
à contributions
Dossiers en cours
2007 / 2008
Gouvernance de l’eau : l’urgence de changer de regard et de pratiques
Atteindre la durabilité par les filières : de la production à la consommation
Une réunion tenue à la Fondation pour le Progrès de l’homme (FPH)en janvier 1994 avait pour objet de faire l’état des lieux des dossiers les plus urgents dans le secteur de la pêche :
- Les technologies. La question des technologies est cruciale et il est urgent d’arriver à imposer des pratiques moins destructrices dans la capture du poisson. Ces techniques doivent respecter les ressources et les acteurs. Le débat critique sur les technologies est trop absent de la pêche. Et les conséquences néfastes tant sociales qu’écologiques de ces pratiques ne sont pas assez prises en compte.
- Droit international et accords entre pays. Il faut faire évoluer ce droit vers un partage plus équitable de la ressource. Les négociations internationales s’avèrent difficiles car il y a disjonction des intérêts des élites dirigeantes et de la population locale. En ce qui concerne les accords entre le Sénégal et la CEE, les campagnes de pression d’Agir ici ou de Pierre Gillet au niveau du parlement européen (où le groupe socialiste espagnol ne voulait pas "lâcher" les industriels espagnols de la pêche)n’ont pas empêché que les quotas de la pêche européenne au large du Sénégal augmentent de 60 %. En échange, la CEE a financé les élections sénégalaises. C’est pour tenter de remédier à ces formes d’accord, qu’il s’est créé une "Ccoalition pour les accords de pêche équitables" (CFFA), ainsi qu’un pôle de recherche et de vigilance installé à Bruxelles.
Il faut également régler, au niveau international, les méthodes de gestion des ressources halieutiques et le contrôle du libre-accès à la mer par des droits de propriété. Le rôle de l’Etat pour faire respecter les réglementations reste essentiel. En Somalie, où l’Etat est quasi inexistant, on assiste à des déversements de déchets dangereux.
- Environnement et gestion de l’espace maritime.
La gestion de l’espace maritime suppose des alliances avec d’autres forces. Pour faire avancer ce dossier, il faut engager des négociations avec les marines militaires, les couches moyennes urbaines (il faudrait envisager une conférence européenne urbains/pêcheurs), les militants de la protection de la nature, les internationales écologiques telles Greenpeace ou UICN (Union internationale pour la conservation de la nature)...
- Les impacts de la modernisation et de la mondialisation.
Plusieurs phénomènes économiques viennent perturber la filière traditionnelle du poisson. Les modifications dans les modes de transport permettent d’acheminer du poisson frais par avion. Et c’est au détriment des transports maritimes habituels et des ports. L’arrivée sur le marché occidental du poisson en provenace des pays de l’Est a aussi fortement contribué à la chute des cours à la production. Sur le plan humain, le développement de la pêche industrielle a détruit de nombreux emplois et, au-delà, une culture. Les conditions de vie sur certains chalutiers sont proches de l’esclavage. Enfin, les modes de rémunérations ne sont pas satisfaisants.
Il y a urgence à traiter tous ces dossiers. Mais pour faire avancer des solutions positives, il faut que les travailleurs de la mer s’organisent et apprennent à défendre leurs intérêts.
C’est dans ce but que l’ICSF (Collectif d’appui aux artisans pêcheurs)organise une rencontre aux Philippines en juin 1994. Cette rencontre doit réunir une centaine de personnes, tous représentant d’une organisation d’artisans pêcheurs. Il y a dix ans, lorsque l’ICSF s’est créé, il n’était constitué que de personnes. Il faudrait dans l’avenir avoir des organisations qui représentent des continents entiers. Six ateliers sont prévus pour cette rencontre : femmes et pêche, technologie et énergie, gestion du littoral, organisation, pêche industrielle, négociations internationales. Ils reflètent les thèmes majeurs du dossier pêche.
La pêche est un dossier exemplaire car il fait intervenir de nombreux éléments totalement nouveaux qui ne peuvent être réglés que dans un contexte planétaire. Ce dossier pourrait être "moteur" dans de nouvelles formes de gestion internationale.
Ces informations proviennent de "fiches de suivi" rédigées par Pierre Calame lors de la réunion réunion tenue à la FPH le 28 janvier 1994 et à laquelle assistaient Pierre Gillet (ICSF), Luiz Moralez (Fondateur du CEDIPAC en collaboration avec la CONAPACH), Jean-Pierre Réveret (Vice-directeur de l’Académie internationale de l’environnement à Genève).
Ces informations proviennent de "fiches de suivi" rédigées par Pierre Calame, lors d’une réunion à la FPH, le 28 janvier 1994 à laquelle assistaient Pierre Gillet, Luiz Moralez, Jean-Pierre Réveret.
Littérature grise
1994/01
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