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Les programmes de vaccination menacés par une nouvelle maladie : la fatigue des donateurs

Mohamed Larbi BOUGUERRA

05 / 1994

Les programmes de vaccination à l’échelle globale ont permis de sauver la vie à près de trois millions d’enfants par an. Pour les spécialistes réunis à Londres en avril 1994, ces progammes, victimes de leurs succès, vont perdre les fonds que leur attribuent des organismes internationaux. Depuis 1974, la proportion d’enfants recevant les six vaccins essentiels est passée de 20 à 80%. Mais, considérant ceci comme un grand succès, les donneurs veulent tourner la page et passer à autre chose. En conséquence, l’OMS, l’UNICEF et le PNUD risquent de couper les finances alimentant les campagnes de vaccination! Pour Ralph Henderson, directeur général adjoint de l’OMS, "les programmes de vaccination ont bouleversé l’épidémiologie globale". Il craint que les organismes infectieux développent de nouvelles souches résistant aux vaccins courants auxquelles la population serait hautement sensible."Nous sommes assis sur une poudrière" affirme Henderson faisant allusion au niveau actuel d’immunisation à la diphtérie des adultes africains. La campagne d’éradication de la polio dans l’hémisphère occidental lancée par l’Organisation pan-américaine de la santé en mai 1985 a été une tentation pour raviver l’intérêt des donateurs par la création de nouveaux buts. Mais, bien que paraissant très prometteuse puisqu’aucun cas de polio n’a été signalé au cours des deux dernières années dans les Amériques, cette campagne se révèle plus coûteuse que prévu et exigerait entre un et deux milliards de dollars par an jusqu’à l’an 2000. En fait, disent les experts, l’éradication de la polio est faisable tant que les infrastructures nécessaires pour délivrer le vaccin sont en place. Or, affirment ces spécialistes, dans les pays pauvres, cette éradication est hors de portée à moins que les infrastructures ne soient beaucoup améliorées avec l’aide des pays riches. Au Cameroun, la couverture nationale au BCG anti-tuberculeux des enfants âgés de moins d’un an, est passée de 95% en 1990 à 52% en 1992. Pour Peter Ndumbe, de l’Université de Yaoundé, il s’agit là "d’une nouvelle maladie infectieuse appelée de fatigue des donateurs"!

Mots-clés

vaccination


, Afrique, Amérique du Sud

Commentaire

Au cours d’une récente réunion, en mars 1994, à la FPH, un grand ami africain, commentant l’actualité et ses horreurs, disait que la situation que vit le continent noir démontrait la faillite de l’Etat-Nation. Celui-ci n’a pas été capable de mettre sur pied une infrastructure de médecine préventive. Les colonisateurs n’avaient pas laissé grand chose de leur côté. On notera cependant que les pouvoirs en place, ont été capables de maintenir armée, police et répression dans de nombreux cas.

Notes

Titre original : "Vaccine programmes facing threat of "donor fatigue"

Source

Articles et dossiers

SPINNEY, Laura, MacMillan Magazines Ltd in. NATURE, 1994/4/28 (ROYAUME UNI), 6474 vol.368

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