformation jouent aussi un grand rôle. Au cours de ces rencontres, se constitue progressivement un noyau dur de paysans prêts à risquer l’expérience. Ils vont continuer à se rencontrer tous les mois et ils seront mis en contact avec un "conseiller-paysan" qui dispose déjà d’une expérience solide dans l’agriculture durable. Les paysans lui font confiance, car il habite dans la région, et il connaît bien le climat, le sol et les marchés à conquérir. Avec son soutien et celui du conseiller régional, les paysans mettent au point un programme de formation sur un an et demi, en coopération avec le Centre d’Etudes pour l’Ecologie Agraire à Insbruck. Des experts scientifiques accompagneront les paysans tout au long de l’expérience. Mais ce sera à eux-mêmes d’explorer leurs possibilités, en tenant compte des caractéristiques de leur entreprise. La formation ne suit aucune école spécifique de l’agriculture durable, elle reprend essentiellement les idées du célèbre initiateur de la réforme agraire au 19ème siècle, Justus von Liebig qui insistait sur la nécessité d’une agriculture durable peu dépendante d’intrants extérieurs. L’appel à la responsabilité de tout paysan pour l’équilibre naturel est aujourd’hui de nouveau très motivant.

Le groupe de reconversion créera des liens solides avec les groupes analogues dans la région. De nouveaux conseillers en émergeront. Les paysans prennent confiance dans leur avenir. Ils voient que leurs fermes, le plus souvent de taille moyenne ou petite, ne sont pas condamnées, mais qu’elles présentent des atouts certains pour se développer dans le sens d’une "agriculture intégrée."

Le modèle "Neue Landwirtschaft" a le vent en poupe. Bien sûr, il n’est accepté que par une minorité, même si celle-ci s’accroît constamment (environ 500 fermes par an réussissent une reconversion). Le Mühlviertel est en train de développer une stratégie de marketing qui inclut déjà les supermarchés de Linz.

Mots-clés

agriculture, agriculture paysanne, développement économique, développement rural, écologie, environnement, économie rurale, organisation communautaire, organisation paysanne, innovation, savoir paysan, tourisme


, Autriche, Mühlviertel

Commentaire

Ce que j’admire dans cette stratégie de reconversion de l’agriculture vers des modes de culture durable, c’est la coopération très avancée entre les initiatives des particuliers, les réseaux associatifs et une institution scientifique. J’ai envie de rêver que de nombreux autres partenaires s’y associeront : des groupements de consommateurs qui feront de plus en plus pression, des institutions publiques qui soutiendront ce développement par des contrats d’achats réguliers, des partis politiques...

Notes

Auteur du livre : Helmut Waldert. Titre : Gründungen (Fondations). Starke Projekte in schwachen Regionen (Des projets forts dans des régions économiquement faibles)

Source

Livre

WALDERT, Helmut, ÖAR REGIONALBERATUNG GESELLSCHAFT M B H, ÖAR-REGIONALBERATUNG GESELLSCHAFT M.B.H., 1992 (AUTRICHE)

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